Phobie scolaire en temps de Covid-19 : focus sur la nouvelle association L’Anatole

L’Anatole, nouvelle association de soutien aux parents d’enfants confrontés à la phobie scolaire, a commencé ses activités à la fin du mois de septembre. Et la période est plutôt compliquée pour démarrer. Surtout que l’épidémie du coronavirus a considérablement perturbé la vie scolaire et les angoisses qui y sont irrémédiablement liées. Focus sur cette problématique encore trop méconnue avec Saskia Claes, psychologue clinicienne et co-fondatrice de L’Anatole.

« Le nom ‘L’Anatole’ fait référence à une figure de jazz désordonnée dont les notes mises en commun créent malgré tout quelque chose d’harmonieux. Quand la phobie scolaire entre dans la vie d’une famille, elle s’en trouve désordonnée et déréglée et on espère, avec notre association, ré-harmoniser les choses », a expliqué Saskia Claes à Hospichild. Ce terme, elle en a eu l’idée avec Fabienne Ellenbecker, co-fondatrice de l’association et assistante sociale. Toutes les deux ont été, ou sont toujours, confrontées à la phobie scolaire d’un de leur enfant. Ne trouvant pas de solutions à Bruxelles, elles ont pris l’initiative de créer leur propre structure afin d’aider les parents confrontés à cette problématique qui touche entre 1 et 5% des jeunes en âge scolaire.

Des groupes de parole pour accompagner les parents

« La phobie scolaire n’est pas un sujet souvent abordé, parce que ce n’est pas facile d’identifier, de prime abord, le problème. Il existe peu voire pas de ressources spécifiques autour de cette problématique et les parents qui y sont confrontés se sentent souvent isolés et sans solution. » C’est pourquoi Fabienne et Saskia ont eu l’idée de créer, il y a un an de cela, la toute première association bruxelloise d’aide autour de la phobie scolaire. Et pour elles, le meilleur moyen d’accompagner les parents ou les proches dans un premier temps, était d’organiser des groupes de parole. Ces derniers permettent d’offrir un cadre de reconnaissance de la problématique, d’échanger des ressources, d’apporter du soutien… afin que les personnes touchées ne soient pas seules face à ce « tsunami ». Initialement prévues en mars, ces réunions ont été postposées à la fin du mois de septembre et sont actuellement accessibles sans réservation tous les 2e et 4e lundis du mois de 19h30 à 21h30 au Club Norwest à Jette. 

Symptômes, déclencheurs et solutions

La phobie scolaire consiste en une incapacité d’aller à l’école, qui se manifeste par une grande détresse émotionnelle associée à des symptômes physiques souvent inexpliqués. Elle peut parfois être associée, chez le jeune, à un état dépressif, des angoisses, des idées suicidaires… Ce qui peut parfois l’amener à être hospitalisé en pédopsychiatrie. Ou alors, dans les cas moins sévères, l’enfant ou l’adolescent reste isolé à la maison jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée telle qu’un changement d’école par exemple et/ou une thérapie pour comprendre le déclencheur du problème (harcèlement, conflit, climat agressif, troubles de l’apprentissage, profil haut potentiel, phobie sociale, anxiété de performance, hypersensibilité, contexte de changement, deuil, conflits dans la famille…) Pour ce qui est de la continuité de l’enseignement, qui passe souvent par une période plus ou moins longue d’arrêt total, soit il se fait à domicile en collaboration – dans la mesure du possible – avec l’école, soit les parents s’improvisent professeurs, soit encore, l’école de type 5B « Les ados de Robert Dubois » peut être mobilisée.

Étapes de la prise en charge des jeunes en phobie scolaire

Quand la phobie scolaire survient sans crier gare chez un enfant ou un jeune, il ne faut pas, selon Saskia, insister pour qu’il continue à fréquenter l’école. La première chose à faire est de consulter le médecin traitant pour qu’il prescrive un repos de quelques semaines. Ceci afin de faire une pause, de baisser la pression et d’analyser la situation afin de poser un éventuel diagnostic. Une fois que ce dernier est établi, il est important d’en avertir l’école afin de discuter des aménagements possibles pour permettre à l’enfant de continuer son apprentissage. Car, contrairement aux jeunes en décrochage scolaire, ceux en situation de phobie scolaire ont encore envie d’apprendre. De plus, ils ne cachent généralement pas leur mal-être et leur absentéisme scolaire à leurs parents.

L’impact aggravant du confinement

Paradoxalement, dans certains cas, le fait de ne plus devoir aller à l’école au début de la crise sanitaire était plutôt un soulagement. La maison faisait office de refuge et convenait tout à fait à ces jeunes en situation de phobie scolaire. Mais ensuite, quand il a fallu retourner à l’école, l’angoisse fut renforcée et le problème s’est aggravé. Car au plus l’absence est longue, au plus la difficulté à retourner dans le circuit scolaire est prononcée. Dans un article partagé sur le groupe Facebook L’Anatole, on peut notamment lire : « Beaucoup d’enfants qui faisaient seulement des absences perlées n’arrivent plus à y retourner (ndlr : depuis le confinement). Cette absence prolongée les a coupés dans leur élan ».

Sofia Douieb

→ À tous les parents ou proches d’un jeune en situation de phobie scolaire en Région bruxelloise, n’hésitez pas à contacter l’association L’Anatole via leur site internet www.lanatole.be, par e-mail contact@anatole.be ou encore par téléphone au 0468 479 349.

 

À LIRE AUSSI :