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Portrait : le métier de directrice d’une école à l’hôpital

C’est avec beaucoup d’enthousiasme que Frédérique Fremaux, directrice du niveau fondamental de l’École Robert Dubois située en plein cœur de Bruxelles, nous a ouvert les portes. L’idée de la rencontre : mettre en lumière les spécificités de son métier, découvrir son environnement de travail, comprendre les enjeux de l’enseignement de type 5 ainsi que les liens entretenus avec les enfants malades et leurs familles.

Frédérique Fremaux, directrice de l’école Robert Dubois Photo : Samuel Walheer

L’École Robert Dubois est ce qu’on appelle une école à l’hôpital. Elle propose un enseignement spécialisé de type 5 et accueille tous les enfants en obligation scolaire, à partir de 2 ans et demi jusque 21 ans. L’objectif principal de l’École R.B de la Ville de Bruxelles est d’accompagner les enfants malades, hospitalisés ou en convalescence dans leur parcours scolaire et de les maintenir à flot dans la vraie vie. Depuis le 8 septembre 2022, elle est subdivisée administrativement en deux : l’École Robert Dubois (fondamental) et Robert Dubois Secondaire. L’enseignement qu’elle propose est réalisé sur 7 implantations : l’H.U.B (Huderf et Erasme), l’Unité de jour pour jeunes enfants, les Ados de Robert Dubois, le C.H Jean Titeca, le C.H Le Domaine (ULB) et le Centre Ados (l’Équipe ASBL).

« À l’École Robert Dubois, on accueille des enfants tout-venant. Non seulement de Bruxelles, de Belgique, mais aussi de l’étranger. Certains enfants sont envoyés pour différentes pathologies qui sont, pour la plupart du temps, des pathologies cardiaques. Certaines familles viennent d’Algérie pour se faire soigner ici alors que d’autres arrivent depuis le Luxembourg. » Frédérique Fremaux, directrice de l’École Robert Dubois

« Parlez-nous de vous… »

Frédérique Fremaux a choisi son métier par vocation. Une première carrière d’institutrice primaire dans les écoles de la Ville de Bruxelles durant près de 25 ans. Un appel à candidature lui a offert la possibilité de changer d’environnement et de public. Peu de temps après son arrivée à l’École Robert Dubois, une nouvelle opportunité lui a permis d’être directrice dans ce même lieu, tout en prenant le train en marche. Frédérique explique : « Au départ, j’étais toute seule à gérer aussi bien le fondamental que le secondaire sur les sept sites. Cela a duré 6 ans avant qu’on puisse introduire un dossier pour scinder l’école en deux niveaux. C’est à ce moment-là que mon collègue Jeffrey Tallane m’a rejointe pour prendre la direction du niveau secondaire. Cela a été un vrai soulagement et j’ai même pu dégager du temps pour prendre également la direction du pôle territorial Alexis Sluys à la Ville de Bruxelles. Il s’agit d’une équipe pluridisciplinaire de 40 personnes composée de kinés, d’ergothérapeutes, de professeurs, d’éducateurs, de psychologues ou encore de psychomotriciens. Celui-ci intervient dans les écoles pour les élèves à besoins spécifiques. »

« Je me souviens encore de mon premier élève lorsque je suis arrivée à l’École Robert Dubois. Je l’ai eu pendant plus d’un an. Il souffrait d’un cancer et pourtant, il avait un moral d’acier. Il faut dire aussi que la famille était vraiment stimulante. Lorsque l’on était en classe et qu’il voyait que les autres n’avaient pas envie de travailler ou de prendre leur traitement, c’était lui le moteur. Il donnait la pêche à tout le monde, y compris nous. Et ça, c’était extraordinaire pour des enfants qui vivent une période difficile de leur vie. Quelle maturité ! J’ai toujours des contacts avec lui, 10 ans après. » Frédérique Fremaux

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Frédérique Fremaux, directrice de l’École Robert Dubois et Jeffrey, Tallane, directeur de Robert Dubois Secondaire Photo : Samuel Walheer

Que faites-vous au quotidien ? »

À l’École Robert Dubois, Frédérique Fremaux dirige une équipe composée d’une vingtaine de personnes. C’est dans un bureau partagé et fonctionnel, qu’elle travaille en étroite collaboration avec Jeffrey Tallane, directeur du niveau secondaire qui gère, quant à lui, pas moins de 78 acteurs. Ensemble, ils pilotent leurs équipes. Elles sont réparties sur sept implantations, avec deux grands axes : l’administratif et le pédagogique. À cet égard, Frédérique nous explique que le métier de directeur.rice a fortement évolué au fil du temps : c’est devenu très administratif et moins de temps est consacré au pédagogique. Elle ajoute : la partie médiation, avec les équipes éducatives ainsi qu’avec les familles, prend également beaucoup de mon temps. C’est réellement nécessaire et cela porte ses fruits. » Concernant le leadership, il est partagé entre les deux directions. Frédérique Fremaux nous assure se tenir au courant de tout ce qu’il se passe au niveau secondaire et c’est la même chose pour son collègue Jeffrey Tallane. Elle nous explique que cela permet, d’une part, de compter l’un.e sur l’autre et, d’autre part, de prendre le relais lorsque cela est nécessaire. « Il faut pour autant pouvoir déléguer ! » En effet, dans chacune des 7 implantations se trouvent des personnes ressources. Cela permet de disposer d’un suivi quotidien afin de pouvoir agir en cas de situations plus complexes. Frédérique Fremaux ajoute : « Faire tourner une école requiert de prendre en considération et d’entretenir de bonnes relations avec un bon nombre d’acteurs : les parents, les familles, les médecins, les intervenants externes, les élèves et leurs écoles d’origine, les sponsors et les associations. »

« Ce qui fait la fonction de direction, c’est le leadership. Il est primordial de se définir des objectifs pour donner du sens au travail que l’on fait. Travailler avec nos équipes et les familles, c’est tisser des relations professionnelles, de confiance voire parfois d’amitié. Et cela implique de prendre en compte la réalité humaine : les incompréhensions, les quiproquos, les frictions qui nécessitent de notre part des ajustements. Cela permet une meilleure gestion des situations et d’avancer ensemble pour atteindre nos objectifs. » Jeffrey, Tallane, directeur de Robert Dubois Secondaire

Couloir qui mène à l’École Robert Dubois

Partenaires des familles !

Pour les parents et les familles, rien n’est plus difficile que de voir son enfant tomber soudainement gravement malade et de le voir être si tôt hospitalisé. Les équipes de l’École Robert Dubois prennent soin des enfants et de leurs familles fragilisés qui ont toutes des besoins spécifiques. Parfois, les besoins ne sont pas adaptés à la réalité. Les directions doivent alors (s’)ajuster, expliquer et prendre des décisions pour le bien-être de leurs élèves. Comme l’explique Frédérique et Jeffrey : « Certains parents sont parfois étonnés qu’on leur mette la réalisé sous les yeux. Une réalité qu’ils ne veulent pas forcément voir. À savoir que leurs enfants ne retrouveront pas les mêmes capacités qu’ils avaient avant leur maladie. Dans le cas d’une tumeur, par exemple, l’enfant a été suivi pour un traitement durant plusieurs mois. Cela créé inévitablement des ravages et a des répercussions sur son état général : il va moins bien mémoriser et parfois être moins concentré. C’est une période difficile à vivre pour les parents et on le comprend, on en est témoin. D’ailleurs on est là aussi pour les soutenir et les informer. Les parents ne comprennent pas que leur enfant ne pourra pas retourner tout de suite dans son école d’origine ou alors, à l’inverse, croient que leur enfant restera pour toujours ici. Nous devons alors trouver les bons mots, tâcher d’être diplomate pour faire avancer les choses et rassurer les familles. »

Porte d’entrée de l’École Robert Dubois

Les élèves bénéficient d’une double inscription

La particularité de l’enseignement spécialisé de type 5 est que les élèves restent inscrits dans leur école d’origine. En effet, tous les élèves bénéficient d’une double inscription. Cela veut dire qu’ils sont pris en charge par l’école à l’hôpital de manière généralement temporaire avec comme objectif de les raccrocher à leur école d’origine. L’école à l’hôpital n’est pas certificative pour passer dans la classe supérieure. Lors des conseils de classe, l’équipe est toutefois bien consultée puisqu’il arrive souvent que l’école d’origine n’ait plus de contact pendant des mois, voire des années, avec l’élève durant son hospitalisation. Frédérique comme Jeffrey soulignent l’importance de créer dès le début une collaboration étroite avec l’école d’origine. Ils ajoutent : « on est amené à travailler avec tous les réseaux de l’enseignement. Les élèves tendent à bouger d’une institution à l’autre, en fonction de leurs projets de soins, et il est donc indispensable de conserver un bon suivi pour maintenir le jeune au plus près de la réalité. »

 

Pour y voir plus clair, voici les missions de l’enseignement de type 5 :

  • Permettre aux élèves de poursuivre leur scolarité malgré la maladie
  • Lutter contre le décrochage scolaire
  • Maintenir le lien avec l’école d’origine
  • Favoriser la confiance en soi et l’estime de soi
  • Permettre à l’élève d’envisager une réussite scolaire
  • Participer à une activité ludique en oubliant la maladie
  • Retrouver une vie d’élève

Une demande toujours plus grande

Ils nous l’assure tous deux, la demande est vraiment très forte ! L’état actuel des choses ne permet pas de combler les besoins de toutes les familles. C’est une réalité qui se retrouve dans toutes les institutions, notamment en psychiatrie, pour adolescents, pour les enfants, les listes d’attente sont conséquentes ! Jeffrey Tallane le confirme: « on essaye d’être le plus efficients et d’accueillir un maximum d’élèves. Pour leur bien-être et celui de leurs familles. Malheureusement, on est en grosse partie tributaires des stratégies médicales et des hôpitaux. Si un service ne fonctionne pas bien, cela peut impacter nos places disponibles. On essaie de jouer sur les moyennes et d’essayer d’absorber une part de cette demande importante pour que les jeunes concernés ne se retrouvent pas sans rien et finissent par tourner en rond à la maison. »

« Pour finir, je dirais que ce qui fait la spécificité de notre service, c’est que l’on dispose d’une équipe qui travaille en haut et qui monte au chevet des petits et des plus grands. C’est-à-dire en salle d’hospitalisation lorsque les enfants ne peuvent pas descendre jusque dans les classes. Nous les rejoignons depuis le services de soins intensifs, de chirurgie, d’oncologie, ou lors de dialyses. » Frédérique Fremaux

Portrait et photos réalisés par : Samuel Walheer

L’Hôpital des enfants (HUDERF), déjà 40 ans de loyaux services auprès des petits bruxellois

L’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola célèbre cette année ses 40 ans d’existence. L’HUDERF est l’unique hôpital belge exclusivement dédié aux enfants et aux adolescent.e.s, qui sont au cœur de sa création. En instaurant un lieu dédié à la pédiatrie à Bruxelles, l’objectif a été de répondre à une forte demande des familles ; à la fois médicale, psychologique et sociale. Hospichild ne pouvait pas passer à côté de cet anniversaire et profite de l’occasion pour partager quelques articles qui lui sont dédiés.

HUDERF ©

 

Sur son site, l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola retrace les éléments clés qui ont permis sa création il y a tout juste 40 ans. À l’initiative du projet : Robert Dubois – qui a donné son nom à l’école du même nom, dédiée aux enfants gravement malades à domicile ou hospitalisés. L’inauguration symbolique de l’hôpital a eu lieu en présence même de la Reine Fabiola ! Le développement du modèle pédiatrique a été pris en charge par Henri Louis Vis et le Pr.André Kahn.

→ Pour en savoir davantage sur la genèse de l’hôpital :  « 40 ans de l’HUDERF: La naissance d’un hôpital pour enfants au cœur de Bruxelles ».

« L’HUDERF est bien plus qu’un bâtiment. C’est un hôpital universitaire reconnu, un lieu où les soins, la recherche et la formation s’entrelacent au service de l’enfant et de sa famille. Derrière les figures fondatrices, ce sont des générations de professionnel.le.s qui ont façonné, jour après jour, une institution devenue incontournable. »

Des soins spécifiques et adaptés

Cela fait donc 40 ans que l’HUDERF existe et est devenu un centre hospitalier de référence pour les jeunes et leurs familles. Elle poursuit donc trois missions : la première étant de soigner et d’accompagner l’enfant, l’adolescent et leurs proches, via une prise en charge globale, multidisciplinaire et humaniste. Ensuite, elle participe à la recherche innovante et permet de développer les connaissances dans le domaine. Pour finir, elle contribue à l’éducation à la santé et assure également un enseignement de qualité.

Pendant longtemps, les enfants ont été soignés comme de petits adultes. À Bruxelles, la pédiatrie existait, mais sans lieu propre, sans structure pensée pour répondre à la complexité médicale, psychologique et sociale de l’enfant malade. Peu à peu, une conviction s’impose chez plusieurs médecins : soigner un enfant exige une approche spécifique, à la fois scientifique et profondément humaine. Parmi eux, le nom de Robert Dubois s’impose. Formé à l’international, il défend une pédiatrie moderne, attentive aux maladies chroniques, à la nutrition, au métabolisme, mais aussi à la dimension psychologique et sociale du soin. Sous son impulsion, l’enseignement se structure et la recherche trouve une place durable au cœur de la pratique clinique. » – HUDERF

Hospichild, allié sans failles de l’HUDERF

En tant que site web d’informations non médicales autour de l’hospitalisation de l’enfant qui aborde les aspects administratifs, économiques, scolaires, l’emploi des parents, les services pédiatriques bruxellois ou encore les associations d’aide, Hospichild partage quotidiennement des articles sur l’actualité pédiatrique. L’HUDERF en fait partie et voici quelques-uns des derniers articles partagés à son propos sur notre plateforme :

  • Baptisée « Unité Nourrisson », la nouvelle unité hospitalière de l’Hôpital des enfants (HUDERF) se situe à la salle 68. Elle s’adresse spécifiquement aux tout-petits âgés de 0 à 2 ans qui, pour la plupart, sont hospitalisés pour des pathologies aiguës, chroniques ou postopératoires. Un suivi pluridisciplinaire à la pointe pour ces enfants avec une place tout particulière pour leurs parents. Nouvelle unité pour les tout-petits à l’HUDERF : l’unité Nourrison
  • Juste avant les vacances, l’Hôpital des Enfants mettait en lumière un de ses multiples moyens d’apaiser les enfants hospitalisés : des poupées pédagogiques appelées Kiwanis. Cet outil innovant a fait son apparition dans le service des soins intensifs pour rendre les procédures médicales plus accessibles et moins intimidantes pour les jeunes patients. Des poupées en pédiatrie, mais pour quoi faire ?
  • Après le succès de l’édition précédente, les Nounours sont de retour à l’Hôpital des Enfants (Huderf) ! Accompagnés de leurs parents, les enfants âgés de 4 à 11 ans pourront ainsi évoluer dans un milieu hospitalier souvent méconnu. En amenant leurs doudous malades ou blessés, l’objectif est de sensibiliser les enfants de manière ludique et adaptée au monde médical. Cette édition a eu lieu le samedi 24 mai 2025, les pré-inscriptions sont ouvertes ! Hôpital des Nounours : une nouvelle édition pour familiariser les enfants au monde médical
  • Pour pallier la douleur chronique chez les jeunes, l’Hôpital des Enfants (HUDERF) propose depuis quelques années un programme de revalidation basé sur une approche dite « biopsychosociale »; un accompagnement individualisé par une équipe pluridisciplinaire qui, pour la traiter, reconnait la douleur chronique dans un ensemble de causes à effets. Car, selon les statistiques, la douleur chronique touche près de 30% des enfants en âge scolaire. Et la plupart du temps, elle ne se voit pas, ou très peu, mais elle impacte considérablement le quotidien des plus jeunes. En effet, elle affecte le bien-être physique, les interactions sociales, la scolarité ou encore les moments de temps libre. À Bruxelles, un programme de revalidation pour soigner la douleur chronique chez les enfants
  • « Être infirmière en oncologie pédiatrique, cap ou pas cap ? » est un court-métrage diffusé le 23 juillet 2024 sur le site de l’Hôpital des Enfants. Touchant et réaliste, le film présente pendant une dizaine de minutes le quotidien des infirmières au sein du service d’hémato-oncologie pédiatrique de l’HUDERF. Trop souvent mal perçu, on découvre un métier qui a du sens, grâce à une équipe remplie de bonne humeur et de bienveillance, malgré des moments plus compliqués. En témoignent les parents d’enfants anciennement ou actuellement patients au sein du service. Court-métrage immersif et touchant sur le métier d’infirmière en oncologie pédiatrique

↓ Vidéo retraçant les grandes étapes qui ont marqué la naissance de l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola ↓

 

Samuel Walheer

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Journée mondiale des câlins : que deviennent les câlineurs de bébés ?

Depuis 2019, l’asbl Les Câlineurs de bébés offre du réconfort aux nouveau-nés hospitalisés lorsque leurs parents ne peuvent pas être présents. Une mission simple en apparence – prendre un bébé dans les bras – mais dont les effets sont profondément bénéfiques, tant sur le plan émotionnel que physiologique. En ce 21 janvier, journée mondiale des câlins, l’occasion est idéale pour mettre une nouvelle fois en valeur ces bénévoles au grand cœur. 

Hospichild suit cette association depuis le tout début, en 2019. Un engouement s’est rapidement créé autour de l’initiative et de nombreux bénévoles ont voulu prendre part à l’aventure. Câliner des bébés, il faut dire que ça fait rêver… Mais l’intérêt doit pourtant être avant tout tourné vers le bébé. Car l’association se rend justement utile lorsqu’il y a un manque ; bien que le bénévole ne se substitue jamais aux parents. L’idée est d’agir en complément, dans un esprit de soutien à la relation parent-enfant, en veillant à ce que les tout-petits ne soient pas privés de contact humain dans des moments de grande vulnérabilité. La présence apaisante du câlineur favorise ainsi le bien-être des bébés et rappelle l’importance de considérer l’aspect émotionnel des soins, au-delà des gestes médicaux.

Offrir réconfort et douceur

La mission des Câlineurs de bébés consiste à offrir réconfort et douceur aux nouveaux-nés hospitalisés lorsque leurs parents ne peuvent pas être présents. Les bénévoles ne remplacent pas les proches, mais complètent et soutiennent la relation parent-enfant. Leur présence apaisante favorisent le bien-être des bébés. Cette initiative, axée sur la compassion et la solidarité, souligne l’importance de prendre en compte l’aspect émotionnel des patients en plus des soins médicaux, inspirant ainsi une culture de soins humains dans les hôpitaux où l’association est active.

Notre relais tendresse s’adresse aux bébés dont les parents ne peuvent être présents de manière continue lors de leur séjour à l’hôpital mais également aux bébés en attente de placement ou d’adoption. » Lu sur le site Les câlineurs de bébés

→ Vers le site web de l’association Les câlineurs de bébés – De babyknuffelaars

Les débuts en 2019 à l’Hôpital des Enfants

L’association a commencé à câliner les bébés de l’Hôpital des enfants en mars 2019. Un groupe Facebook privé, lancé dans la foulée, a rassemblé près de 850 membres (pour près de 5.000 followers aujourd’hui) de toute la Belgique, témoignant leur intérêt pour le projet. Mélanie McCluskey, l’une des initiatrices, déclarait à l’époque : « Nous avons – enfin !- débuté en mars, à l’HUDERF à Bruxelles. Nous avons commencé par les soins intensifs des tout petits, puis nous avons suivi l’un d’eux à l’étage des revalidations pédiatriques et, à présent, nous sommes sur le point d’entrer dans l’unité néonatale (prématurés). L’accueil est incroyable autant par le personnel que par les parents et leurs bébés évidemment. Selon le personnel médical, les effets sur les bébés câlinés sont déjà visibles et très positifs. Quel encouragement pour nous ! » Les demandes de bénévolat étaient déjà nombreuses à ce moment-là et n’ont fait que croître ; à tel point que les Câlineurs de bébés ont décidé de ne plus autant communiquer sur l’association. Car le recrutement s’avère très sélectif, avec des conditions déontologiques, hygiéniques et psychologiques strictes.

Une belle ascension bruxelloise

À Bruxelles, l’asbl Les Câlineurs de bébés est solidement implantée dans plusieurs hôpitaux. Elle est active, depuis 2019, à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola (HUDERF), sous l’égide de Francine de Bisscop. Les bénévoles y interviennent dans de nombreux services : néonatalogie, soins intensifs pédiatriques, oncologie, néphrologie, cardiologie, pédiatrie et unités nourrissons. L’équipe, composée actuellement de 24 câlineuses, assure une présence quotidienne, organisée en plages horaires, en étroite coordination avec les équipes soignantes.

  • Dès la fin de 2019, l’Hôpital Delta-Chirec a fait partie de l’aventure.
  • Les Cliniques universitaires Saint-Luc, quant à elles, accueillent l’association depuis trois ans. Les bénévoles y interviennent dans sept services, dont la néonatologie, cinq services de pédiatrie et les soins intensifs pédiatriques. Depuis juin 2024, plus de 130 bébés y ont bénéficié de moments de câlins et de réconfort.
  • Depuis 2024, les Câlineurs sont également présents au CHU Brugmann (U53 – néonatalogie), ainsi qu’aux Hôpitaux Iris Sud – site d’Ixelles, où une convention a été signée en février 2024. L’équipe y intervient principalement en néonatalogie, notamment auprès de bébés placés ou en attente d’adoption, mais aussi lorsque des parents ne peuvent être présents. 
  • Enfin, le HUB Erasme a rejoint l’aventure en juin 2025. Les premières collaborations sont en cours avec les unités néonatale et pédiatrique, notamment dans le cadre de projets visant à limiter la séparation parents-bébés, avec des interventions ciblées lorsque les nourrissons se retrouvent seuls.

→ En savoir plus grâce au rapport d’activité de l’asbl 

 

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Focus sur l’Unité de réanimation pédiatrique à l’hôpital de La Louvière, 25 ans d’existence

Pour bien finir 2025, Hospichild met à l’honneur l’unité de réanimation pédiatrique de l’Hôpital Helora situé à La Louvière. Depuis 25 ans – cette année –, elle offre aux jeunes patients une prise en charge personnalisée et spécialisée ; interventions chirurgicales complexes, voire lourdes, ou situations médicales critiques. En plus de son équipe multidisciplinaire et sa technologie à la pointe, l’unité collabore souvent avec d’autres services d’hôpitaux bruxellois comme l’Huderf ou les Cliniques universitaires Saint-Luc.

 

Les membres de l’équipe des soins intensifs pédiatriques sont aux petits soins : à l’écoute des enfants et des parents durant leur séjour. Pour mettre en lumière ce travail quotidien depuis 25 ans, un journée scientifique avec des spécialistes belges étrangers s’est déroulée pour célébrer cette anniversaire à l’université de Mons en collaboration avec la Belgian Pediatric Intensive Care Society. « Nos échanges nous ont permis de faire le point sur la prise en charge des enfants en réanimation pédiatrique. » Dr Jean Papadopoulos, chef de service des soins intensifs pédiatriques à l’hôpital de La Louvière, site de Jolimont, pour le CHU Helora

Pour quel public ?

À l’unité des soins intensifs pédiatriques de l’Hôpital Helora de La Louvière, tous les enfants et adolescents qui voient leur état de santé mis en mal peuvent être pris en charge. D’ailleurs, la plupart d’entre eux proviennent d’autres hôpitaux de la région et sont amenés par une équipe médicale dans une ambulance spécialement équipée, comme le déclare le Dr Jean Papadopoulos, chef de service des soins intensifs pédiatriques : « C’est suite à la demande d’un pédiatre ou de tout autre médecin qui juge que l’état de l’enfant justifie une prise en charge dans notre unité. » Les jeunes patients pris en charge par le service présentent :

  • Une insuffisance respiratoire
  • Des infections graves comme des pneumonies compliquées, des chocs septiques ou des méningites
  • Des pathologies traumatiques graves
  • Des aspects neurochirurgicaux
  • Une prise en charge en période post-opératoire (ORL, thoracique, digestive…)

Une équipe et des technologies à la pointe

Nous devons savoir gérer une situation avec des enfants de 15 ans ou d’à peine 3 mois. Notre équipe est spécialement formée pour surveiller et soigner les enfants victimes d’une maladie, d’un accident ou devant subir une intervention chirurgicale, le tout, dans un service équipé des outils technologiques les plus récents. » Dr Jean Papadopoulos, chef de service des soins intensifs pédiatriques à l’hôpital de La Louvière, site de Jolimont, pour le CHU Helora

Pour une prise en charge moyenne de 400 enfants sur une année, le service fonctionne grâce à une équipe multidisciplinaire composée, notamment, de 6 médecins qui se relayent sept jours sur sept. Au centre des préoccupations, l’enfant bien sûr mais avec une compréhension de ce public spécifique qui nécessite une prise en charge adaptée, comme le déclare à nouveau le Dr Jean Papadopoulos, dans le journal : « L’enfant n’est pas un mini-adulte, il réclame une approche thérapeutique qui lui est propre tant au niveau des médicaments, que de la gestion de la douleur. » Et pour bien faire, voici quelques-uns des outils dont s’est muni l’hôpital : une ventilation non invasive/invasive, une ventilation avec monoxyde d’azote, une ventilation haute fréquence, une épuration extra rénale ou encore une mesure des débits cardiaques par la technologie PICCO.

→ Pour en savoir plus sur le service des soins intensifs pédiatriques à l’hôpital de La Louvière

Le service a également développé la prise en charge de patients qui nécessitent une hémodiafiltration pour insuffisance rénale aiguë ou décompensation métabolique ainsi que les techniques de bronchoscopies et d’échographie au lit du patient pour l’aide à la décision thérapeutique rapide. » Lu sur le site de l’hôpital de La Louvière, site de Jolimont.

↓ Découvrir la vidéo de présentation de l’unité de réanimation pédiatrique de l’Hôpital Helora de La Louvière ↓

 

 

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Handicaps invisibles : le tournesol comme symbole international d’inclusion dans certains lieux publics

En Belgique, 660 000 personnes sont en situation de handicap. Parmi elles, 80% vivent avec un handicap invisible – difficultés d’apprentissage, douleurs chroniques, autisme, problèmes de santé mentale… – qui impacte leur quotidien mais qui n’est pas forcément reconnu. C’est souvent dans des situations de vie que le problème se pose ; les lieux publics, les transports en commun, au travail ou lors d’événements. Pas de privilèges mais juste un besoin d’assistance, de bienveillance, d’un peu de temps et de patience. C’est en ce sens que le tournesol a été associé à la cause : un symbole, un badge, une carte ou un pin’s, qui signale aux autres, dans certains lieux publics, que l’on est porteur d’un handicap invisible, sans même devoir le dire.

C’est en 2016, à l’aéroport de Gatwick, à Londres, que le Sunflower Lanyard Scheme a été initié pour ensuite être popularisé par d’autres organismes à travers le monde : aéroports, gares, musées, commerces, écoles,… Fleur lumineuse et symbole fort sur fond vert, le tournesol a été choisi pour sa visibilité, sa chaleur et son caractère positif. Il évoque la lumière, la croissance et l’ouverture ; des valeurs de respect, d’acception et d’inclusion.

« Handicap invisible », kesako ?

Alors que les handicaps physiques se voient, les handicaps invisibles, eux, le sont peu voire pas du tout. Au regard du grand public, pas forcément en alerte aux signes d’un handicap invisible, voici quelques-uns d’entre eux :

  • Des troubles cognitifs ou neurologiques : autisme, TDAH, lésions cérébrales, migraines, épilepsie, dyslexie…
  • Des maladies chroniques : fibromyalgie, lupus, Crohn…
  • Des troubles psychiques : dépression, troubles bipolaires, schizophrénie, anxiété,…
  • Des déficiences sensorielles : surdité partielle, troubles visuels…

Comment soutenir l’initiative ?

Pour que les handicaps invisibles soient davantage connus au yeux du grand public et surtout pris en compte dans les lieux publics, quelques actions peuvent changer les choses :

  • Informer : partager le sens du symbole autour de soi.
  • Former : sensibiliser les équipes dans les lieux publics.
  • Reconnaître : être attentif aux personnes qui le portent.
  • Respecter : ne pas poser de questions intrusives, mais offrir son aide si besoin.

→ Trouver un lieu qui prend en compte le tournesol

→ Pour en savoir plus : HDS – Monde

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