Portrait : être bénévole à la Maison d’accueil de l’Hôpital des Enfants

C’est à la Maison d’accueil de l’HUDERF que l’équipe d’Hospichild s’est rendue pour ce deuxième portrait de l’année. À la rencontre d’une des vingt bénévoles – en majorité des femmes – prénommée Michèle. L’occasion de (re)découvrir les lieux et surtout de comprendre en quoi sa présence est si importante pour les familles.

Michèle Gyselings, bénévole, assise dans le salon de la Maison d’accueil de l’Huderf

 

Après avoir réalisé le Portrait du métier de directrice d’une école à l’hôpital, c’est tout naturellement que cette nouvelle rencontre a eu lieu. En effet, la Maison d’accueil de l’Huderf se trouve dans le même bâtiment, à l’étage de l’école Robert Dubois. D’ailleurs, il arrive bien souvent que des enfants hospitalisés qui séjournent avec leur famille y soient scolarisés. C’est par le biais de Dominique Vanden Broeck, devenue tout récemment responsable de la Maison d’accueil, que ce portrait a pu être réalisé.

Au départ, je ne savais pas du tout en quoi être bénévole à la Maison d’accueil allait consister. Mais très vite, cela m’a plu. Je m’y suis rapidement attachée et j’adore être présente pour les familles », nous confie Michèle d’entrée de jeu.

« Pouvez-vous vous présenter ? »

Michèle a toujours été en contact avec les familles. En effet, sa belle et longue carrière d’institutrice l’a amenée à terminer secrétaire de son école. Peu de temps après avoir pris sa retraite, c’est grâce à l’une de ses voisine et amie que l’idée a germé. Éternelle boute-en-train, Michèle a rapidement ressenti cette envie d’aider les autres. Elle déclare, un peu émue : « Je me suis présentée à la Maison d’accueil. Je n’ai jamais quitté cette bonne habitude et cela fait maintenant 12 ans que je suis bénévole ici. Quand on est retraité, on a beaucoup plus de liberté. Mais on a aussi beaucoup moins de contacts sociaux. Venir ici me permet d’une part de côtoyer du monde. D’autre part, cela me donne le sentiment d’être utile. »

Il n’y en a pas beaucoup qui sont là comme moi depuis 12 ans. Ce n’est pas évident de trouver des bénévoles. On a parfois des gens qui travaillent encore et qui voudraient faire du bénévolat. Mais à cause des horaires, c’est compliqué. Mais ces gens qui sont encore actifs font parfois des permanences le soir », précise encore la bénévole.

Madame Vanden Broeck, responsable de la Maison d’accueil et Michèle, bénévole depuis 12ans.

Le quotidien d’un.e bénévole

Le travail d’un.e bénévole est double. Il y a d’abord le côté humain. Cela consiste à accueillir, être à l’écoute des familles dès leur arrivée. Leur expliquer le fonctionnement et leur présenter les espaces personnels et communs. Bien souvent, les familles ont ce besoin de se raconter. « En tant que bénévole, on a cette position qui semble rassurante. Les familles qui arrivent ici ont des problèmes plus ou moins graves avec leurs enfants. Ils nous donnent leur confiance et se livrent à nous et nous racontent leurs problèmes et leurs situations difficiles. »

De son côté, Dominique Vanden Broeck, responsable de la Maison d’accueil, précise : « Chaque résident.e a sa propre histoire, et nous faisons un bout de chemin avec lui.elle. Ici, les résident.e.s peuvent se dévoiler, relâcher la pression d’une journée souvent lourde, parfois passée à l’hôpital. Pour certains, cela crée des liens forts, et profondément humains. Les bénévoles sont de véritables piliers : ils écoutent, échangent, partagent des sourires et des moments de joie, tout en accueillant aussi la peine… parfois en silence. »

L’autre part du travail d’un.e bénévole, c’est le côté pratique. La partie dite administrative. Elle se concentre sur les inscriptions, la gestion des dossiers, les factures, l’envoi du linge provenant des chambres, à une société externe ou encore les commandes de nourritures pour les petits déjeuners, etc. Cela fait partie d’un de nos services, bien commencer la journée avec un bon petit déjeuner, cela soulage les familles et permet de se rassembler autour de la table pour échanger. Il est vrai que les différentes familles vivent souvent les mêmes difficultés.

Je pense que les parents apprécient le côté pratique et confortable de la Maison d’accueil. En effet, nous nous trouvons aux abords de l’Hôpital Universitaire Reine Fabiola. Et d’un autre côté, on est tout de même hors de l’hôpital. Chaque famille dispose d’un clé et donc d’une réelle autonomie. Et en cas de besoin, nous sommes là pour les aider. »Michèle

Une équipe aux petits soins

Ce projet collectif fonctionne grâce à une équipe de vingt bénévoles ; à majorité des femmes mais il y aussi des hommes. Ils.elles se relayent, à raison de trois fois par jour : le matin de 10h à midi, l’après-midi de 2h à 4h et le soir de 6h à 8h. Les bénévoles sont donc présents au quotidien pour répondre aux besoins des familles. Quand certain.e.s sont en charge de l’entretien des espaces, les autres se chargent de l’accueil et du relationnel. Des liens se créent de manière naturelle durant les séjours. Avec l’accord de la responsable bénévole de la Maison d’accueil, les familles peuvent aussi bien y rester une nuit ou, au besoin, plusieurs semaines voire plusieurs mois.

Aujourd’hui, les bénévoles se font de plus en plus rares, ce qui représente un véritable défi pour la maison d’accueil. Leur absence se fait rapidement ressentir, car sans leur soutien précieux, le fonctionnement quotidien devient plus compliqué. Leur présence apporte une présence humaine essentielle, faite d’écoute et de bienveillance, sans eux, il devient difficile de maintenir la qualité d’accueil et l’accompagnement que chacun mérite. » – Dominique Vanden Broeck, responsable de la Maison d’accueil.

Salon de la maison d’accueil de l’HUDERF

Un confort bien nécessaire

La Maison d’accueil se compose d’un hall d’entrée, des espaces communs avec une cuisine ouverte – avec deux taques de cuisson nécessaire pour accueillir plusieurs familles – ainsi qu’une salle à manger avec des tables et des chaises hautes, un salon, une buanderie (lave-linge, sèche-linge, fer à repasser). Les espaces privés, ce sont les dix chambres composées de deux lits simples et disposant chacune d’une salle de bain (douche, lavabo, w.c.). Une des chambres est spécialement aménagée pour accueillir les personnes à mobilité réduite. Une connexion wi-fi est proposée gratuitement et un jardin extérieur est mis à disposition des familles. La Maison d’accueil offre aux résident.e.s tout le confort nécessaire. Dominique Vanden Broeck en témoigne :« Dans la salle commune, différentes cultures se mêlent et se côtoient. Cela permet de déconnecter après une journée passée à l’hôpital. On se fait comprendre comme on sait, et cela fonctionne. On partage des repas ensemble, des rires et des conseils, le temps d’un instant, pour faire oublier, la raison pour laquelle chacun est ici. Pour certains, ce séjour ne dure qu’une nuit ; pour d’autres, ce sont des mois, parfois plus d’un an. Chaque moment partagé compte et contribue à créer des liens précieux entre résidents et bénévoles. Une petite salle de jeux est disponible pour les enfants pouvant sortir ou juste avant leur l’hospitalisation. »

Michèle confirme : « Les familles parviennent aussi à créer des liens non seulement avec nous, les bénévoles, mais aussi entre eux.elles. Parce que finalement, ils.elles vivent tous.tes des choses plus ou moins similaires et sont ainsi centré.e.s sur la santé de leurs enfants. »  Et Dominique renchérit : « Malheureusement, nous ne disposons que de 10 chambres, et il est parfois difficile de devoir refuser une personne par manque de place. Pour nous, il n’y a pas de famille plus urgente ou prioritaire qu’une autre : chaque résident.e est important.e et mérite le même accueil. »

Maison d’accueil de l’HUDERF

Évolution et perspective

Michèle confie finalement qu’elle est toujours passionnée par ce qu’elle fait et qu’elle est encore prête à s’y consacrer tant que sa santé le permet. Car elle ne voit pas cela comme un travail, mais une façon de rester active et se sent utile. Cela lui permet d’avoir beaucoup de temps libre pour, notamment, s’occuper de ses petits-enfants. Elle se rappelle aussi de ses débuts et est contente de constater que les choses aient bien évolué depuis lors.

  • Les chambres de la Maison d’accueil n’étaient réservées qu’aux parents et les enfants restaient à l’hôpital.
  • Le partenariat avec l’Algérie. De ce fait, beaucoup de familles algériennes sont accueillies.
  • Les contraintes financières imposées par certains organismes de santé qui ajoutent, d’une certaine manière, une charge administrative et de gestion de la structure.
  • L’informatisation globale : les inscriptions, les fiches et les factures.

Des familles qui m’ont touchée, il y en a eu pas mal. C’est aussi pour nous une vraie leçon de vie. Ces familles vivent des choses difficiles, parfois très difficiles. Il y a des enfants qui décèdent, c’est une réalité. Heureusement pas très souvent, mais ça arrive. Et bon, ça permet de relativiser sur notre propre vie », conclut Michèle juste avant de nous quitter.

 

→ Pour contacter La Maison d’accueil :

Par e-mail : maccueilhuderf@gmail.com ou par téléphone :+32 (0)2 477 29 25 (uniquement durant les heures de permanences).
Adresse : J.J Crocq 19, 1020 Bruxelles
Site web : Maison d’accueil | Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola

Texte et photos :  Samuel Walheer

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