Focus sur les aidants proches, ces guerriers de la lumière récemment sortis de l’ombre

Le 21 juin, jour le plus long de l’année, c’est la journée nationale des aidants proches. En 2021, elle a une saveur toute particulière, puisque ça va bientôt faire un an que leurs voix ont été entendues : la loi de reconnaissance de leur statut est enfin sur les rails. Focus sur ce nouveau statut, ainsi que sur les associations ou professionnels qui s’emploient depuis des années à soutenir ces guerriers de la lumière récemment sortis de l’ombre. 

 

Selon la définition de l’asbl Aidants proches : « Est aidant proche toute personne qui apporte régulièrement son aide à un proche en déficit d’autonomie. Cette aide répond à des besoins particuliers et est accomplie en dehors de celle réalisée dans le cadre d’une rémunération professionnelle ou de volontariat défini par la loi du 03/07/2015. » En Belgique, 800.000 personnes consacrent de nombreuses heures à aider au quotidien un proche malade, handicapé, âgé… Les parents, grands-parents ou amis de la famille d’un enfant ayant besoin de soins sont évidemment repris dans ce chiffre et sont, eux aussi, considérés comme des aidants proches.

Enfin reconnus !

Depuis le 1er septembre 2020, les demandes de reconnaissance du statut d’aidant proche peuvent enfin être introduites. La procédure était très attendue par beaucoup, car c’est notamment le seul moyen d’obtenir le nouveau congé thématique dédié aux aidants reconnus. Selon certaines conditions définies dans le dernier Arrêté Royal sur les Aidants Proches, ce congé peut durer un mois pour le moment, mais pourra atteindre jusqu’à trois mois quand l’extension de la loi sera actée. Les conditions à remplir sont par exemple de certifier à la mutualité que la personne aidée est bel et bien dépendante, que le proche habite en Belgique, que l’aidant s’occupe de lui au moins 50h par semaine ou 600h par an, que maximum trois aidants proches s’occupent de la même personne…

Pourquoi un tel statut ?

Depuis lors, encore beaucoup d’aidants proches sont dans le flou quant à la procédure de demande de ce statut. C’est pourquoi, quelques jours avant la journée des aidants proches, une conférence virtuelle s’est tenue à l’initiative de l’asbl Aidants Proches pour expliquer plus « simplement » les étapes à mettre en place en vue de l’obtention de la reconnaissance du statut d’aidant proche. Outre les conditions déjà évoquées, l’asbl a également indiqué pourquoi il est si important de se faire reconnaitre :

  • Obtention d’un congé thématique (ou interruption de carrière)
  • Impact psychologique : on met des mots sur la situation qu’on vit
  • Amorçage d’un accompagnement
  • Cadre légal, protection juridique
  • Lutte pour les droits sociaux
  • Visibiliser un groupe social invisible

Journée nationale à la Maison de l’Aidance

Inaugurée en 2018, la Maison de l’Aidance, un endroit où tous les aidants proches peuvent se retrouver à Bruxelles, est composée de quatre associations : « Aidants proches », « Jeunes Aidants Proches », « FratriHA » et la « Casa Clara« . Chaque année, le 21 juin, ils ouvrent leurs portes pour accueillir les aidants proches, les professionnels ou toute autre personne concernée par la thématique. Chacun propose une série d’activités dédiées à la détente, à la découverte et à la rencontre.

Équipe mobile de soutien aux aidants proches

Finalement, dernière avancée dans le domaine : l’ « Equipe Mobile Prévention Soutien Aidance » (EMPSA). Cette dernière, lancée en janvier 2021 par l’association « Jeunes & Aidants Proches », est composée de professionnels du soin qui se déplacent dans les 19 communes de Bruxelles pour accompagner les aidants proches lorsqu’une situation de dépendance d’un des membres de la famille apparaît ou s’aggrave. Dès l’hospitalisation de la personne aidée ou à tout moment charnière de son retour à domicile, l’ équipe pluridisciplinaire (psychologue, assistante sociale et infirmier) accompagne les aidants en les informant sur leurs droits et les aides existantes. Concrètement, l’accompagnement s’effectue à différents niveaux : évaluation de la situation globale, écoute des besoins, prévention de l’impact de l’aide sur les relations et la santé, aide à l’organisation et à la répartition des tâches, favorisation de l’autonomie, identification des sources d’épuisements, soutien et répit

 

Sofia Douieb

 

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