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Santé mentale et intelligence artificielle : les ados en danger ?

Un phénomène massif se répand chez les jeunes Américains : les “compagnons IA”. Ces amis virtuels disponibles 24h/24 séduisent près de trois adolescents sur quatre, selon une récente étude. Mais des experts alertent sur les risques psychologiques et sociaux que ces relations artificielles font peser sur les mineurs.

Selon cette étude publiée en juillet dernier par l’ONG Common Sense Media (aux USA), 72 % des adolescents américains de 13 à 17 ans ont déjà eu recours à un « compagnon IA » (ou ami virtuel). Plus de la moitié se confie à lui régulièrement, et environ un sur huit lui parle chaque jour. 

Lire l’étude complète de Common Sense Media (en anglais)

Une pratique généralisée

Selon l’ONG, ces outils – proposés par des plateformes comme ChatGPT, Character.AI, Replika ou Nomi – permettent de créer un interlocuteur numérique doté d’un prénom, d’une personnalité, parfois même d’une voix. Les adolescents s’en servent pour discuter, s’entraîner à certaines conversations, demander du soutien moral ou encore entretenir des échanges romantiques.

Avec l’IA, on a toujours raison, on est toujours intéressant », raconte Ganesh, 18 ans, à l’Associated Press. Sa camarade Kayla, 15 ans, confie quant à elle demander des conseils à ChatGPT pour préparer son anniversaire ou écrire un message sensible, tout en reconnaissant que « parfois, il prend trop de place » dans sa vie.

Soutien… ou dépendance ?

Un tiers des adolescents interrogés disent avoir préféré parler à une IA plutôt qu’à un humain lors de conversations sérieuses. Un quart reconnaît même avoir partagé des informations personnelles avec ces plateformes. Si certains y trouvent une oreille attentive, d’autres commencent à développer un lien d’attachement. « L’intimité artificielle répond à un besoin humain universel de lien, mais elle risque d’affaiblir les relations réelles », prévient le chercheur australien Rob Brooks au sein de son livre Articfial Intimacy. 

Des dérives inquiétantes

L’ONG Common Sense Media met en garde contre les effets pervers de ces outils. Dans son étude, elle pointe :

  • La validation systématique des propos des utilisateurs, qui empêche le développement de l’esprit critique,
  • La possibilité d’être exposé à des contenus sexuels, stéréotypés ou dangereux.
  • Le risque d’attachement excessif, déjà lié à des drames.

En 2023, un adolescent de 14 ans s’était donné la mort après avoir développé une relation de dépendance avec un chatbot. Plus récemment, une enquête du Washington Post a révélé que le chatbot intégré à Instagram avait pu aider des comptes adolescents à planifier leur suicide, sans que les parents puissent désactiver la fonction.

Vers une régulation ?

Face à ces dérives, Common Sense Media recommande d’interdire l’accès aux compagnons IA aux moins de 18 ans, en attendant de véritables garde-fous. L’ONG appelle aussi les entreprises à renforcer la vérification de l’âge, à modérer plus strictement les contenus et à concevoir leurs outils avec la sécurité des mineurs en priorité. La pression politique monte : plusieurs familles endeuillées ont engagé des procès contre OpenAI et Character.AI, accusés d’avoir fourni des conseils mortels. Aux États-Unis, 44 procureurs généraux ont demandé de réguler strictement ces technologies, tandis qu’une pétition exige que Meta bloque ses chatbots pour les adolescents.

Une question qui arrive en Europe

Le phénomène reste encore limité en Europe, mais pourrait s’y diffuser avec la généralisation des applications d’IA. Les parents se retrouvent face à un dilemme inédit : interdire, surveiller ou accompagner ces nouvelles pratiques numériques ?

Il ne s’agit pas de céder à la panique, mais de prendre des précautions, insiste l’ONG. Car derrière l’illusion d’un ami fidèle disponible à toute heure, il ne faut pas oublier que ces compagnons ne sont que des lignes de code, sans émotions ni conscience. »

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Accréditation internationale : Bruxelles renforce son réseau hospitalier de référence

À Bruxelles, plusieurs hôpitaux viennent de confirmer ou d’obtenir une accréditation internationale décernée par Accréditation Canada, gage de qualité et de sécurité des soins. Du CHU Saint-Pierre à l’Hôpital des Enfants Reine Fabiola, cette reconnaissance consacre l’excellence des équipes et rappelle que la capitale est aussi un pôle de référence pour la prise en charge des plus jeunes patients.

Plus de 2 390 critères ont été passés au crible : gouvernance, urgences, soins intensifs, obstétrique, oncologie, imagerie, pédiatrie… Tout est évalué par des experts indépendants pour vérifier la sécurité, l’accessibilité et la qualité des soins. Pour Saint-Pierre, cette reconnaissance est à la fois « une fierté et une invitation à poursuivre l’amélioration continue. »

Plusieurs hôpitaux récompensés à Bruxelles

Même si c’est le dernier hôpital à avoir reçu cette accréditation, le CHU Saint-Pierre n’est pas le seul établissement bruxellois à s’engager dans ce processus. Ces dernières années, plusieurs hôpitaux de la capitale ont obtenu une accréditation internationale :

  • Hôpital des Enfants Reine Fabiola (HUDERF) : unique hôpital universitaire pédiatrique de Belgique, il a renouvelé son accréditation Or avec un score exceptionnel de 96,7 %. Il s’impose comme une référence en soins pour enfants.
  • Hôpital Erasme : accrédité Or en 2024, il est reconnu pour ses soins de pointe et son rôle dans la recherche médicale.
  • Cliniques universitaires Saint-Luc : en 2019, l’hôpital a décroché le niveau Platine, plus élevé encore que l’Or, une première pour un hôpital général en Belgique.

Les enfants au cœur des soins

Chez Hospichild, il est principalement question de la santé des enfants et des adolescents. L’HUDERF illustre particulièrement la dynamique bruxelloise : urgences pédiatriques, chirurgie, oncologie, soins intensifs, réadaptation… chaque service est évalué et adapté aux besoins des plus jeunes. L’accent y est mis non seulement sur la qualité des traitements, mais aussi sur le bien-être psychologique et social des enfants, avec une forte implication des parents dans le parcours de soins.

Bruxelles, un pôle hospitalier certifié internationalement

Avec ces distinctions, Bruxelles s’impose comme une capitale européenne des soins accrédités. Les patients, qu’ils soient adultes ou enfants, peuvent avoir confiance : plusieurs de leurs hôpitaux sont reconnus par des standards internationaux, garants de sécurité, d’innovation et d’humanité.

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Bronchiolite : comment éviter l’hospitalisation de milliers de nourrissons cet hiver ?

Chaque hiver, la bronchiolite s’impose comme l’une des principales causes d’hospitalisation des nourrissons. Pour limiter les formes graves de cette infection respiratoire, l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola (HUDERF) et l’Hôpital Erasme, réunis au sein de l’Hôpital Universitaire de Bruxelles (H.U.B), lancent une campagne d’immunisation destinée aux bébés. Elle repose sur l’administration d’anticorps monoclonaux (Beyfortus®), une solution préventive qui offre une protection immédiate. 

{Communiqué de presse du H.U.B}

La campagne se déroulera du 1er septembre au 31 octobre 2025. Elle concerne les enfants nés entre le 19 février et le 30 septembre 2025, à immuniser avant ou au tout début de la saison épidémique. Les parents sont invités à prendre rendez-vous dès à présent pour les consultations pédiatriques spécialement organisées dans les deux hôpitaux.

« Chaque hiver, nous voyons arriver aux urgences des nourrissons atteints de bronchiolite, parfois avec des complications respiratoires sévères, nécessitant pour certains une hospitalisation aux soins intensifs pédiatriques. L’immunisation permet d’éviter de nombreuses hospitalisations et de limiter les cas graves en protégeant les bébés », rappelle la Dr Françoise Vermeulen, directrice du service de pédiatrie de l’H.U.B. 

Une prévention adaptée à l’âge et à la santé des enfants

L’immunisation par anticorps monoclonaux diffère d’un vaccin traditionnel : elle ne stimule pas la réponse immunitaire, mais apporte directement les anticorps nécessaires à la protection de l’enfant. Son efficacité a été confirmée par une étude publiée en mai 2025 dans The Lancet Child & Adolescent Health montrant une réduction moyenne de 83 % du risque d’hospitalisation chez les enfants de moins d’un an.

L’injection de Beyfortus® (nirsevimab) se fait en une seule dose intramusculaire. Elle est administrée soit :

  • en septembre/octobre pour les enfants déjà nés avant le début de la saison épidémique,
  • à la naissance pour les nouveau-nés nés pendant la saison hivernale.

Deux options pour les bébés à naître

Pour les nourrissons qui naîtront entre le 1er septembre 2025 et le 31 janvier 2026, deux stratégies préventives sont possibles :

  • l’immunisation par anticorps monoclonaux (Beyfortus®) administrée directement au bébé,
  • ou la vaccination de la maman pendant la grossesse (Abrysvo®), recommandée par le Conseil Supérieur de la Santé entre la 28e et la 36e semaine de grossesse.

En pratique, une seule de ces deux options suffit à protéger efficacement l’enfant. Pour les bébés nés à partir du 1er février 2026 et jusqu’à la fin de la saison VRS, la stratégie recommandée reste l’administration d’anticorps monoclonaux à la maternité.  

Une maladie fréquente, parfois redoutable

La bronchiolite touche chaque année des milliers de nourrissons en Belgique. Bénigne dans la majorité des cas, elle se transmet facilement par les gouttelettes de toux ou d’éternuements. Mais elle peut, chez les plus jeunes, entraîner des difficultés respiratoires sévères et justifier une hospitalisation.

Accessibilité et remboursement

Avec le soutien de l’INAMI, cette immunisation est largement remboursée, ne laissant que le ticket modérateur à charge des familles.

 

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C’est la rentrée aussi dans le spécialisé : quelques rappels aux parents

La rentrée scolaire est toujours une étape forte, mais pour certains enfants – porteurs de handicap, atteints de maladies graves ou inscrits dans l’enseignement spécialisé – elle revêt une dimension encore plus sensible. Entre organisation familiale, suivi médical et adaptation scolaire, chaque rentrée est unique.

Sur Hospichild, une partie du site est réservée à la scolarité. Toutes les infos sur l’enseignement spécialisé y sont répertoriées, comme par exemple :

→ Scolarité et handicap

Scolarité durant la maladie et l’hospitalisation de l’enfant 

Un changement qui peut être source d’anxiété

Comme le rappelle l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE), tout enfant vit la rentrée comme une transition qui peut générer insécurité et stress : nouveaux lieux, nouveaux adultes, nouveaux rythmes. Pour les enfants ayant des besoins spécifiques, ces bouleversements sont souvent amplifiés :

  • Un environnement parfois plus complexe à appréhender,
  • la fatigue physique ou psychologique,
  • la nécessité de soins ou d’adaptations particulières,
  • le risque d’isolement face au groupe.

Enseignement spécialisé et inclusion à Bruxelles

À Bruxelles, les familles peuvent choisir entre deux voies :

  • l’enseignement spécialisé, organisé en différents types en fonction des besoins (moteur, visuel, auditif, intellectuel, troubles instrumentaux, etc.) ;

  • l’enseignement ordinaire avec intégration, lorsque l’enfant peut suivre une partie ou la totalité des cours avec des aménagements raisonnables et le soutien d’un service spécialisé (SELOR, PMS, services d’accompagnement).

Cette double possibilité permet d’adapter le parcours scolaire à chaque enfant, selon sa situation et ses besoins médicaux, sociaux et pédagogiques. Il existe aussi d’autres options intra-hospitalières ou à domicile si l’enfant ne peut pas se déplacer. C’est alors qu’interviennent des organismes tels que ClassContact, BedNet ou encore L’École à l’Hôpital et à Domicile (EHD).

Comment préparer la rentrée ?

Selon les recommandations de l’ONE et de services spécialisés bruxellois, quelques repères sont essentiels :

  • Rencontrer l’équipe éducative à l’avance : enseignants, éducateurs, direction, PMS, logopèdes ou kinés présents dans l’école spécialisée.
  • Visiter les locaux avec l’enfant, afin qu’il repère les espaces et gagne en confiance.
  • Partager un projet individualisé clair entre parents, professionnels de santé et équipe scolaire : horaires, soins, adaptations pédagogiques, suivi psychologique.
  • Prévoir des temps de transition plus souples : demi-journées ou horaires allégés les premières semaines, si la santé ou le handicap le nécessitent.

La disponibilité des parents et des proches

Comme pour tous les enfants, la présence rassurante des parents est cruciale, surtout au début. Mais dans le cas des enfants malades ou handicapés, cela implique souvent : une coordination plus étroite avec les médecins et spécialistes, des ajustements de rythme familiaux plus marqués, parfois la présence d’un proche ou d’un accompagnant lors de la rentrée pour faciliter la transition. Car, au-delà de l’apprentissage, la rentrée est aussi un moment clé pour l’intégration sociale. L’école organise souvent des activités de groupe, des cercles de présentation et des jeux adaptés afin que chacun trouve sa place. Dans certaines écoles spécialisées bruxelloises, des dispositifs favorisent la mixité et les échanges avec l’enseignement ordinaire, pour éviter l’isolement et encourager l’inclusion.

Un calendrier qui varie selon la langue d’enseignement

Il faut noter qu’à Bruxelles, les familles doivent composer avec deux calendriers scolaires différents, et ce également dans le spécialisé.

  • Du côté francophone (Fédération Wallonie-Bruxelles), le calendrier a été modifié depuis 2022 : vacances d’été réduites à 7 semaines, mais davantage de pauses pendant l’année.
  • Du côté néerlandophone, le calendrier reste inchangé.

Cela implique que les dates de rentrée et de congés varient selon le réseau choisi, un détail à anticiper, notamment si plusieurs enfants fréquentent des écoles différentes.

→ Vers le calendrier croisé proposé par La Ligue des familles 

Des trajets de soins remboursés pour aider les jeunes dans leurs troubles alimentaires

Selon Sciensano – centre de recherche qui est l’institut national de santé publique en Belgique – 7 % des adolescent.e.s sont en situation d’obésité. 12 % des 10-17 ans, dont les filles sont deux fois plus touchées que les garçons, présentent une suspicion de troubles du comportement alimentaire. Pour rééquilibrer la balance, l’INAMI a mis en place un système de soins intégrés et multidisciplinaires. L’objectif ? Aider les jeunes à (re)trouver un équilibre alimentaire et à devenir acteur.rice.s de leur propre santé.

Pour aider le.la jeune à se sentir bien avec lui.elle et son corps, l’institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) met donc à disposition des trajets de soins personnalisés, au coût modérateur. Face à une demande croissante de soins, il semble important de détecter rapidement les cas d’anorexie mentale, d’hyperphagie non contrôlée ou encore de boulimie afin de les prendre en charge de manière pluridisciplinaire : médicale, diététique ou encore psychologique.

Le premier réflexe, en parler à son médecin

Pour éviter que l’état de santé du.de la jeune ne s’aggrave, il faut repérer les premiers signes. Qui d’autres de mieux placés que les parents ou… le médecin généraliste ou professionnel.le de santé ? Il.elle pourra alors délivrer de bons conseils en termes de soins adaptés à la situation de l’ado, faire un bilan de santé ou alors l’orienter vers des spécialistes tels que des diététicien.ne.s ou autres prestataires de soins. Par ailleurs, le médecin généraliste, ou pédiatre, peut initier un trajet de soins lorsque cela est nécessaire, avec l’accord du responsable ou du jeune lui-même, s’il est majeur.

Des trajets adaptés en fonction des besoins

Sur le site de l’INAMI, on peut lire que « ces trajets de soins s’appuient sur une approche multidisciplinaire et sur des soins intégrés : chaque patient.e ayant besoin de soins en matière d’alimentation saine et de diététique peut compter sur une équipe de professionnel.le.s spécialisé.e.s dans différentes disciplines (médecins, diététiciens, psychologues, etc.) ». Les petits patients sont alors pris en charge de manière individuelle et les soins sont personnalisés en concertation avec d’autres spécialistes. Voici les différents trajets de soins :

→ Pour plus d’informations : INAMI ou ovcomeddir@riziv-inami.fgov.be

Un Symposium sur l’alimentation et la santé

Il s’agit d’une journée d’échanges initiée par le SPF Santé publique autour d’une thématique : réduire l’obésité et les maladies liées à l’alimentation en Belgique. À destination des professionnel.le.s de la santé, ce symposium permettra aux différent.e.s acteur.rice.s d’échanger sur les bonnes pratiques, de participer à des panels, un networking, le tout pour co-construire ensemble des stratégies en vue d’améliorer les soins de santé.

→ Infos pratiques : 

Quand ? Mercredi 10 septembre 2025 de 8h30 à 16h45
Où ? Résidence Palace, Bruxelles
Modération : Sofie Dumont, Lady Chef et présence exceptionnelle d’Anna Taylor (The Food Foundation, UK) et de Sa Majesté La Reine.
Inscription avant le 20 août : https://lnkd.in/ews_UfV9

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