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Consultations à distance : l’INAMI adapte enfin les règles d’assurance soins de santé

Bonne nouvelle pour les prestataires de soins et leurs patients : l’INAMI vient d’adapter certaines règles de l’assurance soins de santé afin de leur permettre de consulter à distance. Un forfait de 20 euros est accordé pour chaque consultation téléphonique ou vidéo. Les nouveaux prestataires de soins concernés : psychiatres, psychologues, dentistes, logopèdes, kinésithérapeutes, sages-femmes, diététiciens, ergothérapeutes et éducateurs en diabétologie.

Voici le communiqué qui vient d’être publié sur info-coronavirus.be :

« La crise du coronavirus bouleverse le quotidien des patients qui doivent consulter un prestataire de soins. Afin de préserver la continuité des soins, la ministre de la Santé publique, Maggie De Block leur permet à présent de faire appel à de nombreux prestataires de soin, à distance, via les consultations vidéo.

La ministre de la Santé publique Maggie De Block : « Le Covid-19 fait apparaître chaque jour de nouveaux besoins spécifiques pour nos patients et notre personnel soignant. Il est important que nous les soutenions au mieux. En concertation avec les secteurs de soins concernés, l’INAMI a donc adapté certaines règles de l’assurance soins de santé. Outre les médecins, les psychologues et orthopédagogues cliniciens, nos patients pourront à présent bénéficier de consultations vidéo avec d’autres prestataire de soins. »

Il s’agit des psychiatres, psychologues, dentistes, logopèdes, kinésithérapeutes, sages-femmes, diététiciens, ergothérapeutes et éducateurs en diabétologie.

Coût pour les patients

Le tarif pour des avis téléphoniques est de 20 euros mais le patient ne paie rien. Les prestataires de soins facturent directement à la mutualité via le régime du tiers payant.

Les consultations vidéo et téléphoniques sont facturées au même tarif qu’une consultation classique. Les prestataires de soins peuvent choisir d’appliquer le régime du tiers payant. Dans les deux cas, le prestataire de soins ne peut pas facturer des frais supplémentaires ou des suppléments au patient.

Rémunération prestataires de soin

Un nouveau mécanisme de rémunération pour les prestations à distance sans contact physique, a été établi en concertation avec les acteurs concernés.

Des questions ?

covid19@riziv-inami.fgov.be pour les prestataires de soins de santé ayant des questions sur les avis médicaux par téléphone et/ou le remboursement des soins dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 peuvent consulter le site.

Pour toute autre question : www.info-coronavirus.be, info-coronavirus@health.fgov.be ou 0800 14 689 de 8h à 20h. »

 

À lire sur le même sujet : « L’INAMI étudie ‘très sérieusement’ la demande demande des pédopsys de pouvoir téléconsulter »

Bébés et petits enfants malades : diagnostic à distance compliqué pour les pédiatres

Le confinement lié au Covid-19 pose un réel défi pour de nombreux soignants. Du côté des pédiatres, la difficulté se situe surtout au niveau des télé-consultations des bébés et des tout-petits, car les diagnostiquer à distance s’avère particulièrement fastidieux, voire impossible. 

« Chez les pédiatres, c’est plus difficile, explique, à la RTBF, Francine Lys, pédiatre à Watermael-Boitsfort. Une maman va nous dire que son enfant tousse. Qu’est-ce qu’il a vraiment ? Il a mal au ventre ? Il peut avoir une pneumonie. Un enfant pleure, il n’est pas bien, il a de la température ? Les oreilles, on ne peut pas les voir par téléphone et à 18 mois, ils ne disent pas ‘j’ai vraiment mal à l’oreille’ lors d’une otite. On doit davantage les voir » . Pourtant, accepter des consultations en ce moment est beaucoup plus risqué pour les pédiatres…

Réorganisation des cabinets pédiatriques

Ces difficultés obligent souvent les pédiatres à néanmoins recevoir ces enfants en bas âge dans leurs cabinets. Mais des précautions strictes doivent alors être prises. D’abord il faut faire en sorte de garantir un circuit aussi propre que possible lors des consultations privées. Ensuite, un matériel adéquat (blouse blanche, masque, lunette de protection en cas de Covid-19…) doit être porté et changé à chaque nouveau patient. Et c’est justement là que le bât blesse… « Je vois ici les mails de mon confrère qui assurera la garde ce week-end, il demande qui a des masques, du matériel, car on n’aura bientôt plus rien. Je sais qu’il y aura bientôt une arrivée de matériel et qu’un comité va établir des priorités. Ce ne sera sans doute pas nous mais nous sommes pas mal exposés également et nous ne voulons pas transmettre le germe d’un enfant à l’autre, c’est extrêmement important », explique la pédiatre interviewée par la RTBF.

Les bébés plus accablés par le coronavirus

S’ajoute à cela, selon une récente étude chinoise « à prendre avec des pincettes », que les bébés et les petits enfants sont généralement plus accablés par le coronavirus que les enfants plus âgés. Il est donc essentiel de pouvoir les diagnostiquer à temps… Dans un article du Vif concernant cette fameuse étude, on peut lire : « Les chercheurs ne savent pas pourquoi les enfants tombent moins malades du covid-19 que les adultes, ni pourquoi les bébés et les tout-petits sont plus malades que les enfants plus âgés. Ils estiment que cela peut être lié à leur système immunitaire qui n’a pas encore atteint sa pleine maturité ou à des voies respiratoires immatures. »

Confinement et manque de répit : réalité déjà quotidienne pour les parents d’enfants handicapés

Des numéros d’appels (SOS Parents, Allô ! Pédopsy…) ont récemment été mis à disposition des parents débordés par leurs enfants en cette période de confinement. Mais pour les parents d’enfants handicapés, cette réalité fait déjà partie de leur quotidien depuis de nombreuses années. Plusieurs mamans, soutenues par des papas, ont décidé de se faire entendre pour recevoir enfin de l’aide.

« Je peux concevoir que, durant ce confinement, des parents d’enfants neuro-typiques soient à bout de nerfs et qu’on leur octroie des numéros d’appel. Mais nous, parents d’enfants handicapés, vivons cela tous les jours et, pourtant, aucun numéro vert nous est dédié. Nous ne sommes pas des super-héros et avons également besoin d’aide depuis de très nombreuses années. » Voilà ce qu’affirme la maman de Gauthier, enfant autiste sévère de 7 ans, au sein d’une vidéo diffusée sur Facebook.

Sentiment d’injustice

Cette maman, criant visiblement à l’injustice, répond à une autre vidéo de Déborah Croughs Pacino, également maman d’un enfant autiste, qui est à présent considérée, en ces temps mouvementés, comme la « porte-voix » des parents d’enfants handicapés. Elle s’est fait remarquer dans une vidéo coup de poing où elle critique fortement le nouveau numéro d’appel SOS Parents. Ce qui a réellement fait bondir la jeune femme, ce sont les mots utilisés pour promouvoir l’initiative : « Vous ne savez plus gérer vos enfants ? Vous vous sentez épuisés ? Vous êtes à bout ? » Pour elle, c’est tout simplement aberrant, car cela fait douze ans qu’elle peut répondre ‘oui’ à l’ensemble de ces questions.

Elle a ensuite tenu à modérer ses propos dans un autre petit clip où elle admet que ce numéro n’est pas uniquement pour les parents d’enfants ordinaires, mais également pour eux, parents d’enfants extraordinaires. Elle espère d’ailleurs qu’il sera maintenu à l’avenir et qu’il soit élargi de manière plus explicite aux parents d’enfants handicapés.

Le confinement aggrave la situation

À cause du confinement, le quotidien des parents d’enfants handicapés est encore plus compliqué à gérer. Par exemple, pour Virginie Bataille-Tilmont, la maman de Gauthier évoquée au début de l’article, le fait de ne plus pouvoir faire de petits tours en voiture est un véritable problème, car c’est la seule activité qui apaise son fils…

Jean-Luc Duval, qui s’est exprimé dans un commentaire en dessous de la vidéo de Virginie, évoque un problème lié à la scolarité : « Ils ont mis en place ‘Ma classe à la maison’, mais bien sur cela ne fonctionne pas avec nos enfants, nous voila donc contraint en plus du reste car les prises en charge se sont aussi arrêtées, de faire le rôle d’enseignant. Cela reste une habitude d’être les oubliés. »

Pistes pour gérer, si possible, les situations de stress

Pour les enfants avec des pathologies plus légères telles que le TDA/H, une ergothérapeute propose quelques pistes pour gérer les situations de stress :

  • Continuer, sur avis d’un médecin, la posologie de l’enfant en tenant compte du rythme scolaire
  • Maintenir les heures de coucher/lever et de repas
  • Accorder encore plus d’importance aux routine quotidiennes
  • Maintenir, quand le handicap de l’enfant le permet, une activité sportive quotidienne
  • Parler de la situation actuelle avec l’enfant
  • Tenter, en tant que parent, de prendre soin de soi
  • Contrôler rigoureusement le temps d’écran de l’enfant
  • Aider l’enfant à s’endormir (réduire les sources de lumière, favoriser les activités qui permettent au corps de se préparer à dormir tel que lire un livre, écouter de la musique, discuter quelques minutes avec son enfant doucement dans la pénombre…)

L’INAMI étudie « très sérieusement » la demande des pédopsychiatres de pouvoir téléconsulter

Dans un récent communiqué de presse, l’ABSyM, Association Belge des Syndicats Médicaux, s’est prononcé « en faveur de la demande de l’association professionnelle de psychiatrie infanto-juvénile d’appliquer la nomenclature de la consultation ambulatoire aux télé et vidéo-consultations. » Car, en raison de la crise actuelle du Coronavirus, il s’agit là du seul moyen de continuer à soigner les enfants et jeunes qui en ont besoin.

« C’est à l’unanimité que le comité directeur de l’ABSyM s’est prononcé en faveur de la demande de l’association professionnelle de psychiatrie infanto-juvénile d’appliquer la nomenclature de la consultation ambulatoire aux télé et vidéo-consultations.  En raison de l’actuelle crise de Coronavirus, de nombreux enfants vulnérables sont obligés d’être pris en charge à la maison et la vidéo-consultation est souvent le seul moyen de continuer à les soigner.

Risque accru de violence intra-familiale

Les enfants qui reçoivent habituellement une assistance psychiatrique au sein des hôpitaux, de centres multifonctionnels (CMF), de centres d’observation et de traitement (COT) ou d’écoles à enseignement spécialisé sont désormais, pour la plupart, à la maison en raison de la crise COVID-19.  La suspension des consultations pédopsychiatriques pose de sérieux défis pédagogiques à ces nombreuses familles déjà vulnérables. L’anxiété et le stress peuvent augmenter tant chez les parents que chez les enfants et entraîner un risque accru de violence intra-familiale ou de négligence.

Téléconsulter ne compromet pas la qualité des soins

Afin d’assurer la continuité des soins à ces enfants et pour éviter que les listes d’attente ne s’allongent, les pédopsychiatres demandent l’application de la nomenclature ambulatoire aux vidéo-consultations.  Selon l’association professionnelle, de nombreuses évaluations pédo-psychiatriques, diagnostiques et thérapeutiques sont possibles en vidéo-consultation et ce, sans compromettre la qualité.

De l’urgence de compenser le temps de travail perdu

Les consultations de psychiatrie infanto-juvéniles prennent beaucoup de temps et durent généralement de 45 minutes à 2 heures.  Le numéro de code 101135 concernant les avis téléphoniques aux patients (chroniques) qui ne peuvent plus contacter leur médecin en raison des directives COVID-19 ne peut compenser ce temps de travail. 

C’est pourquoi l’association professionnelle demande d’adapter les numéros de nomenclature pour la psychothérapie – 45 min (109631) et la consultation de psychiatrie (109675) à la télé ou vidéo-consultation.  L’INAMI étudie très sérieusement la question.

Dr Philippe Devos (Président) »

 

À lire sur le même sujet : Allô ! Pédopsy : nouvelle ligne téléphonique à l’Huderf pour gérer les situations de stress excessif

Alain Maron, ministre de l’Action sociale et de la Santé, fait le point sur les livraisons de masques à Bruxelles

Dans un e-mail daté du 24 mars 2020 et adressé aux opérateurs de la santé et du social, Alain Maron, ministre de l’Action sociale et de la Santé, expose les dernières recommandations pour une « utilisation raisonnée » du matériel de protection. Il annonce également les récentes ou prochaines livraisons de masques, blouses, gants, gel hydroalcoolique…

« Mesdames, Messieurs,

En tant qu’opérateurs du social et de la santé, vous faites partie des organisations qui sont au cœur de la gestion de la crise du coronavirus que nous vivons actuellement. Votre travail est primordial, et je tiens à vous remercier pour les efforts, la flexibilité mais aussi et surtout pour la solidarité dont vous faites preuve. Dans un contexte difficile où clairement vos personnels et vous-mêmes prenez des risques. 

 En tant qu’acteur principal, vous méritez aussi d’être informés. C’est l’objet de ce mail.

Je veux ici me concentrer uniquement sur les éléments tangibles. Sachant que nous ne cessons de chercher des fournisseurs sérieux. Concrètement, voici les dernières nouvelles en la matière :

  • 160.000 masques chirurgicaux ont été livrés hier (merci à l’ensemble du personnel des administrations ayant contribué à ce challenge), et sont en cours de distribution dans les services COCOM (Iriscare et les Services du Collège réuni) et COCOF (aux maisons de repos, soins palliatifs, services d’aide et soins à domicile, maisons médicales, maisons d’accueil pour sans-abris, centres pour personnes handicapées, MSP, IHP, hôpitaux en santé mental (COCOF), centres de planning familial qui font des interruptions volontaires de grossesse, conventions de réadaptation et de rééducation, etc.)
  • 160.000 masques chirurgicaux seront livrés aux mêmes services jeudi selon les mêmes modalités (sous réserve d’ajustement en fonction des besoins)
  • 400.000 masques chirurgicaux sont attendus à nouveau pour la fin de la semaine (avec toutes les réserves d’usage, connaissant le manque sur le marché mondial)
  • L’achat de 100.000 masques FFP2, 100.000 blouses, des gants et du gel hydroalcoolique en quantité est également demandé afin de pouvoir délivrer les institutions où des patients COVID sont soignés

Outre ces avancées concrètes, il est primordial de multiplier les tentatives et de ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier. Chaque institution et service doit donc faire le maximum pour s’approvisionner sur le marché. C’est pourquoi il est important que vous commandiez en plus, vous-mêmes, le matériel que vous estimeriez encore nécessaire. Et d’informer Iriscare de vos besoins. 

Pour conclure, je voudrais vous rappeler quelques éléments fondamentaux, afin d’avoir une utilisation raisonnée de ce matériel :

  • Pour protéger un public fragile : porter un masque chirurgical (ou en tissus) est suffisant
  • Pour vous protéger d’un public suspect, celui-ci doit mettre un masque chirurgical (ou en tissus)
  • Dans la même pièce qu’un patient COVID suspect ou avéré pour un soin (sinon je n’y vais pas) : un masque FFP2 et une sur-blouse est nécessaire. En cas d’absence de masque FFP2 dans cette situation le SPF Santé Publique recommande l’usage d’un masque chirurgical [2]
  • Pour faire des soins intensifs (= intubation ou ventilateur ou examen pneumo invasif) à un patient COVID, un masque FFP2 ou FFP3, une sur-blouse, et des lunettes/visière sont nécessaires
  • Et, pour les soignants, il faut que les vêtements de travail restent au vestiaire et soient entretenus par l’institution. Tout ce matériel perd son efficacité si le personnel ne se lave pas régulièrement les mains à l’eau et au savon, et encore plus à chaque retrait de matériel.

Nous sommes conscients de vos grandes difficultés et des risques que vous prenez. Nous mettons le maximum possible d’énergie, avec Iriscare et les Administrations, pour vous soutenir et nous continuerons à le faire. Le contexte est malheureusement très défavorable. Mais nous arriverons à traverser cette crise, ensemble. 

Cordialement,

Alain Maron

Ministre de l’Action sociale et de la Santé

 

[1]https://epidemio.wiv-isp.be/ID/Documents/Covid19/COVID-19_RMG_Brief_MondMaskers_FR.pdf

[2]https://epidemio.wiv-isp.be/ID/Documents/Covid19/COVID-19_RMG_Brief_MondMaskers_FR.pdf »