Feu vert pour le nouveau groupement des « Hôpitaux Universitaires de Bruxelles »

C’est officiel : en janvier prochain, le groupement des « Hôpitaux Universitaires de Bruxelles » va voir le jour. Il s’agit d’une fusion entre le HUB, les Hôpitaux Iris-Sud et le CHU Saint-Pierre. Ensemble, ils représentent 12 sites hospitaliers, plus de 2 500 lits et quelque 11 500 collaborateurs.

L’objectif de cette fusion serait de mieux coordonner les soins, de mutualiser les compétences et les équipements et de renforcer l’accessibilité des soins. Pour les patient.e.s, les hôpitaux de proximité resteront accessibles, mais certaines prises en charge pourraient progressivement être réorganisées entre les différents sites du réseau. L’entrée en vigueur juridique du nouveau groupement est prévue pour le 1er janvier 2027, sous réserve de l’aboutissement des dernières étapes institutionnelles.

Face aux mutations profondes du système de santé, le rapprochement de nos institutions est un choix de responsabilité. Il porte une ambition simple et essentielle : défendre à Bruxelles une médecine publique de haute qualité accessible à toutes et tous et capable de ne laisser personne au bord du chemin », déclarait Yannick Manigart, président du Conseil médical du CHU Saint-Pierre, au sein d’un communiqué.

Pourquoi réunir les hôpitaux publics bruxellois ?

Ce rapprochement s’inscrit dans le contexte de la réforme hospitalière fédérale portée par le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, qui prévoit notamment une rationalisation de l’offre de soins et des seuils minimaux d’activité pour certaines prises en charge. Certains sites du futur réseau pourraient ne pas répondre à tous les critères envisagés, ce qui renforce la nécessité de réfléchir à une nouvelle répartition des activités. Le regroupement doit permettre d’aborder cette question à l’échelle de l’ensemble hospitalier plutôt que dans une logique de concurrence entre établissements.

Dans le passé, plusieurs rapprochements successifs ont déjà eu lieu : le réseau Iris a été créé en 1996, puis Erasme, Bordet et l’HUDERF se sont rapprochés au sein de l’actuel HUB en 2021. En 2024, le CHU Saint-Pierre et les Hôpitaux Iris Sud ont annoncé leur volonté de collaborer davantage. L’intégration de ces institutions dans un même groupement constitue une nouvelle étape de cette évolution. Le CHU Brugmann, qui ne fait pas partie du regroupement annoncé, pourrait rejoindre les discussions en vue d’une éventuelle intégration à partir de 2030.

Un parcours de soins qui pourra s’étendre à plusieurs hôpitaux

Pour les patient.e.s, le principe annoncé est de pouvoir continuer à consulter et à se faire soigner dans leur hôpital habituel, à proximité de leur domicile. Le regroupement ne prévoit pas la fermeture de sites hospitaliers. En revanche, les patients pourront être orientés vers un autre établissement du réseau lorsque leur état de santé nécessitera une spécialité, une intervention ou un équipement qui n’est pas disponible sur leur site de départ.

Les patient.e.s continueront d’arriver dans le giron de notre réseau hospitalier via leurs hôpitaux habituels et près de chez eux », explique, à La Dernière Heure, Jean Spinette, bourgmestre de Saint-Gilles et président du conseil d’administration d’Iris Sud.

Les médecins pourront également travailler sur plusieurs sites afin de faciliter le partage des compétences. L’ambition est ainsi de permettre aux patients de bénéficier des expertises de l’ensemble du réseau, sans devoir nécessairement commencer leur parcours dans l’établissement qui dispose de la spécialité recherchée. Cette organisation pourrait toutefois entraîner une évolution de la répartition des activités médicales entre les hôpitaux. Les modalités précises de cette réorganisation restent à définir.

Des prises en charge potentiellement différentes selon les sites

Tous les établissements ne devraient pas nécessairement conserver les mêmes activités à terme. Certaines interventions lourdes pourraient être concentrées dans les sites disposant des équipes et des infrastructures adaptées, tandis que d’autres continueraient à assurer des consultations et des interventions moins complexes. Pour les enfants et leurs familles, l’enjeu sera notamment de savoir comment seront organisées les prises en charge pédiatriques et les éventuelles orientations entre établissements. La création du réseau ne signifie pas, à elle seule, que les consultations ou les traitements destinés aux enfants seront déplacés. La répartition future des activités devra encore être précisée.

Réduire les délais et renforcer les moyens

Le regroupement vise également à améliorer les délais d’accès aux soins. Pour y parvenir, les promoteurs du projet souhaitent renforcer les équipes médicales, partager les équipements et faciliter le recrutement de jeunes médecins.

Pour améliorer ces délais, il faut des médecins et du matériel. C’est l’objectif de ce regroupement », résume encore Jean Spinette à la DH.

À plus grande échelle, le réseau entend mutualiser les investissements dans la recherche, les bâtiments, les équipements médicaux et les outils numériques. Il espère également réaliser des économies d’échelle et renforcer sa capacité financière, dans un secteur hospitalier confronté à d’importantes difficultés budgétaires. Le groupement devra notamment retrouver un équilibre financier avant 2030.

Sofia Douieb

 

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