Chaque année au mois de mars, une vague de solidarité traverse les écoles belges. Élèves, enseignant.e.s, directions, parents (et même entreprises) enfilent leur pyjama pour un geste symbolique fort : soutenir les enfants qui, en raison d’une maladie ou d’un accident, ne peuvent plus se rendre en classe.

Derrière cette mobilisation nationale se trouvent deux associations complémentaires : ClassContact pour l’enseignement francophone et Bednet pour l’enseignement néerlandophone. Même principe, même message : aucun enfant malade ne doit se sentir isolé.
Un symbole simple, un message puissant
Le concept est identique des deux côtés du pays : le temps d’une journée, chacun vient à l’école en pyjama. Un clin d’œil solidaire à ces élèves qui, eux, suivent les cours depuis leur domicile ou leur chambre d’hôpital.
En portant leur pyjama, les élèves montrent concrètement à leur camarade malade qu’il reste membre à part entière de la classe, explique ClassContact sur la page de l’événement. C’est un geste simple, mais il a un impact énorme sur le sentiment d’appartenance. »
Du côté néerlandophone, Bednet porte le même message : « Op Bednet Pyjamadag trekken we een hele dag onze slaapkledij aan om zieke leerlingen te tonen dat ze niet alleen zijn. » (Lors du Pyjamadag, nous portons toute la journée nos pyjamas pour montrer aux élèves malades qu’ils ne sont pas seuls.) Au-delà du symbole, la journée permet surtout de faire connaître les dispositifs d’accompagnement scolaire gratuits proposés par les deux associations.
Maintenir le lien scolaire et social
Lorsqu’un enfant est absent plusieurs semaines ou plusieurs mois à cause d’un cancer, d’un handicap, d’un accident, de troubles psychiques, d’une phobie scolaire ou d’autres pathologies lourdes, la rupture ne concerne pas seulement les apprentissages. La maladie bouleverse le quotidien, fragilise la motivation et peut entraîner :
- un sentiment d’exclusion ;
- une perte de rythme ;
- un retard scolaire important ;
- des difficultés de réintégration après la guérison ;
- une charge supplémentaire pour les parents ;
- une inégalité d’accès aux outils numériques.
Pour éviter cette double peine (médicale et scolaire) ClassContact et Bednet installent un système de connexion vidéo entre le domicile (ou l’hôpital) et la classe. L’enfant dispose d’un ordinateur portable, tandis qu’un kit équipé d’une caméra mobile est placé dans la classe. Il peut suivre les cours en direct, interagir avec ses enseignants, voir ses amis, poser des questions et continuer à évoluer au même rythme que les autres. Le service est entièrement gratuit. Les résultats parlent d’eux-mêmes : 90 % des enfants accompagnés par ClassContact réussissent leur année scolaire.
Notre mission est de maintenir le lien scolaire et social pendant toute la période d’absence ; quand ce lien est préservé, le retour en classe se passe beaucoup mieux. », souligne encore ClassContact.
Participer : bien plus qu’un pyjama
Les écoles ont pu s’inscrire gratuitement. Elles ont ensuite proposé à leurs élèves de participer en portant un pyjama toute la journée. En outre, ClassContact organise un concours photo : les classes sont invitées à prendre une photo originale en pyjama et à la partager via la plateforme dédiée ou sur les réseaux sociaux.
→ Règlement du concours photo de ClassContact
De son côté, Bednet propose des alternatives pour celles et ceux qui ne souhaitent pas porter de pyjamas : écrire une carte Pyjamadag à un élève absent, télécharger du matériel gratuit, organiser une action de soutien ou encore, partager la campagne.
La Bednet Pyjamadag ne concerne pas uniquement les écoles : entreprises et organisations participent également ! », rappelle l’association.
Une solidarité particulièrement significative à Bruxelles
À Bruxelles, où coexistent réseaux francophones et néerlandophones, la Journée du Pyjama prend ainsi une dimension particulière. Elle illustre une réalité partagée : quelle que soit la langue d’enseignement, la maladie ne doit jamais exclure un enfant de sa classe. Enfiler un pyjama peut sembler anodin. Pourtant, pour un élève hospitalisé ou en traitement de longue durée, savoir que toute une école pense à lui peut changer le quotidien. À travers ClassContact et Bednet, c’est toute une société qui affirme que l’école continue, même quand la maladie s’invite dans le quotidien.
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