Allongement du congé de paternité en cas d’hospitalisation du bébé : Vooruit réitère sa proposition de loi

La députée fédérale Anja Vanrobaeys a récemment déposé une proposition de loi pour allonger le congé de paternité en cas d’hospitalisation du bébé, souvent pour cause de prématurité. Depuis 2023, plusieurs propositions de ce genre ont été portées au Parlement, sans pour autant aboutir. Sous cette nouvelle législature, le parti social-démocrate néerlandophone Vooruit réitère ainsi sa demande. L’objectif reste le même trois ans plus tard : réduire les risques pour l’enfant prématuré d’une séparation précoce avec ses parents.

Pour rappel, depuis 2023, le congé de paternité en Belgique est fixé à 20 jours. Les alternatives pour le prolonger en cas d’hospitalisation du nouveau-né sont le congé parental ou le congé sans solde ; ce qui imposerait une situation précaire au papa. Les mères bénéficient déjà de cette possibilité de prolonger leur congé de maternité dans une telle circonstance. Il ne débute alors officiellement qu’après la sortie de l’hôpital. Ce que souhaite Vooruit est que les pères bénéficient du même « avantage » en restant auprès de leur bébé à l’hôpital, jusqu’à seize semaines, en plus des 20 jours légaux.

« La loi n’offre pas cette possibilité aux pères »

Au micro de Belga, Anja Vanrobaeys déplore que “la loi n’offre pas cette possibilité aux pères et aux co-parents. Après quatre semaines, leur congé expire inexorablement. Et ce, malgré le fait que cette période soit éprouvante et lourde émotionnellement pour les deux parents, impliquant des visites quotidiennes à l’hôpital.

Elle veut ainsi réduire cette inégalité et redonner une plein place au papa dans un moment où sa présence est indispensable à l’équilibre de la famille.

Retour sur la proposition précédente

Dans les développements avancés au sein de la précédente proposition de résolution, en 2023 – visant à allonger le congé de naissance pour les pères et coparents en cas d’hospitalisation du nouveau-né -, Sophie Thémont et quelques autres cosignataires du PS et de Vooruit écrivaient notamment ceci : « Alors qu’une évolution intéressante a pu être constatée dans notre pays depuis 2002 sur le fondement d’une législation clairement orientée dans le sens d’un investissement en faveur d’une meilleure qualité de vie ainsi que d’une plus grande égalité entre les parents, entre les hommes et les femmes, nous estimons aujourd’hui qu’un pas supplémentaire devrait être franchi en matière de congé lorsque le nouveau-né est hospitalisé. Comme le recommande d’ailleurs le KCE dans son rapport :

Nous souhaitons aujourd’hui prolonger le congé de naissance pour les pères et les coparents dont l’enfant nouveau-né est hospitalisé à la naissance, comme cela est déjà prévu concernant le congé de maternité en cas d’hospitalisation prolongée du nouveau-né. »

La séparation précoce et ses dégâts

Il n’est plus à démontrer que séparer un bébé tout juste né, et prématuré qui plus est, de ses parents peut engendrer de lourds dégâts sur le développement de l’enfant. L’association des Câlineurs de bébés l’ont par exemple très bien compris et tentent de combler les lacunes du système. Leur idée est d’agir en complément, dans un esprit de soutien à la relation parent-enfant, en veillant à ce que les tout-petits ne soient pas privés de contact humain dans des moments de grande vulnérabilité. La présence apaisante du câlineur favorise ainsi le bien-être des bébés et rappelle l’importance de considérer l’aspect émotionnel des soins, au-delà des gestes médicaux. Il ne s’agit pas de remplacer le père ou le.la co-parent.e, mais bien de permettre un relais important et nécessaire auprès du bébé. En attendant, du moins, que le gouvernement réagisse…

Concernant la prématurité

À travers le monde, quelque 152 millions de bébés sont nés avant terme au cours de la dernière décennie, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) publié le mercredi 10 mai 2023. Sur dix bébés nés, un est prématuré – et toutes les 40 secondes, un de ces bébés meurt. En Belgique plus particulièrement, 7 à 8% des bébés naissent trop tôt. Dans 80% des cas, on le sait en avance et les parents peuvent s’y préparer. Il y a trois degrés de prématurités : extrême (avant 28 semaines), grande (entre 28 et 32 semaines) et modérée (entre 32 et 36 semaines). Si les grands prématurés ne sont pas plus nombreux qu’avant, les prématurés modérés ont réellement augmenté du fait que les femmes font des enfants de plus en plus tard. Il est donc d’autant plus important aujourd’hui que le père puisse lui aussi rester auprès de la mère et de l’enfant si sa période d’hospitalisation se prolonge.

 

Sofia Douieb

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