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Un peu de clarté sur l’e-santé en Belgique

À l’occasion de la Semaine de l’e-santé, organisée à la fin du mois de juin dernier, plusieurs événements ont permis de mettre en lumière les enjeux du partage sécurisé des données de santé en Belgique. Hospichild a notamment participé à une séance d’information organisée au sein de Vivalis, l’administration bruxelloise qui finance, entre autres, Abrumet, gestionnaire du Réseau Santé Bruxellois.

Cette rencontre a permis de mieux comprendre le fonctionnement de l’e-santé, les projets actuellement développés en Belgique, ainsi que les mécanismes qui encadrent le partage des données médicales. Des notions parfois complexes mais essentielles pour les patient.e.s, les familles et les professionnel.le.s de santé.

L’e-santé, qu’est-ce que c’est ?

L’e-santé regroupe l’ensemble des outils numériques qui permettent de partager, consulter et gérer des informations de santé de manière électronique et sécurisée. Concrètement, ces outils facilitent l’échange d’informations entre les différent.e.s professionnel.le.s impliqué.e.s dans la prise en charge d’un.e patient.e : médecin généraliste, pédiatre, spécialiste, pharmacien.ne, infirmier.ère, kinésithérapeute, sage-femme, etc.

Pour les enfants atteints d’une maladie chronique, suivis dans plusieurs hôpitaux ou par plusieurs spécialistes, l’e-santé peut contribuer à améliorer la continuité des soins. Elle permet notamment aux professionnel.le.s de disposer plus rapidement des informations nécessaires, tout en évitant certains examens ou démarches redondantes.

Une semaine pour sensibiliser le public

Pour cette édition 2026, Abrumet a multiplié les initiatives destinées à informer le grand public et les professionnel.le.s. Un webinaire a permis de faire le point sur les projets eSanté en cours et à venir. Par ailleurs, plusieurs institutions ont ouvert leurs portes dans le cadre de reportages réalisés en partenariat avec BX1 : le CH Jean Titeca ; le CHU Saint-Pierre ; les Cliniques universitaires Saint-Luc.

Ces reportages mettent en avant des projets innovants liés à la gestion et au partage des données de santé. Enfin, une campagne de sensibilisation a été lancée dans le métro bruxellois autour du slogan : « Mon médecin et moi, on a tant à partager ».

Son objectif est de rappeler que le partage sécurisé des données n’est pas une finalité en soi, mais un outil destiné à renforcer la qualité des soins et la communication entre patient.e.s et soignant.e.s.

Des coffres-forts et des hubs : quelle différence ?

Lors de la séance organisée chez Vivalis, l’oratrice présentait la différence entre les coffres-forts de données de santé et les hubs qui permettent leur partage.

  • Les coffres-forts sont les espaces sécurisés dans lesquels sont stockés les documents médicaux : résultats d’examens, rapports médicaux, comptes rendus d’hospitalisation, données de vaccination ou encore prescriptions.
  • Les hubs, quant à eux, ne stockent pas directement les données. Ils servent de plateforme d’échange entre les différent.e.s acteur.rice.s du système de santé. Leur rôle est d’indiquer où se trouvent les informations et de permettre aux professionnel.le.s autorisé.e.s d’y accéder lorsqu’ils ou elles prennent en charge un.e patient.e.

La Belgique dispose de plusieurs hubs régionaux :

  • Le Réseau Santé Bruxellois, géré par Abrumet
  • Le Réseau Santé Wallon
  • Plusieurs réseaux flamands, dont CoZo

Ces différents réseaux sont reliés par le MetaHub, une infrastructure nationale qui permet aux systèmes de communiquer entre eux. L’objectif n’est donc pas de centraliser toutes les données médicales dans une seule base de données nationale, mais de permettre aux différents réseaux de collaborer de manière sécurisée.

Trois conditions pour accéder aux données de santé

Le partage des données médicales repose sur trois mécanismes destinés à protéger la vie privée des patient.e.s : le consentement, le lien thérapeutique et la matrice d’accès.

1. Le consentement

Le consentement autorise le partage électronique sécurisé des données de santé. Une fois enregistré, il est valable dans toute la Belgique et est entièrement gratuit. Il n’est donc pas nécessaire de le redonner à chaque consultation.

Lors de la séance d’information, les intervenant.e.s ont également rappelé l’existence de deux approches différentes en Belgique.

Le système OPT IN

À Bruxelles et en Wallonie, le partage des données repose sur un système dit « OPT IN ». Cela signifie que le ou la patient.e doit donner explicitement son accord avant que ses données puissent être partagées via les réseaux de santé. Sans cette démarche volontaire, aucun partage électronique ne peut avoir lieu.

Le système OPT OUT

En Flandre, le système fonctionne davantage selon le principe de l’« OPT OUT ».Dans ce modèle, le partage est prévu par défaut dans le cadre légal existant, tout en laissant au ou à la patient.e la possibilité de s’y opposer.

Dans les deux cas, la protection de la vie privée reste au cœur du dispositif. Le consentement peut par ailleurs être retiré à tout moment. Ce retrait est valable dans tout le pays et entraîne l’arrêt du partage des documents de santé.

Pour les enfants mineur.e.s, ces démarches sont généralement réalisées par les parents ou les représentant.e.s légaux.ales.

2. Le lien thérapeutique

Même lorsqu’un consentement a été donné, un.e professionnel.le de santé ne peut accéder aux données médicales que s’il existe un lien thérapeutique avec le ou la patient.e. Ce lien se crée lorsqu’une relation de soins est établie avec un.e professionnel.le de santé : médecin, pharmacien.ne, infirmier.ère, kinésithérapeute, dentiste, sage-femme ou autre professionnel.le concerné.e.

À l’inverse, les médecins-conseils des mutuelles, les médecins du travail ou les compagnies d’assurance n’ont pas accès aux données partagées dans ce cadre. La durée de ce lien varie selon le type de prise en charge :

  • 15 mois pour le médecin traitant ou le ou la pharmacien.ne habituel.le ;
  • 3 mois pour certaines prises en charge ponctuelles, par exemple chez un.e kinésithérapeute ;
  • 1 mois pour un.e médecin urgentiste.

L’existence de cette relation thérapeutique doit pouvoir être démontrée, notamment grâce à l’identification du ou de la patient.e lors de la consultation ou de l’admission à l’hôpital.

3. La matrice d’accès

Tous.tes les professionnel.le.s n’ont pas accès aux mêmes informations. C’est le rôle de la matrice d’accès de déterminer quelles données peuvent être consultées par chaque profession. Ainsi, un.e pharmacien.ne pourra consulter les médicaments délivrés à un.e patient.e mais pas nécessairement les résultats de laboratoire. À l’inverse, un médecin disposera d’un accès plus étendu à certaines informations médicales.

→ Vers la matrice d’accès 

Depuis peu, certains professionnel.le.s du secteur multidisciplinaire peuvent également bénéficier d’« accès étendus ». Avec l’accord explicite du ou de la patient.e, ils ou elles peuvent consulter certains documents directement liés à leur domaine d’expertise. Par exemple :

  • un.e kinésithérapeute pourra accéder à des rapports d’orthopédie ;
  • un.e diététicien.ne pourra consulter des rapports de diabétologie ;
  • un.e infirmier.ère pourra accéder à certaines informations utiles à la continuité des soins.

L’objectif est de favoriser une prise en charge plus cohérente tout en garantissant que chaque professionnel.le ne consulte que les informations réellement pertinentes pour son intervention.

Concrètement, une demande est effectuée via le Réseau Santé Bruxellois. Le ou la patient.e reçoit ensuite une notification lui permettant d’accepter ou de refuser cette demande d’accès.

Un enjeu important pour les enfants et les familles

Pour les enfants suivis par plusieurs professionnel.le.s ou dans différents établissements de soins, l’e-santé représente un outil précieux de coordination. Elle permet aux équipes médicales de mieux communiquer entre elles, d’accéder plus rapidement aux informations utiles et d’assurer une continuité des soins, y compris lors d’une hospitalisation ou d’une prise en charge urgente.

À condition que le consentement soit donné et que les règles de sécurité soient respectées, le partage des données de santé peut ainsi contribuer à une prise en charge plus fluide, plus cohérente et plus adaptée aux besoins des enfants et de leurs familles.

→ Visionner une des vidéos explicatives ou se rendre sur le site du Réseau Santé Bruxellois

 

Sofia Douieb

 

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Nouveau plan d’action fédéral handicap 2025-2029 : et les enfants dans tout ça ?

Le plan d’action fédéral handicap rassemble les principaux engagements et mesures concrètes du gouvernement fédéral visant à renforcer davantage les droits et l’inclusion des personnes en situation de handicap, tels qu’ils sont inscrits dans la Convention des Nations unies et dans la Constitution. Plusieurs mesures intéressent particulièrement Hospichild, puisqu’elles concernent les enfants.

Le Conseil des ministres a approuvé le plan d’action le 3 avril 2026. Ce plan comprend 118 mesures qui touchent tous les domaines de la vie, de l’emploi et de l’accessibilité aux soins de santé, en passant par la mobilité et la protection sociale. Le ministre Rob Beenders, chargé des personnes handicapées, coordonne sa mise en œuvre.

→ Lien vers le plan d’action fédéral handicap : plan_daction_federal_fr.pdf

Les mesures clés

Le nouveau plan d’action fédéral handicap 2025-2029 contient plusieurs mesures clés :

  • l’amélioration de l’accessibilité et de l’emploi des personnes en situation de handicap,
  • un accès facilité au vote,
  • la mise en place d’un trajet de soins adaptés pour les personnes internées,
  • la possibilité de cumuler plus facilement emploi et allocations sociales.

Quid des enfants ?

Quelques mesures concernant les enfants émergent du document :

  • Le respect des capacités évolutives des enfants en situation de handicap est primordial, ainsi que le respect du droit des enfants en situation de handicap à préserver leur identité propre.
  • Les personnes en situation de handicap sont confrontées à un risque accru de pauvreté dans notre pays. Il est ainsi demandé d’accorder une attention particulière à la situation des femmes, des enfants et des personnes âgées en situation de handicap.

Sur une proposition de Frank Vanderbroucke, une dernière mesure est évoquée :

  • Veiller à ce que les enfants ayant des besoins plus importants en matière de développement du langage aient accès à un soutien adapté, en garantissant que les enfants présentant une déficience intellectuelle puissent bénéficier d’un traitement logopédique adapté, en respectant les accords conclus avec les Communautés et Régions concernant la poursuite du développement d’une offre multidisciplinaire adaptée, en veillant à la continuité entre l’établissement d’un bilan et le début d’un traitement multidisciplinaire. Si, à titre exceptionnel, un traitement monodisciplinaire est indiqué, l’accès à celui-ci est garanti.

Réaction d’Unia, centre pour l’égalité des chances

En tant que « mécanisme de suivi de la Convention ONU relative aux droits des personnes handicapées », Unia a contribué à plusieurs reprises à ce plan. D’abord sous forme de recommandations et ensuite sous forme d’avis remis sur le draft du plan d’action. 

→ Découvrez les recommandations d’Uniapour le plan d’action fédéral handicap 2025-2029.

Unia se réjouit du nouveau plan d’action fédéral visant à améliorer l’inclusion des personnes en situation de handicap dans les prochaines années », écrit l’institution publique sur son site. « Nous saluons particulièrement la collaboration entre tous les niveaux politiques, qui permet de mieux prendre en compte l’ensemble des obstacles auxquels se heurtent les personnes en situation de handicap. »

Des efforts encore à fournir

Unia appelle tous les ministres à mettre en œuvre l’ensemble des mesures reprises dans le plan et à tenir compte, pour l’ensemble de leur politique, de l’impact que ces politiques peuvent avoir sur les personnes en situation de handicap. Et sur ce point, Rob Beenders, Ministre des Personnes handicapées, rassure :

Ce document (le plan d’action fédéral handicap) vaut largement tous les efforts consentis. Il constitue la base de la politique en faveur des personnes en situation de handicap pour les quatre prochaines années. Je m’engage d’ores et déjà à suivre de près et avec rigueur sa mise en œuvre, afin que ce plan ne reste pas seulement un ensemble d’engagements ou de promesses, mais qu’il apporte une réelle amélioration pour les personnes en situation de handicap. »

 

Sofia Douieb

 

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Enseignement spécialisé : La Flandre supprime 200 lignes de bus scolaires, La Ligue des Familles réagit

En Wallonie et à Bruxelles, 33.000 enfants utilisent chaque jour les bus scolaires. Avec un confort laissant à désirer (parfois 3 heures par jour voire davantage), absence de formation des accompagnateurs voire absence d’accompagnement des enfants pendant ces trajets (y compris pour des enfants lourdement handicapés). Tout récemment, La Flandre a supprimé 200 lignes de bus scolaires vers l’enseignement spécialisé. Des situations qui ne sont pas tolérables. La Ligue des Familles appelle les politiques à réagir, pour le bien-être de tous ces enfants.

{Communiqué de La Ligue des familles}

La Flandre a ainsi décidé de supprimer 200 lignes de bus vers l’enseignement spécialisé. « Selon De Lijn », indique Belga, « chaque élève pourra toujours se rendre à l’école en bus, même si sa ligne venait à être supprimée. Certains trajets seront cependant rallongés et il ne sera plus possible de garantir qu’un aller simple dure au maximum 90 minutes. »

Fin du plafonnement du temps de trajet en Flandre ? En Wallonie, ce plafonnement n’a même jamais existé

En Wallonie et à Bruxelles, de nombreux enfants de l’enseignement spécialisé vivent aussi un calvaire chaque jour en raison de la longueur des trajets. 30 000 enfants wallons et 3 000 enfants bruxellois prennent le transport scolaire. Et si la Flandre ne peut plus garantir un aller simple de maximum 90 minutes, en Wallonie, ce plafond n’a tout simplement jamais existé. En novembre 2025, le ministre wallon de la Mobilité François Desquesnes indiquait que son objectif (pour l’avenir donc) était de réduire « progressivement » les trajets à moins de 3h par jour. Le 3 avril 2026, le ministre de l’Enseignement en Cocof Boris Dilliès fixait le même objectif au parlement de la Cocof.

Il y a moins d’écoles de l’enseignement spécialisé que de l’enseignement ordinaire et elles ne sont pas réparties équitablement sur le territoire », indique Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des familles. « Si vous habitez le Hainaut et que vous avez un enfant présentant une déficience visuelle, il n’y a d’école adaptée qu’en région montoise – pour toute la province. Les enfants de l’enseignement spécialisé doivent donc aller à l’école loin de chez eux et, souvent, il n’y a pas de garderie. Pour les parents, il est fréquemment impossible de conduire leurs enfants si loin, pile aux horaires d’école. Le transport scolaire est une vraie nécessité mais il est actuellement maltraitant pour ces enfants. »

En Wallonie, le manque d’accompagnateurs est également un souci récurrent. Au-delà des problèmes pouvant se poser dans le bus en l’absence d’accompagnement, le ministre indiquait au parlement qu’il arrive qu' »on signale aux parents des enfants qui ont le plus de besoins que malheureusement, faute d’accompagnateur, leur enfant ne sera pas autorisé à monter dans le bus. » 

Quel calendrier politique ? Ce n’est pas encore clair, or il y a urgence pour ces enfants

La Ligue des familles constate une certaine opacité concernant les temps de trajets de ces enfants : les pouvoirs publics ne publient pas de données régulières à ce sujet. Ces données sont pourtant importantes pour permettre une réponse politique adéquate.

En Wallonie, le ministre François Desquesnes a annoncé un plan en la matière et « des groupes de travail qui seront mis en place pour avoir les premiers résultats pour septembre 2026 et les autres résultats pour septembre 2027 ». Il a en effet annoncé en avril au parlement wallon avoir mis en place certains groupes de travail mais, en ce qui concerne spécifiquement les temps de trajet, l’ambition et le calendrier n’étaient pas précis à ce stade.

A Bruxelles, le ministre-président Boris Dilliès, également en charge de l’Enseignement à la Cocof, annonçait au Parlement de la Cocof le 3 avril 2026 le déploiement d’une nouvelle application pour les parents d’enfants concernés et l’engagement d’un travail « pour professionnaliser le métier d’accompagnateur scolaire ».

La Ligue des familles soutient les initiatives en cours mais craint qu’elles soient insuffisantes pour réduire réellement les temps de trajet de ces enfants à brève échéance« , s’inquiète Madeleine Guyot.

Des enfants parfois lourdement handicapés: « le rôle des pouvoirs publics est de les protéger »

La Ligue des familles appelle les ministres à prendre ce dossier à bras-le-corps et de toute urgence pour ne pas laisser les familles en souffrance et notamment à :

  • Publier chaque année les chiffres relatifs aux temps de trajets et au nombre de trajets sans accompagnateur ou accompagnatrice,
  • Augmenter le nombre de circuits de bus afin de diminuer les temps de trajets de chaque circuit,
  • Mettre en place toutes les mesures possibles pour lutter contre la pénurie de chauffeurs, notamment le recours à des mini-vans ne nécessitant qu’un permis B,
  • Assurer des conditions de travail décentes pour les accompagnateurs ou accompagnatrices des trajets, afin de faciliter le recrutement, et garantir leur formation,
  • Mettre en place des garderies dans l’enseignement spécialisé pour permettre à davantage de parents d’effectuer les trajets eux-mêmes.

On parle d’enfants à besoins spécifiques, parfois lourdement handicapés. Le rôle des pouvoirs publics est de les protéger et de leur permettre de suivre leur scolarité dans les meilleures conditions. Cette situation indigne a déjà trop duré », conclut Madeleine Guyot.

 

Partagé par Samuel Walheer

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Bébés prématurés : des recherches de la VUB révèlent comment mieux prévenir les lésions cérébrales

Pourquoi certains bébés prématurés développent-ils des lésions cérébrales alors que d’autres y échappent ? Une étude menée par la Dre Fleur Camfferman à la VUB/UZ Brussel apporte un nouvel élément de réponse. En analysant le flux sanguin dans les veines du cerveau plutôt que le seul apport en sang, les médecins peuvent détecter plus rapidement les nourrissons les plus vulnérables.
Cette avancée pourrait permettre de prévenir certaines lésions cérébrales et d’offrir des soins plus personnalisés aux bébés prématurés.

 

{Communiqué de presse de la VUB}

Pendant près d’un demi-siècle, les médecins du monde entier se sont concentrés sur les artères pour surveiller la santé du cerveau des bébés. Mais les recherches menées par le Dr Camfferman dans le cadre de son doctorat montrent que ces chiffres négligent souvent des dangers importants. La véritable clé semble se trouver dans les veines : les vaisseaux sanguins qui drainent le sang vers l’extérieur du cerveau.

Un système d’alerte précoce

Lorsqu’un bébé naît prématurément (avant 32 semaines), son cerveau est encore en construction. Les vaisseaux sanguins sont si fins et si fragiles qu’une petite variation de pression peut provoquer une hémorragie.

« C’est comme un tuyau d’évacuation qui ne peut pas supporter la pression », explique le Dr Camfferman. « Notre étude montre que l’on peut savoir, à partir du débit des veines, si le cerveau est en difficulté. Si le sang ne peut pas s’écouler facilement, la pression augmente et les vaisseaux peuvent éclater. Grâce à cette nouvelle vision, nous pourrions être en mesure d’identifier ces enfants à risque beaucoup plus rapidement ».

Des soins sur mesure plutôt qu’une solution unique

Jusqu’à présent, presque tous les prématurés recevaient le même traitement standard en fonction de leur poids ou de leur date de naissance. Les résultats obtenus par M. Camfferman plaident en faveur d’une approche plus personnalisée. Si le médecin constate par échographie que le flux sanguin est stable, il peut décider, avec d’autres paramètres, qu’un traitement, qui peut aussi toujours avoir des inconvénients, n’est peut-être pas nécessaire. Pour les bébés dont les mesures révèlent un risque, le médecin peut décider de commencer un traitement médicamenteux et d’intégrer un repos supplémentaire, par exemple en utilisant un caisson d’isolement ou en encourageant davantage le « kangourou » (contact peau à peau avec les parents). Ce dernier n’est pas seulement essentiel pour le lien parent-enfant, mais le parent joue également un rôle important de corégulateur en protégeant le cerveau de l’enfant.

L’avenir : l’IA comme assistant numérique

La recherche s’intéresse également à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA). Étant donné que les bébés en soins intensifs génèrent d’énormes quantités de données, l’enregistrement centralisé de ces données à l’aide de modèles d’IA pourrait permettre à l’avenir de voir des schémas invisibles à l’œil humain.

Par exemple, un programme informatique pourrait signaler à un médecin : « Attention, ce bébé a besoin d’un soutien supplémentaire maintenant ».

La sécurité avant tout

Enfin, le Dr Camfferman souligne que ces mesures de précision ne sont efficaces que si elles sont effectuées avec le plus grand soin. Elle préconise donc une meilleure formation technique pour les pédiatres qui pratiquent eux-mêmes l’échographie au chevet du patient. Ce n’est qu’avec un équipement adapté que nous pourrons offrir à ces bébés vulnérables la sécurité qu’ils méritent.

 

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Une journée pour célébrer les infirmier.ère.s… et interroger leur avenir en Belgique

Chaque année, le 12 mai marque la Journée internationale des infirmières. Au-delà de la célébration, il s’agit aussi de rappeler le rôle central des infirmier.ère.s dans notre système de santé. En Belgique, cette édition 2026 s’inscrit dans un contexte particulier, marqué par une réforme récente de la formation en soins infirmiers en Fédération Wallonie-Bruxelles et par des défis persistants sur le terrain. 

Pour Hospichild, il est également essentiel de porter une attention particulière aux infirmier.ère.s pédiatriques, au cœur de l’accompagnement des enfants hospitalisés et de leurs familles.

Les soins infirmiers sont un art ; et pour en faire un art, ils exigent un dévouement total, une préparation aussi rigoureuse que celle d’un peintre ou d’un sculpteur. » — Florence Nightingale, considérée comme la fondatrice des soins infirmiers modernes.

Une réforme de la formation qui interroge

Mi-avril 2026, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté une réforme importante de la formation en soins infirmiers. Celle-ci vise à moderniser les parcours et à mieux répondre aux besoins du terrain.

Parmi les changements :

  • La fin progressive du brevet infirmier ;
  • La création d’un nouveau profil d’assistant·e en soins infirmiers ;
  • La mise en place de passerelles pour favoriser les évolutions de carrière ;
  • Une actualisation des compétences attendues.

Si cette réforme ambitionne de renforcer la qualité des soins, elle suscite aussi des interrogations, notamment pour les secteurs spécialisés comme la pédiatrie. Les professionnel.le.s du secteur se demandent : Comment garantir une formation suffisamment approfondie pour répondre aux besoins spécifiques des enfants ? Comment maintenir l’attractivité de ces services, souvent exigeants sur le plan émotionnel ?

Un rôle clé auprès des enfants et de leurs familles

Les infirmier.ère.s pédiatriques occupent en effet une place singulière dans les soins, avec une approche globale centrée sur l’enfant et sa famille. Cette expertise est défendue en Belgique par l’Association des Infirmiers Spécialisés en Pédiatrie et Néonatologie, qui promeut la formation spécialisée, informe sur les enjeux du secteur et soutient le développement professionnel. Comme décrit sur leur site : « Que ce soit en pédiatrie, en néonatologie, aux urgences ou à domicile, ces professionnel.le.s font preuve d’une grande capacité d’adaptation, d’écoute et de créativité. Sur le terrain, leur rôle est à la fois technique et profondément humain : adapter la communication, rassurer, accompagner la douleur et soutenir les familles. »

Une expertise spécifique encore trop peu reconnue

La spécialisation en pédiatrie existe bel et bien en Belgique, mais elle reste parfois insuffisamment valorisée. Pourtant, les compétences requises sont bien spécifiques : développement de l’enfant, pathologies pédiatriques, communication adaptée à l’âge, travail avec les familles… Dans un contexte de pénurie de personnel infirmier, les services pédiatriques ne sont pas épargnés. Attirer et retenir des professionnel.le.s formé.e.s à ces réalités constitue un enjeu majeur pour garantir des soins de qualité aux enfants.

Et demain ?

À l’occasion de cette Journée internationale des infirmières, il est essentiel de rappeler que derrière chaque soin se joue avant tout une relation humaine. En pédiatrie, cette réalité prend une intensité particulière : il ne s’agit pas seulement de soigner, mais d’accompagner un enfant en développement, avec ses peurs, ses repères, et une famille en quête de compréhension et de réassurance.

Les soins infirmiers ne se limitent pas à des actes techniques : ils reposent sur une relation de confiance avec le patient et sa famille.” — SPF Santé publique

Dans ce contexte, les évolutions en cours — réforme de la formation, conditions de travail, reconnaissance du métier — ne sont pas des enjeux abstraits. Elles auront un impact direct sur la qualité de cette relation de soin, sur la capacité des professionnel.le.s à être présent.e.s, disponibles, et à la hauteur des besoins des enfants. D’où l’importance de sensibiliser dès à présent le grand public…

 

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