Prévenir le suicide des adolescent.e.s, un enjeu majeur de santé mentale 

Le 10 septembre, c’est la journée mondiale de la prévention du suicide. Les chiffres chez les jeunes — que ce soit en Communauté française, mais aussi en France et dans de nombreux pays — sont alarmants. Pour les parents, les proches et les professionnel.le.s du domaine de la santé et de l’enseignement mais aussi de la sphère politique, il s’agit d’un enjeu majeur. 

Le Centre de Prévention du Suicide, l’organisation de référence en Belgique francophone en matière de prévention du suicide, collabore depuis peu avec Infrabel, le gestionnaire ferroviaire belge. D’une part, pour mieux orienter les personnes en souffrance et pour mettre en avant les ressources spécialisées du Centre, dont sa ligne d’écoute 24h/24 et 7j/7, gratuite et anonyme : 0800 32 123.

Des chiffres préoccupants  

Si l’on en croit les chiffres les plus récents (2019) concernant le suicide des jeunes en Belgique, le constat est alarmant. En Communauté française, le suicide des jeunes hommes entre 15 et 24 ans est même la deuxième cause de mortalité derrière les accidents de la route, soit 20% des décès. L’idéation suicidaire, concernerait, quant à elle, 20 % à 30% des jeunes,

En Communauté française toujours, pour les jeunes filles du même âge, le suicide représente la troisième cause de mortalité, soit 12%.

Selon le Centre de Prévention du Suicide, les jeunes filles âgées de 14 à 16 ans sont cinq fois plus nombreuses que les garçons du même âge à être hospitalisées en raison d’une tentative de suicide. Cependant, chez les garçons, ces tentatives aboutissent beaucoup plus souvent que chez les filles.

Identifier une détresse profonde et ses différents signaux : comportements à risque, automutilation, somatisation, absentéisme et chute des résultats scolaires, anxiété profonde, isolement, rumination,… est donc primordial pour les parents comme pour les membres de l’environnement scolaire et social des jeunes à risques.

Le jeune « à risque », un profil difficile à définir 

Comme le soulignait Partenamut dans un article paru en 2022, « Suicide des jeunes: comment éviter le pire ?« , le profil des jeunes « à risque » est difficile à établir, ce qui rend la prévention du suicide très complexe. Certaines maladies mentales comme la dépression constituent des facteurs de risque, mais le suicide peut concerner n’importe qui. Même un jeune en apparence très heureux peut cacher un profond mal-être.

Le harcèlement scolaire, à l’école, sur les réseaux sociaux, a poussé plusieurs jeunes adolescent.e.s à mettre fin à leurs jour au cours de ces dernières années. La lutte contre le cyberharcèlement fait d’ailleurs actuellement l’objet de réformes législatives majeures, de plans d’actions supranationaux et de mesures de signalement renforcées. À ce sujet, le Conseil supérieur de l’éducation aux médias propose un outil de prévention : « Comment prévenir le cyberharcèlement par l’éducation aux médias ? « , disponible en téléchargement ou en commande.

Une situation d’abus sexuel vécue par un jeune ou encore une rupture précoce du lien mère-enfant sont aussi relevées comme des causes majeures de comportements à risques chez les jeunes.

Est-ce que les adolescent.e.s en souffrance sont suffisamment pris.e.s en charge, orienté.e.s vers des professionnel.le.s de la santé mentale ? Est-ce que les services sont accessibles rapidement et répondent-ils à la demande croissante de détresse chez les jeunes ? Est-ce que le monde scolaire est suffisamment outillé, informé et doté de moyens d’alerter rapidement un.e professionnel.le de santé mentale en cas de suspicion ? »  

Comment prévenir le suicide ?

Des constats nous amènent à savoir si la prévention aurait pu éviter certains suicides. C’est justement dans l’optique d’informer et sensibiliser les proches comme les professionnel.le.s que les Cliniques Universitaires Saint-Luc et le Centre de Prévention du Suicide organisent un événement ce 10 septembre : « Prévention du suicide : parlons-en pour mieux agir » : stand d’information, d’échange et de sensibilisation, conférence pour les professionnel.le.s de la santé. 

Quelques ressources externes utiles :

La détresse des parents face à la souffrance de leurs adolescent.e.s 

L’équipe d’Hospichild reçoit quotidiennement des questions de parents et de professionnel.le.s. Parmi les sujets, la santé mentale des jeunes et il est vrai que certaines questions ressemblent davantage à des appels à l’aide en urgence. Les services sont saturés nous disent les parents, nous avons peine à trouver un.e pédopsychiatre disponible rapidement, aucune place n’est disponible pour prendre en charge ma fille, anorexique, mon enfant ne veut plus aller à l’école, quelles sont les alternatives ? …

Dans cette optique, nous voulons renforcer l’information en santé mentale et nous préparons un nouveau volet « santé mentale de l’enfant et de l’adolescent », qui sera disponible prochainement.

Emmanuelle Vanbesien 

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