Dans un communiqué, La Ligue des familles alerte sur la suppression massive de bus scolaires vers l’enseignement spécialisé en Flandre. Elle rappelle également qu’en Wallonie et à Bruxelles, 33 000 enfants recourent chaque jour à ce type de transport scolaire. Nombre d’entre eux y subissent des situations indignes : trajets extrêmement longs (parfois 3 heures par jour voire davantage), absence de formation des accompagnateurs voire absence d’accompagnement des enfants pendant ces trajets (y compris pour des enfants lourdement handicapés)… L’association insiste auprès des politiques : « Il y a urgence pour les enfants ! »

{Communiqué de La Ligue des familles}
La Flandre a ainsi décidé de supprimer 200 lignes de bus vers l’enseignement spécialisé. « Selon De Lijn », indique Belga, « chaque élève pourra toujours se rendre à l’école en bus, même si sa ligne venait à être supprimée. Certains trajets seront cependant rallongés et il ne sera plus possible de garantir qu’un aller simple dure au maximum 90 minutes. »
Fin du plafonnement du temps de trajet en Flandre ? En Wallonie, ce plafonnement n’a même jamais existé
En Wallonie et à Bruxelles, de nombreux enfants de l’enseignement spécialisé vivent aussi un calvaire chaque jour en raison de la longueur des trajets. 30 000 enfants wallons et 3 000 enfants bruxellois prennent le transport scolaire. Et si la Flandre ne peut plus garantir un aller simple de maximum 90 minutes, en Wallonie, ce plafond n’a tout simplement jamais existé. En novembre 2025, le ministre wallon de la Mobilité François Desquesnes indiquait que son objectif (pour l’avenir donc) était de réduire « progressivement » les trajets à moins de 3h par jour. Le 3 avril 2026, le ministre de l’Enseignement en Cocof Boris Dilliès fixait le même objectif au parlement de la Cocof.
Il y a moins d’écoles de l’enseignement spécialisé que de l’enseignement ordinaire et elles ne sont pas réparties équitablement sur le territoire », indique Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des familles. « Si vous habitez le Hainaut et que vous avez un enfant présentant une déficience visuelle, il n’y a d’école adaptée qu’en région montoise – pour toute la province. Les enfants de l’enseignement spécialisé doivent donc aller à l’école loin de chez eux et, souvent, il n’y a pas de garderie. Pour les parents, il est fréquemment impossible de conduire leurs enfants si loin, pile aux horaires d’école. Le transport scolaire est une vraie nécessité mais il est actuellement maltraitant pour ces enfants. »
En Wallonie, le manque d’accompagnateurs est également un souci récurrent. Au-delà des problèmes pouvant se poser dans le bus en l’absence d’accompagnement, le ministre indiquait au parlement qu’il arrive qu' »on signale aux parents des enfants qui ont le plus de besoins que malheureusement, faute d’accompagnateur, leur enfant ne sera pas autorisé à monter dans le bus. »
Quel calendrier politique ? Ce n’est pas encore clair, or il y a urgence pour ces enfants
La Ligue des familles constate une certaine opacité concernant les temps de trajets de ces enfants : les pouvoirs publics ne publient pas de données régulières à ce sujet. Ces données sont pourtant importantes pour permettre une réponse politique adéquate.
En Wallonie, le ministre François Desquesnes a annoncé un plan en la matière et « des groupes de travail qui seront mis en place pour avoir les premiers résultats pour septembre 2026 et les autres résultats pour septembre 2027 ». Il a en effet annoncé en avril au parlement wallon avoir mis en place certains groupes de travail mais, en ce qui concerne spécifiquement les temps de trajet, l’ambition et le calendrier n’étaient pas précis à ce stade.
A Bruxelles, le ministre-président Boris Dilliès, également en charge de l’Enseignement à la Cocof, annonçait au Parlement de la Cocof le 3 avril 2026 le déploiement d’une nouvelle application pour les parents d’enfants concernés et l’engagement d’un travail « pour professionnaliser le métier d’accompagnateur scolaire ».
La Ligue des familles soutient les initiatives en cours mais craint qu’elles soient insuffisantes pour réduire réellement les temps de trajet de ces enfants à brève échéance« , s’inquiète Madeleine Guyot.
Des enfants parfois lourdement handicapés: « le rôle des pouvoirs publics est de les protéger »
La Ligue des familles appelle les ministres à prendre ce dossier à bras-le-corps et de toute urgence pour ne pas laisser les familles en souffrance et notamment à :
- Publier chaque année les chiffres relatifs aux temps de trajets et au nombre de trajets sans accompagnateur ou accompagnatrice,
- Augmenter le nombre de circuits de bus afin de diminuer les temps de trajets de chaque circuit,
- Mettre en place toutes les mesures possibles pour lutter contre la pénurie de chauffeurs, notamment le recours à des mini-vans ne nécessitant qu’un permis B,
- Assurer des conditions de travail décentes pour les accompagnateurs ou accompagnatrices des trajets, afin de faciliter le recrutement, et garantir leur formation,
- Mettre en place des garderies dans l’enseignement spécialisé pour permettre à davantage de parents d’effectuer les trajets eux-mêmes.
On parle d’enfants à besoins spécifiques, parfois lourdement handicapés. Le rôle des pouvoirs publics est de les protéger et de leur permettre de suivre leur scolarité dans les meilleures conditions. Cette situation indigne a déjà trop duré », conclut Madeleine Guyot.
Partagé par Sofia Douieb
À LIRE AUSSI :
-
Lire notre page : Mobilité et handicap
-
Handycab, la nouvelle appli qui facilite le transport des personnes à mobilité réduite
-
Du nouveau dans le transport urgent en ambulance
-
Un enseignement en ligne pour aider les enfants malades en Fédération Wallonie-Bruxelles