Journée mondiale de lutte contre les méningites, des cas signalés au Royaume-Uni

De nombreux cas de méningite – causée par la bactérie du méningocoque de groupe B et qui touche principalement les nourrissons et jeunes enfants – ont été récemment été signalés chez des adolescents dans le comté de Kent, au Royaume-Uni. Des mesures ont rapidement été prises en administrant des antibiotiques aux personnes touchées, malades et à leurs contacts proches ainsi qu’un programme de vaccination.

Cette alerte rappelle qu’en cette journée mondiale de lutte contre les méningites, il est urgent de poursuivre les efforts. À savoir : sensibiliser le grand public, faire de la prévention en particulier auprès des familles pour éviter ce genre de situations liées à cette maladie toujours redoutable. 

Chaque année en Belgique, plusieurs dizaines de jeunes enfants sont touchés par la méningite. Cette maladie inflammatoire des méninges – les membranes entourant le cerveau et la moelle épinière – peut être d’origine virale ou bactérienne. La méningite bactérienne, plus rare mais plus sévère, peut entraîner des complications irréversibles. Comme par exemple la surdité, des troubles neurologiques ou, dans les cas les plus graves, un décès en seulement 24 heures. La prévention par la vaccination et une vigilance accrue face aux premiers symptômes sont essentielles pour éviter des drames. Les tout-petits sont parmi les plus vulnérables. En effet, leur système immunitaire est encore immature. Cela les expose davantage aux infections graves. Les nourrissons, eux, peuvent présenter des symptômes atypiques, comme une irritabilité extrême, une perte d’appétit ou une fontanelle bombée, rendant le diagnostic parfois difficile.

L’OMS aide les pays à éradiquer la méningite en tant que menace pour la santé publique. En particulier en Afrique subsaharienne où la charge de morbidité liée à ces bactéries est la plus élevée. Cependant, l’Organisation suit de près la situation au Royaume-Uni. Elle est en contact avec les autorités sanitaires et se tient prête à apporter son soutien si nécessaire. Des recommandations à l’échelle mondiale sont attendues au cours de l’année à venir. » – Lu sur le site de l’Organisation Mondiale de la Santé

 « Vaincre la méningite d’ici 2030 »

Dans sa feuille de route mondiale intitulée Vaincre la méningite à l’horizon 2030, l’OMS rappelle que tous les États Membres des Nations Unies se sont engagés à assurer la couverture sanitaire universelle à l’horizon 2030. De plus, les objectifs du projet cités dans le document sont tous conformes à l’objectif de couverture sanitaire universelle dont l’équité en est le principe directeur. Les objectifs sont les suivants :

  • Éliminer les épidémies de méningite bactérienne
  • Réduire le nombre de cas imputables à la méningite bactérienne à prévention vaccinale de 50 % et le nombre de décès de 70 %
  • Réduire le handicap et améliorer la qualité de vie à la suite d’une méningite, toutes causes confondues

→ Vers la feuille de route « Vaincre la méningite à l’horizon 2030 »

Tous vaccinés, tous protégés

Vivalis – dont fait partie Hospichild et Born in Brussels – rappelle également que la vaccination contre les méningocoques A, C, W135 et Y est recommandée en Belgique par le Conseil Supérieur de la Santé. Et ce en particulier pour les bébés de 15 mois et les adolescents de 15 à 16 ans.

La vaccination contre le méningocoque B est quant à elle recommandée chez les personnes à risque d’infections invasives à méningocoques quel que soit leur âge, à savoir :

  • Les personnes présentant une asplénie anatomique ou fonctionnelle, y compris la drépanocytose
  • Les personnes présentant un déficit du complément congénital ou acquis
  • Les personnes avec un déficit de l’immunité humorale

Le vaccin ACWY de 15 mois est disponible gratuitement dans les consultations du nourrisson et chez les médecins participants. Il offre une protection de longue durée.

Le vaccin contre le méningocoque B n’est pas inclus dans le programme car il ne couvre qu’une partie des souches de méningocoque circulant et sa protection ne dure que quelques années. Le Conseil Supérieur de la Santé surveille la situation et modifiera sa recommandation si le risque évolue.

« En région bruxelloise, la vaccination contre le méningocoque B sera organisée si une épidémie sensible au vaccin apparaissait. Dès à présent, il est important de vacciner vos enfants contre les souches ACW et Y de méningocoque. Cela réduit déjà les risques de développer un maladie grave. » Dr David Hercot coordinateur médical pour la prévention de Vivalis.

→ Vers le site de Vivalis

→ Vers la page des vaccinations pour les enfants de 0 à 2,5 ans

«Le dépistage et le traitement précoces peuvent sauver des vies»

Si des vaccins permettant de prévenir l’infection par plusieurs groupes de bactéries du méningocoque sont disponibles depuis de nombreuses années, aucun vaccin ne protège actuellement contre tous ces groupes. L’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) rappelle donc aux adolescent.e.s et aux adultes à qui le vaccin contre le méningocoque B est proposé pourquoi celui-ci est si important, même s’ils ont déjà été vaccinés contre le méningocoque par le passé.

Au Royaume-Uni, les adolescents se voient systématiquement proposer un vaccin contre le méningocoque des groupes A, C, W et Y, mais ce vaccin ne les protège pas contre le méningocoque B. Ainsi, même si on a été vacciné dans le cadre scolaire, on a tout de même besoin de 2 doses du vaccin contre le méningocoque B pour bénéficier d’une protection essentielle pendant cette flambée. Il existe de nombreuses souches de méningocoques, et les vaccins disponibles ne couvrent pas toutes ces souches. Il est donc extrêmement important de connaître les signes et les symptômes des cas de maladie invasive à méningocoques. Le dépistage et le traitement précoces peuvent sauver des vies », Vanessa Saliba, Docteure épidémiologiste consultante à l’UKHSA, pour l’OMS.

Samuel Walheer
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