Focus

Journée mondiale des premiers secours : prévention, formations de base et gestes qui sauvent

À l’occasion de la journée mondiale des premiers secours, le 12 septembre, Hospichild tient à rappeler les gestes qui peuvent sauver des vies. Mais aussi encourager les parents ainsi que l’entourage des personnes en situation de handicap à se former. Car en Belgique, les accidents domestiques sont la première cause de décès chez les moins de 15 ans.

Pour l’occasion, la Croix-Rouge de Belgique organise à Liège un grand événement les 12 et 13 septembre 2026 avec comme thématique : le grand défi des premiers secours. L’objectif :« Former le plus grand nombre de personnes possible au brevet européen des premiers secours (BEPS), au même endroit, le même week-end. Parce que plus il y a de personnes formées, plus il y a de vies sauvées. Le BEPS vous donne les bons réflexes pour protéger vos proches et réagir efficacement face aux urgences du quotidien. »

Comment réagir en cas d’urgence ?

Lors d’une situation d’urgence, il recommandé est de garder son calme afin de correctement évaluer la situation. Si l’enfant ou le jeune est en danger, il est impératif d’alerter le plus vite possible les secours au numéro 112 et de suivre leurs instructions au téléphone. Il faudra ensuite répondre aux trois questions suivantes :

  • : Donnez votre nom et l’adresse complète où doivent se rendre les secours. Ajoutez toutes les informations utiles pour vous localiser : étage, emplacement dans le jardin ou sur la route…
  • Qui : Donnez l’âge de la victime et parlez de son état de santé (Est-elle consciente ? Respire-t-elle toujours ? Y a-t-il un saignement ?…) mais aussi si la personne présente de l’asthme, des allergies ou des antécédents que vous connaissez.
  • Quoi : Expliquez ce qu’il s’est passé (chute, brûlure, malaise…), ce que vous avez déjà réalisé et avec quel résultat.

Après cela, et seulement si l’adulte est en capacité de le faire ou a suivi une formation adaptée, les premiers secours peuvent faire la différence. Enfin, il faut ensuite surveiller l’évolution de l’enfant une fois qu’il est hors de danger.

→ D’autres numéros sont importants à conserver dans son téléphone portable :

Les bons gestes

Sur son site, l’ONE rappelle que les accidents n’arrivent pas qu’aux autres. Certains gestes doivent idéalement devenir des habitudes à conserver dans son quotidien : adapter l’environnement et le rendre « safe » pour un enfant, prévoir de bonnes habitudes dites « passives (barrières aux escaliers, bloque-tiroirs, coins de meubles, bloque-porte , cache-prises…), la surveillance (bien qu’elle ne peut pas tout prévoir), éduquer l’enfant ou le jeune à évaluer les risques et les dangers.

Les accidents domestiques

L’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE) donne également des exemples concrets qui peuvent malheureusement arriver aux enfants : asphyxie, suffocation (cordelettes, bijoux, coussins, couvertures ne doivent pas se trouver dans le lit d’un tout petit), inhalation de corps étrangers, brûlure, chute, électrocution, hyperthermie et déshydratation (un bébé laissé dans une voiture au soleil…), intoxication (produits ménagers, cosmétiques, médicaments, alcool…) Toujours laisser ces produits dans leurs emballages d’origine et ne jamais les transvaser dans un contenant alimentaire !, morsure (chien…), noyade, piqûre (guêpe…), blessure (doigts coincés dans les portes…) ou encore fracture.

Où se former ?

Les formations aux premiers secours sont organisées par la Croix-Rouges, la Ligue Francophone Belge de Sauvetages, Premiers soins pédiatriques via Pelican Brussels ou encore certains hôpitaux. Ces formations sont en général accessibles dès 15 ans. Elles ne prennent que quelques heures ou, tout au plus, une journée. Il ne s’agit pas de l’apprentissage du secourisme, mais des gestes qui peuvent sauver la vie.

Samuel Walheer

Rentrée scolaire et handicap : quand l’amitié se met au service de l’inclusion

Lise, Valentine et Pauline sont trois amies qui évoluent dans la même école. Quelques jours après la rentrée scolaire, ces adolescentes parlent sans détour de leur quotidien et de la manière dont elles ont fait du handicap de Lise, une normalité :“Lise, même si elle a une déficience visuelle, c’est la même personne que si elle n’en avait pas. On rigolerait et on s’entraiderait tout autant.”.  Partagé par les équipes d’Eqla, ce témoignage prouve à nouveau qu’une personne n’est pas définie par son handicap et que la différence de chacun.e est une vraie richesse.

Lise, Valentine et Pauline. Eqla ©

Eqla est une association qui existe depuis 1922. Elle propose des services, des conseils et un accompagnement répondant aux besoins et demandes des personnes aveugles et malvoyantes. Et ce, dès le plus jeune âge et à chaque étape de leur vie.

Il y a quelques jours, les élèves ont repris le chemin de l’école. Imaginez un instant une école où, malgré les obstacles, personne ne se sent exclu. Imaginez une amitié qui a commencé dès les premières années de vie, traversant le primaire et le secondaire, où l’on oublie les différences pour ne voir que la personne : une copine pleine d’humour, une nageuse espoir handisport, une musicienne qui joue de la flûte traversière et du piano. C’est l’histoire de Lise, 14 ans, et de ses deux meilleures amies, Valentine et Pauline. Mathilde Marescaux, Chargée de relations donateurs chez Eqla

Une amitié sans conditions

Pour un élève malvoyant, la réalité scolaire est loin d’être facile. Pour Lise, Valentine et Pauline, il s’agit d’une amitié sans conditions. Vu de l’extérieur, beaucoup de questions se posent lorsque l’on parle de handicap. Mais cela ne définit pas entièrement la personne mais bien une partie d’elle. Il suffirait finalement d’accepter la différence de l’autre, d’être à son écoute et de lui donner la place qu’elle mérite, et tout irait tellement mieux. C’est en tout cas ce qu’on fait les deux amies de Lise, Valientine et Pauline. À cet égard, Valentine déclare dans la vidéo : « l’inclusion, c’est quand on arrive à inclure Lise dan un groupe, rigoler autant avec elle qu’avec les autres, à faire des sorties et ne pas la mettre de côté. » Eqla accompagne son témoignage par un message fort et plein d’espoir :

En soutenant Eqla, vous offrez à des centaines de jeunes l’espoir de vivre cette même aventure humaine, cette même amitié inconditionnelle, cette même liberté de grandir sans peur. Ensemble, faisons en sorte que plus jamais un jeune déficient visuel ne se sente exclu, que plus jamais un regard ne blesse et que chaque élève, qu’il voie ou non, puisse trouver sa place, ses amis et son bonheur. Lu sur le site d’Eqla

→ Découvrir l’accompagnement des jeunes

Un suivi scolaire à la pointe

Eqla, propose entre autres, un accompagnement pluridisciplinaire à destination des jeunes qui ont fait le choix de suivre tout ou une partie de leur scolarité dans l’enseignement ordinaire. Il s’agit d’un suivi axé sur la qualité, en assurant une présence en classe et au domicile selon les besoins spécifiques de chaque jeune. L’offre d’accompagnement s’étend de la maternelle jusqu’à la fin des secondaires, et se prolonge dans l’enseignement supérieur par l’accompagnement pédagogique.

Un accompagnement scolaire qui comprend :

  • Un suivi global qui implique l’entourage et tient compte des besoins du jeune, dans tous les aspects de sa vie
  • Des réponses personnalisées dans le respect de ses choix
  • Un accompagnement spécifique durant toute sa scolarité
  • La volonté de rendre le jeune pleinement actif de son projet de vie

→ Pour soutenir les personnes aveugles et malvoyantes, un événement intitulé «Gospel For Life» le 2 décembre à Nivelles au profit d’Eqla : Une soirée « Gospel For Life » en soutien aux personnes malvoyantes

↓ Vidéo témoignage «L’inclusion commence dans la cour de l’école» ↓

Samuel Walheer

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Portrait : le métier d’infirmière à la Villa Indigo, une maison de répit à Bruxelles

L’équipe d’Hospichild s’est rendue à la Villa Indigo : une maison de répit qui accueille, pour de courts séjours, des enfants âgés de 0 à 18 ans, atteints de maladie (avec ou sans handicap). À la rencontre de Rachel, passionnée par son métier, qui nous a fait visiter les lieux et nous a raconté son quotidien d’infirmière. À noter que cette année, la Villa Indigo fête ses 15 ans d’existence !

Rachel, infirmière à la Villa Indigo. Photo : Samuel Walheer

La Villa Indigo est un lieu d’accueil chaleureux situé en plein cœur de Bruxelles. Ouverte en janvier 2011, le projet a eu comme première ambition de vouloir soulager les familles en leur offrant des moments de répits. Celles-ci font face à des enfants ou des adolescents atteints de maladies graves et/ou de handicaps. Auprès d’eux, une équipe pluridisciplinaire – composée d’infirmiers, de puéricultrices, d’éducateurs, d’une pédiatre, de personnels de maintenance mais aussi de nombreux bénévoles – assure, au quotidien, des activités et des soins de qualité. Chaque enfant est accepté avec ses différences et évolue à son rythme en fonction de ses capacités et de ses émotions. La Villa propose trois types de prise en charge : l’accueil résidentiel, l’accueil de jour et l’accueil de nuit. La maison de répit compte une trentaine de personnes qui s’activent pour le bien-être des jeunes 24h/24.

Pour l’heure, c’est très naturellement que le directeur Jean-Michel, la coordinatrice de soins Fanny et l’infirmière Rachel ont accepté de nous faire la visite. Une occasion qui nous permet de mettre en lumière tout le travail réalisé au quotidien par une équipe aux petits soins.

À la Villa Indigo, on prend le temps d’écouter et d’observer les jeunes que l’on accueille. Moi, je suis quelqu’un de posé, calme et qui s’adapte en fonction des besoins. Et je pense que ce sont des qualités qu’il faut avoir pour travailler ici. Déclare Rachel, d’emblée

Fresque à l’entrée de la Villa Indigo. Photo : Samuel Walheer

Qui est Rachel ?

Rachel travaille depuis 13 ans comme infirmière à la Villa Indigo. Son aventure ici a commencé en tant que jobiste. Après avoir obtenu son bachelier, elle s’est spécialisée pendant un an en tant qu’infirmière pédiatrique. Son choix professionnel s’est rapidement ouvert, comme elle le dit, « en entamant ma spécialisation, je savais rapidement vers quoi j’allais me diriger. J’allais rechercher un emploi dans l’extra hospitalier. Mais d’abord, je voulais jober durant l’été. C’est là que j’ai postulé à la Villa Indigo et que la coordinatrice m’a proposé 1 semaine. » Après cela, tout s’est enchaîné pour Rachel qui a vu son job étudiant se prolonger tout l’été. C’est juste après qu’on lui a proposé un CDI en tant qu’infirmière et que sa longue aventure débutait. Aujourd’hui maman de deux enfants âgés de 3 et 6 ans, elle se dit épanouie dans sa vie et dans son travail. Elle travaille exclusivement en journée et cela lui convient parfaitement.

Rachel déplore que beaucoup de familles sont sur listes d’attente d’écoles. Elles se retrouvent sans occupations pour leurs enfants. Ici, on leur propose une bulle d’air, un accueil en journée. Mais aussi un accueil de nuit ou, au besoin, un séjour de plusieurs jours. On est aussi là pour les dépanner. Leur permettre de souffler. Pour tout simplement avoir le temps de lancer 4 machines à la maison, de faire l’une ou l’autre course. Elles savent qu’elles peuvent compter sur nous et c’est gratifiant.

Infirmière, mais pas que…

En tant qu’infirmière, Rachel prodigue des soins auprès des enfants et des adolescents. Mais elle n’est pas cantonnée qu’à cela. Entre les lever du lit, leur donner la douche ou le bain, leur dispenser des soins plus spécifiques comme des sondages ou des alimentations entérales, elle participe activement à la vie des bénéficiaires. Avec ses collègues, elle a aussi l’opportunité de proposer des animations, individuelles ou collectives, en fonction du nombre d’enfants présents. L’idée étant de les rendre autonomes et d’inclure les jeunes comme s’ils étaient chez eux : les faire participer à la préparation du goûter, proposer une lecture, une petite sortie…

Arrivée aux aurores, vers 7h, Rachel débute sa journée. Elle reçoit d’abord le retour de l’équipe de nuit. Ensuite, avec ses collègues, elle effectue un petit tour des chambres pour voir les premiers enfants réveillés. Quand certain.e.s préfèrent dormir longtemps, d’autres sont prêts à débuter leur journée. Des activités sont déjà proposées dès le matin à 8h et tous les enfants sont invités, à leur rythme, à les rejoindre. Lorsque tout le monde est levés, les plus grandes activités sont organisées. Les soins sont prodigués par Rachel dès le matin ainsi qu’avant et après le temps de sieste. Sur les coups de 15h, Rechel termine sa journée. La communication passe auprès de l’équipe du soir qui prend, à son tour, le relais.

Rachel nous confie que la philosophie de Villa Indigo, c’est que l’on suit le rythme de l’enfant. C’est très important. Dès le réveil, on lui demande ce qu’il veut faire, se préparer, déjeuner, se laver et on s’adapte à ses habitudes, comme s’il était à la maison.

Une Villa pleine de vie…

Pictogrammes (Méthode SESAME)

À peine entré dans la Villa, on sent tout l’énergie d’une équipe active. Sur les murs, plein de vie. Que ce soit des dessins réalisés par les enfants, des fresques, des pictogrammes, des photos des enfants ou de l’équipe. Difficile de ne pas être curieux et d’y jeter un œil.

Les projets ne manquent pas à la Villa Indigo. Rachel nous explique qu’une balançoire adaptée aux enfants en chaise roulante est en cours d’installation. Elle se trouve dans le grand jardin à l’arrière de la Villa. L’équipe prend régulièrement des moments pour améliorer le confort des bénéficiaires et pour varier les activités qui leur sont proposées.

Au niveau de la grand pièce de vie, non loin de la cuisine, deux affichages avec chacun leur utilité ont retenu notre attention : l’un qui permet aux enfants de savoir quels sont les autres enfants présents à la Villa et quels adultes sont là pour s’occuper d’eux. Sur l’autre, une affiche de pictogrammes, basée sur la méthode SESAME, permettant de communiquer plus facilement avec des enfants qui présentent des difficultés du langage oral. Certains enfants utilisent aussi leur tablette comme outil pour se faire comprendre.

Il y a aussi…

Les enfants et adolescents qui viennent à la Villa Indigo présentent différents profils de pathologies. Certains ont un syndrome, une maladie rare détectée à la naissance, une maladie dégénérative qui voit leur état de santé et leur espérance de vie se réduire au fil du temps. D’autres jeunes ont une maladie ou un handicap apparu suite à un accident : un AVC (Accident vasculaire cérébral), une noyade, passif d’un bébé secoué. Il y a aussi des jeunes qui ont développé une méningite, une maladie qui est survenue soudainement. Voire aussi les enfants épileptiques qui sont récurrents à la Villa Indigo.

Ce ne sont évidemment pas des situations faciles pour les familles. Nombre d’entre elles ont dû adapter leur mode de vie, revoir le temps de travail de l’un des parents voire interrompre leurs carrières. Pour Rachel, le plus dur dans son métier, c’est sans doute de voir la détresse dans les yeux des parents. La Villa Indigo fonctionne avec un nombre de jours d’accueil limité par enfant et par année. D’une part, car l’espace d’accueil dispose de 10 chambres. D’autre part, pour permettre à un maximum de familles de profiter du lieu de répit. Avec une demande qui dépasse largement l’offre, cela peut créer des frustrations.

Nous disposons déjà d’un large espace intérieur et extérieur qui bénéficie à près de 400 familles. Mais dans le futur, je rêve que la Villa Indigo puisse s’agrandir. Pouvoir proposer des moments de répit à plus de familles, cela me rendrait des plus heureuses », nous confie Rachel.

Une histoire de confiance

Pour certaines familles qui font appel à la Villa Indigo, c’est parfois plus dur pour les parents que pour les enfants. Il n’est jamais facile de confier son enfant, même lorsque cela est nécessaire. La séparation peut être plus difficile qu’il n’y parait. Avant d’intégrer les espaces de la Villa Indigo, une première rencontre se fait entre la coordinatrice des soins, la pédiatre, la psychologue et la famille. C’est un premier contact qui permet à chaque partie de se présenter : connaissance de la maladie, histoire personnelle, habitudes de l’enfant,…  Une visite des lieux est ensuite effectuée. Un séjour de 24h ou une journée peut alors être programmé. Cela permet à l’enfant et aux parents de prendre le temps et de s’habituer à une première séparation. Mais aussi à l’enfant de prendre ses nouveaux repères. Jamais évident. Ensuite, lorsque cela s’est bien passé, un week-end peut être programmé.

→ Pour joindre la Villa Indigo : Villa Indigo – 02/205.09.00 ou Info@villaindigo.be

 

Texte et photos : Samuel Walheer

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Focus sur les dispositifs de soutien aux mères endeuillées en cette journée internationale

La journée internationale des mères endeuillées est célébrée chaque premier dimanche de mai pour soutenir les femmes ayant perdu un enfant, quel que soit son âge. Cette journée, créée par Carly Marie Dudley en Australie, offre un espace pour briser le silence, reconnaître leur douleur et honorer la mémoire de leurs enfants.

Nous vous parlions récemment de ce film poignant, Hamnet, qui focalise l’attention du spectateur sur la maman et son extrême souffrance au moment du décès de son fils. C’est une réalité déchirante à laquelle d’autres mères, en Belgique ou ailleurs, doivent également quelques fois se confronter (on parle de 1000 enfants ou jeunes de moins de 20 ans qui perdent chaque année la vie prématurément en Belgique). Cette journée mondiale leur fait honneur afin qu’elles puissent peut-être un peu mieux respirer et savoir vers quelles associations se tourner.

Comment survivre à la perte d’un enfant ?

La disparition de son enfant est sans doute l’épreuve la plus douloureuse qui puisse être. Les parents se retrouvent amputés d’une partie d’eux-mêmes, d’un moteur de vie, il sont profondément blessés, en proie à une souffrance violente. « Pourquoi nous ? Pourquoi lui ? » Le décès d’un enfant va dans le sens opposé de la vie et est ressenti comme une terrible injustice. Pour tenter de faire face à ce tumulte de sentiments et d’émotions, on se tourne vers les proches, ceux qui nous aiment. Les équipes hospitalières peuvent également proposer leur aide dans ce douloureux cheminement, ayant eux-même connu l’enfant et les proches, parfois durant plusieurs semaines… Il y a aussi ceux qui ont vécu une expérience similaire et qui ont eu envie d’aider les parents dans le même cas. Ce sont les associations de « Selfhelp ».

→ Liste d’associations de soutien au deuil : ici

Le deuil périnatal

Lorsque l’enfant meurt en couche ou dans le ventre de la mère, il est question ensuite de commencer un deuil plus spécifique appelé « deuil périnatal ». Plusieurs hôpitaux ont mis en place des groupes de parole ou autres dispositifs afin de soutenir les mères (et les parents plus généralement) dans cette épreuve. Ainsi, il existe à l’hôpital Delta des groupes de paroles de parents endeuillés. On peut lire sur leur site : « Les groupes de paroles sont destinés aux parents ayant perdu un fœtus ou un bébé durant la grossesse ou peu de temps après la naissance. Cet espace de paroles commun permet aux parents d’y trouver un accompagnement ainsi qu’un soutien psychologique. Ils pourront également partager leur expérience de perte avec d’autres parents ayant vécu une expérience semblable. » À l’Hôpital des Enfants, une aide similaire existe : « Après le décès de l’enfant, un suivi de deuil est proposé aux familles (parents et fratries) qui le souhaitent. Une cérémonie de commémoration est organisée une fois par an pour les proches et les soignants. » Au CHU Saint-Pierre, ensuite, la Groupe Mizuko « permet d’accueillir l’expérience de la perte avec d’autres, en respectant le rythme et le cheminement de chacun ». Enfin, les Cliniques de l’Europe mettent à disposition un livret de soutien au deuil périnatal.

Quelques ressources

 

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Portrait : être bénévole à la Maison d’accueil de l’Hôpital des Enfants

C’est à la Maison d’accueil de l’HUDERF que l’équipe d’Hospichild s’est rendue pour ce deuxième portrait de l’année. À la rencontre d’une des vingt bénévoles – en majorité des femmes – prénommée Michèle. L’occasion de (re)découvrir les lieux et surtout de comprendre en quoi sa présence est si importante pour les familles.

Michèle Gyselings, bénévole, assise dans le salon de la Maison d’accueil de l’Huderf

 

Après avoir réalisé le Portrait du métier de directrice d’une école à l’hôpital, c’est tout naturellement que cette nouvelle rencontre a eu lieu. En effet, la Maison d’accueil de l’Huderf se trouve dans le même bâtiment, à l’étage de l’école Robert Dubois. D’ailleurs, il arrive bien souvent que des enfants hospitalisés qui séjournent avec leur famille y soient scolarisés. C’est par le biais de Dominique Vanden Broeck, devenue tout récemment responsable de la Maison d’accueil, que ce portrait a pu être réalisé.

Au départ, je ne savais pas du tout en quoi être bénévole à la Maison d’accueil allait consister. Mais très vite, cela m’a plu. Je m’y suis rapidement attachée et j’adore être présente pour les familles », nous confie Michèle d’entrée de jeu.

« Pouvez-vous vous présenter ? »

Michèle a toujours été en contact avec les familles. En effet, sa belle et longue carrière d’institutrice l’a amenée à terminer secrétaire de son école. Peu de temps après avoir pris sa retraite, c’est grâce à l’une de ses voisine et amie que l’idée a germé. Éternelle boute-en-train, Michèle a rapidement ressenti cette envie d’aider les autres. Elle déclare, un peu émue : « Je me suis présentée à la Maison d’accueil. Je n’ai jamais quitté cette bonne habitude et cela fait maintenant 12 ans que je suis bénévole ici. Quand on est retraité, on a beaucoup plus de liberté. Mais on a aussi beaucoup moins de contacts sociaux. Venir ici me permet d’une part de côtoyer du monde. D’autre part, cela me donne le sentiment d’être utile. »

Il n’y en a pas beaucoup qui sont là comme moi depuis 12 ans. Ce n’est pas évident de trouver des bénévoles. On a parfois des gens qui travaillent encore et qui voudraient faire du bénévolat. Mais à cause des horaires, c’est compliqué. Mais ces gens qui sont encore actifs font parfois des permanences le soir », précise encore la bénévole.

Madame Vanden Broeck, responsable de la Maison d’accueil et Michèle, bénévole depuis 12ans.

Le quotidien d’un.e bénévole

Le travail d’un.e bénévole est double. Il y a d’abord le côté humain. Cela consiste à accueillir, être à l’écoute des familles dès leur arrivée. Leur expliquer le fonctionnement et leur présenter les espaces personnels et communs. Bien souvent, les familles ont ce besoin de se raconter. « En tant que bénévole, on a cette position qui semble rassurante. Les familles qui arrivent ici ont des problèmes plus ou moins graves avec leurs enfants. Ils nous donnent leur confiance et se livrent à nous et nous racontent leurs problèmes et leurs situations difficiles. »

De son côté, Dominique Vanden Broeck, responsable de la Maison d’accueil, précise : « Chaque résident.e a sa propre histoire, et nous faisons un bout de chemin avec lui.elle. Ici, les résident.e.s peuvent se dévoiler, relâcher la pression d’une journée souvent lourde, parfois passée à l’hôpital. Pour certains, cela crée des liens forts, et profondément humains. Les bénévoles sont de véritables piliers : ils écoutent, échangent, partagent des sourires et des moments de joie, tout en accueillant aussi la peine… parfois en silence. »

L’autre part du travail d’un.e bénévole, c’est le côté pratique. La partie dite administrative. Elle se concentre sur les inscriptions, la gestion des dossiers, les factures, l’envoi du linge provenant des chambres, à une société externe ou encore les commandes de nourritures pour les petits déjeuners, etc. Cela fait partie d’un de nos services, bien commencer la journée avec un bon petit déjeuner, cela soulage les familles et permet de se rassembler autour de la table pour échanger. Il est vrai que les différentes familles vivent souvent les mêmes difficultés.

Je pense que les parents apprécient le côté pratique et confortable de la Maison d’accueil. En effet, nous nous trouvons aux abords de l’Hôpital Universitaire Reine Fabiola. Et d’un autre côté, on est tout de même hors de l’hôpital. Chaque famille dispose d’un clé et donc d’une réelle autonomie. Et en cas de besoin, nous sommes là pour les aider. »Michèle

Une équipe aux petits soins

Ce projet collectif fonctionne grâce à une équipe de vingt bénévoles ; à majorité des femmes mais il y aussi des hommes. Ils.elles se relayent, à raison de trois fois par jour : le matin de 10h à midi, l’après-midi de 2h à 4h et le soir de 6h à 8h. Les bénévoles sont donc présents au quotidien pour répondre aux besoins des familles. Quand certain.e.s sont en charge de l’entretien des espaces, les autres se chargent de l’accueil et du relationnel. Des liens se créent de manière naturelle durant les séjours. Avec l’accord de la responsable bénévole de la Maison d’accueil, les familles peuvent aussi bien y rester une nuit ou, au besoin, plusieurs semaines voire plusieurs mois.

Aujourd’hui, les bénévoles se font de plus en plus rares, ce qui représente un véritable défi pour la maison d’accueil. Leur absence se fait rapidement ressentir, car sans leur soutien précieux, le fonctionnement quotidien devient plus compliqué. Leur présence apporte une présence humaine essentielle, faite d’écoute et de bienveillance, sans eux, il devient difficile de maintenir la qualité d’accueil et l’accompagnement que chacun mérite. » – Dominique Vanden Broeck, responsable de la Maison d’accueil.

Salon de la maison d’accueil de l’HUDERF

Un confort bien nécessaire

La Maison d’accueil se compose d’un hall d’entrée, des espaces communs avec une cuisine ouverte – avec deux taques de cuisson nécessaire pour accueillir plusieurs familles – ainsi qu’une salle à manger avec des tables et des chaises hautes, un salon, une buanderie (lave-linge, sèche-linge, fer à repasser). Les espaces privés, ce sont les dix chambres composées de deux lits simples et disposant chacune d’une salle de bain (douche, lavabo, w.c.). Une des chambres est spécialement aménagée pour accueillir les personnes à mobilité réduite. Une connexion wi-fi est proposée gratuitement et un jardin extérieur est mis à disposition des familles. La Maison d’accueil offre aux résident.e.s tout le confort nécessaire. Dominique Vanden Broeck en témoigne :« Dans la salle commune, différentes cultures se mêlent et se côtoient. Cela permet de déconnecter après une journée passée à l’hôpital. On se fait comprendre comme on sait, et cela fonctionne. On partage des repas ensemble, des rires et des conseils, le temps d’un instant, pour faire oublier, la raison pour laquelle chacun est ici. Pour certains, ce séjour ne dure qu’une nuit ; pour d’autres, ce sont des mois, parfois plus d’un an. Chaque moment partagé compte et contribue à créer des liens précieux entre résidents et bénévoles. Une petite salle de jeux est disponible pour les enfants pouvant sortir ou juste avant leur l’hospitalisation. »

Michèle confirme : « Les familles parviennent aussi à créer des liens non seulement avec nous, les bénévoles, mais aussi entre eux.elles. Parce que finalement, ils.elles vivent tous.tes des choses plus ou moins similaires et sont ainsi centré.e.s sur la santé de leurs enfants. »  Et Dominique renchérit : « Malheureusement, nous ne disposons que de 10 chambres, et il est parfois difficile de devoir refuser une personne par manque de place. Pour nous, il n’y a pas de famille plus urgente ou prioritaire qu’une autre : chaque résident.e est important.e et mérite le même accueil. »

Maison d’accueil de l’HUDERF

Évolution et perspective

Michèle confie finalement qu’elle est toujours passionnée par ce qu’elle fait et qu’elle est encore prête à s’y consacrer tant que sa santé le permet. Car elle ne voit pas cela comme un travail, mais une façon de rester active et se sent utile. Cela lui permet d’avoir beaucoup de temps libre pour, notamment, s’occuper de ses petits-enfants. Elle se rappelle aussi de ses débuts et est contente de constater que les choses aient bien évolué depuis lors.

  • Les chambres de la Maison d’accueil n’étaient réservées qu’aux parents et les enfants restaient à l’hôpital.
  • Le partenariat avec l’Algérie. De ce fait, beaucoup de familles algériennes sont accueillies.
  • Les contraintes financières imposées par certains organismes de santé qui ajoutent, d’une certaine manière, une charge administrative et de gestion de la structure.
  • L’informatisation globale : les inscriptions, les fiches et les factures.

Des familles qui m’ont touchée, il y en a eu pas mal. C’est aussi pour nous une vraie leçon de vie. Ces familles vivent des choses difficiles, parfois très difficiles. Il y a des enfants qui décèdent, c’est une réalité. Heureusement pas très souvent, mais ça arrive. Et bon, ça permet de relativiser sur notre propre vie », conclut Michèle juste avant de nous quitter.

 

→ Pour contacter La Maison d’accueil :

Par e-mail : maccueilhuderf@gmail.com ou par téléphone :+32 (0)2 477 29 25 (uniquement durant les heures de permanences).
Adresse : J.J Crocq 19, 1020 Bruxelles
Site web : Maison d’accueil | Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola

Texte et photos :  Samuel Walheer

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