Actus

Davantage de moyens pour le suivi diététique des enfants obèses

5 millions d’euros viennent d’être débloqués par la ministre de la Santé publique, Maggie De Block, pour améliorer le remboursement du suivi des enfants obèses chez le diététicien. Une  initiative saluée qui serait néanmoins loin d’être suffisante.

En Belgique, 20% des enfants sont en surpoids et 7% seraient même obèses. Un constat alarmant qui a poussé la ministre De Block à agir financièrement. Les millions débloqués serviront à rembourser une série de consultations chez le diététicien. Une mesure positive, mais réellement insuffisante selon les spécialistes de l’obésité.

Consultations remboursées

Les enfants souffrant d’obésité ont maintenant droit au remboursement de 6 séances de minimum 30 minutes chez le diététicien. Elles correspondent à une durée de traitement de 6 mois et doivent être prescrites par le médecin traitant.

Les enfants et leurs parents ne devront dorénavant plus passer par des centres spécialisés. Cette modification a donc pour objectif d’améliorer l’accessibilité des visites chez un diététicien.

Mesure insuffisante

« Considérer uniquement le suivi diététique d’un enfant obèse est totalement insuffisant. On le sait bien, ça fait des années qu’on propose la diététique et ça ne suffit pas ! » a expliqué, à la RTBF, le Docteur Marie-Christine Lebrethon – cheffe de clinique au CHU de Liège / centre de l’obésité pour enfants et adolescents. 

Selon elle, il faut également agir sur d’autres tableaux :

  • Inciter aux activités physiques et proposer un accompagnement personnalisé
  • Faire en sorte de diminuer la sédentarité
  • Comprendre le fonctionnement familial
  • Proposer un suivi psychologique
  • Etc.

L’obésité : un problème de santé publique

La surcharge pondérale et l’obésité sont deux problèmes de santé publique très importants. Tant au niveau européen qu’au niveau mondial, le nombre de personnes en surpoids et obèses augmente chaque année et dans des proportions préoccupantes. Le surpoids et l’obésité sont à l’origine de nombreux problèmes de santé, tels que le développement de maladies chroniques, de maladies musculaires et de certains cancers.

L’obésité infantile augmente fatalement le risque d’obésité à l’âge adulte. Cela peut également engendrer un décès prématuré ou des limitations fonctionnelles.

L’intervention dans le régime alimentaire des enfants est une des manières d’atteindre une perte de poids significative et d’ainsi réduire les risques liés à l’obésité. Mais encore une fois, d’autres facteurs doivent être pris en compte pour que l’impact positif soit réel.

Santé mentale des mineurs : la prise en charge s’améliore

« 70% des services de santé mentale à Bruxelles disposent actuellement d’une équipe enfants-adolescents », s’est récemment réjouit Cécile Jodoigne, ministre bruxelloise francophone de la Santé et de la Fonction Publique, au sein d’un communiqué. Elle s’est par ailleurs félicité d’avoir augmenté, depuis 5 ans, le budget consacré à ce secteur et d’avoir permis aux Services de Santé Mentale (SSM) de renforcer leurs équipes. 

« Dès 2016, je me suis engagée à renforcer les équipes qui travaillent avec des enfants et des adolescents dans le secteur de la santé mentale.

Nouvelles équipes agréées

Quatre nouvelles équipes travaillant avec des enfants et adolescents ont donc été agréées depuis lors et j’ai augmenté le cadre pour onze équipes déjà agréées.

Résultat : aujourd’hui + de 70 % des services de santé mentale (Ndlr : il y en a 22 à Bruxelles) disposent d’une équipe enfants-adolescents subventionnée, composée de pédopsychiatre, psychologue, fonction sociale, et également de psychomotricien(ne) et de logopède.

Favoriser le dépistage précoce

En 2016, les moins de 24 ans représentaient déjà 31% de la population bruxelloise et une croissance du nombre de jeunes enfants pour les années à venir était une projection vraisemblable, confirmée par les projections démographiques.

Favoriser le dépistage précoce était alors une des pistes pour éviter au plus tôt les problèmes de santé mentale. Les difficultés induites par la précarité ou les relations problématiques avec le milieu de vie doivent être repérées à temps. Et pour les jeunes vivants avec des souffrances psychosociales, un dispositif de prise en charge élargi est nécessaire pour prévenir la persistance de troubles du développement. »

Budget conséquent pour la santé mentale

Depuis 5 ans, le budget consacré à la santé mentale à Bruxelles a été augmenté de 17,4%. Les 22 Services de Santé Mentale (SSM) assurent chaque année le suivi de 20.000 patients. Ces services doivent en plus veiller à s’adapter aux évolutions sociétales telles que la croissance du nombre d’enfants contraints d’évoluer dans des contextes difficiles.

Bientôt plus de supplément en pharmacie de garde pour les urgences

Les suppléments sur les médicaments facturés dans les pharmacies le soir ou le week-end seront bientôt de l’histoire ancienne. Mais attention, ce changement ne s’applique que pour les ordonnances médicales urgentes. 

Maggie De Block, ministre de la Santé, annonce, au sein d’un communiqué de presse publié ce mardi 26 février, « qu’il n’y aura bientôt de supplément à payer à la pharmacie de garde le soir ou pendant le week-end pour une ordonnance médicale urgente. » Et c’est une bonne nouvelle, car à l’heure actuelle, le patient paye parfois un supplément de 5 euros sur ses médicaments.

Compensation pour les pharmaciens

En contrepartie, la ministre introduit une compensation de permanence pour les pharmaciens de garde. Les pharmaciens recevront donc une compensation de l’État pour les gardes de nuit (de 22 h le soir à 8 h du matin). Et ce, grâce à un budget de près de huit millions d’euros débloqué en 2019 pour les services de garde des pharmaciens.

Le système actuel consiste en un honoraire de garde par médicament vendu. « Les pharmaciens de garde n’ont parfois aucun client pendant la nuit et ils ne reçoivent alors aucune compensation. Ce ne sera bientôt plus le cas », explique Maggie De Block.

Valable uniquement en cas d’urgence

Il s’agit d’un service important pour les patients dans des situations d’urgence. « Pensez aux personnes qui doivent aller en urgence chez le médecin le soir après le travail », souligne la ministre. « Ils pourront ensuite se rendre à la pharmacie de garde pour leurs médicaments sans devoir payer de supplément. »

Pendant une garde, les pharmaciens ne feront plus payer de supplément aux patients pour les médicaments sur ordonnance. « Sauf s’il s’agit clairement d’un cas qui n’est pas urgent », ajoute la ministre De Block. « Si ce n’est pas urgent, il est préférable de les acheter pendant les heures normales d’ouverture. »

Les soins palliatifs pédiatriques enfin défendus au Sénat

Bonne nouvelle pour le secteur des soins palliatifs pédiatriques; ses revendications vont enfin être portées au Sénat ! Il s’agit d’une avancée majeure, car le débat s’étendra ainsi à tous les niveaux de pouvoir. 

Dans peu de temps, les trois fédérations de soins palliatifs du pays, les équipes de liaison pédiatriques, ainsi que d’autres acteurs importants du secteur, iront exposer leurs attentes et leurs revendications devant les membres du Sénat. L’objectif principal qui sera défendu, et qui est repris au sein du récent mémorandum co-signé par les trois fédérations, est que « tous les enfants atteints de maladies chroniques complexes et leurs familles aient enfin droit à une qualité de vie jusqu’au bout ». 

Mémorandum

« Il est urgent de mieux reconnaître les spécificités des soins palliatifs pédiatriques et de combler les lacunes en matière d’offre en Belgique » , est-il revendiqué au sein de ce mémorandum publié le 7 février 2019. Un constat qui provient d’une part, d’une récente étude scientifique belge commanditée par la Fédération Bruxelloise des Soins Palliatifs (FBSP) et d’autre part, de l’absence de prise en compte, depuis 2010, des évolutions socio-démographiques et médicales du secteur.

Ce qui est principalement revendiqué est décrit en quelques points au sein du document :

  1. Adapter le statut palliatif et la nomenclature des soins infirmiers à domicile aux spécificités pédiatriques.
  2. Renforcer les formations en soins palliatifs pédiatriques.
  3. Inclure dans le réseau d’aides à domicile, centralisé par les plates-formes , des bénévoles formés spécifiquement en soins palliatifs pédiatriques.
  4. Revaloriser le financement des 5 équipes de liaison pédiatriques (adjonction à chaque équipe de 0.5 ETP pédiatre spécialiste, 0.5 ETP psychologue, 0.5 ETP assistant social).
  5. Renforcer le soutien aux structures d’hébergement et de répit.
  6. Valoriser le Belgian Paediatric Palliative Care Group (BPPC group).
  7. Inclure les soins palliatifs pédiatriques dans une campagne de sensibilisation.

Lire le mémorandum complet 

Transmis il y a quelques semaines aux députés des Commissions Santé des différentes entités du pays, le mémorandum n’aura donc pas mis longtemps à porter ses fruits. En effet, après un premier plaidoyer de la cause devant des députés bruxellois en décembre dernier, c’est à présent au Sénat que les soins palliatifs pédiatriques seront défendus. 

Jeudi de l’Hémicycle

Pour rappel, le 6 décembre dernier, la FBSP avait rassemblé autour d’elle une série de professionnels actifs dans le secteur des soins palliatifs pédiatriques (dont Hospichild) afin de participer à un « Jeudi de l’Hémicycle » organisé par le Parlement Francophone Bruxellois. Les députés présents ce jour-là ont bien entendu les revendications, mais ont tout de suite suggéré de faire remonter les demandes au niveau Fédéral. En effet, le Sénat sera plus à même de les concrétiser et de « combler les lacunes ».

« Signal fort » envoyé à l’État belge sur les droits de l’enfant

« Le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies demande à la Belgique d’accorder une attention urgente aux enfants les plus vulnérables. » C’est ce qu’on peut lire au sein d’un communiqué de presse publié hier soir (07/02/2019) par la Coordination des ONG pour les droits de l’enfant (la CODE). Cette dernière a en fait résumé les recommandations tout juste émises par le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies à la Belgique en matière de protection de l’enfance. 

Et la CODE n’est pas la seule à soutenir l’initiative puisque le communiqué a été co-signé par de nombreux acteurs actifs dans la défense des droits de l’enfant. Parmi eux : la Kinderrechtencoalitie Vlaanderen (coupole de 25 ONG), les instances indépendante que sont le Délégué général aux droits de l’enfant, le Kinderrechtencommissariaat, Unia, Myria et le Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, ainsi que Défense des Enfants International DEI Belgique et UNICEF Belgium.

55 recommandations

« Le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies a tenu sa 80ième session les 24 et 25 janvier dernier à Genève. Dans ses 55 recommandations adressées à la Belgique, il réclame, notamment, la fin de la détention des enfants migrants, l’inclusion des enfants en situation de handicap dans l’enseignement général et la gratuité effective de l’école. Le Comité s’inquiète, par ailleurs, du niveau élevé de pauvreté infantile marqué par des disparités importantes selon les régions en Belgique.

Dans ses recommandations publiées aujourd’hui, le Comité des droits de l’enfant insiste particulièrement sur la situation des enfants vulnérables en Belgique. A cet égard, il met en lumière les réalités rencontrées par les enfants en situation de handicap (enseignement, placement en institution) ; l’augmentation du nombre de jeunes concernés par les questions de santé mentale ; les conséquences de la pauvreté, en termes, entre autres, de logement et de possibilité d’accéder à un niveau de vie digne ; la fragilité particulière des enfants de l’exil qu’ils soient ou non accompagnés ; et sur les questions de justices juvéniles.

Le Comité a aussi rappelé plusieurs de ses recommandations précédentes qui concernent notamment la suppression du recours aux mesures qui permettent de traduire des mineurs d’âge devant la justice des adultes, l’interdiction formelle des châtiments corporels et de tenir toujours compte de l’intérêt supérieur de l’enfant dans toutes les décisions qui sont prises et qui les concernent.

Par ailleurs, le Comité s’inscrit dans l’actualité en réclamant que la Belgique facilite le rapatriement de tous les enfants belges, avec leur famille chaque fois que c’est possible, des anciennes zones de conflit détenues par Daesh en territoires irakien et syrien. Il évoque aussi les questions climatiques, l’importance de protéger les enfants belges des conséquences néfastes sur leur santé d’une mauvaise qualité de l’air.

Les observations finales du Comité à la Belgique consistent en 55 recommandations qui concernent tous les domaines de la vie des enfants en Belgique. Ces recommandations sont un indicateur important de l’état de santé des droits de l’enfant dans notre pays.

« Un signal fort envoyé à l’État belge »

Les organisations non-gouvernementales et les institutions indépendantes de défense des droits de l’enfant et des droits humains se félicitent du signal fort envoyé à l’État belge. Ces structures ont participé au rapportage alternatif à la position officielle de la Belgique sur la situation des droits de l’enfant dans le pays. Elles reconnaissent les efforts déployés par les autorités belges pour améliorer le respect des droits de tous les enfants chez nous. Dans le même temps, elles soulignent qu’il reste encore des défis importants à relever. L’année 2019 marque le 30e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant et, avec les élections prévues en mai, l’occasion idéale de travailler pour une meilleure protection de chaque enfant en Belgique.

Contexte

Depuis son adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies le 20 novembre 1989, la Convention internationale relative aux droits de l’enfant (CIDE) est le traité de l’ONU relatif aux droits de l’homme le plus largement ratifié et surveillé. A ce jour, il a été ratifié par tous les États membres de l’ONU sauf un (les Etats-Unis).

Le Comité des droits de l’enfant est composé de 18 experts indépendants chargés de surveiller la mise en œuvre de la CIDE par ses États parties.

La Belgique a ratifié la Convention et ses trois protocoles. Elle doit donc faire l’objet d’un examen régulier quant à la manière dont elle met en œuvre les recommandations antérieures du Comité, la Convention et ses protocoles facultatifs. Cet examen périodique permet d’évaluer régulièrement les progrès réalisés par l’Etat belge dans l’application de la CIDE. »

Rappel des signataires

La Coordination des ONG pour les droits de l’enfant (CODE) et la Kinderrechtencoalitie Vlaanderen (coupoles de respectivement 15 et 25 ONG), les instances indépendante que sont le Délégué général aux droits de l’enfant, le Kinderrechtencommissariaat, Unia, Myria et le Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, ainsi que Défense des Enfants International DEI Belgique et UNICEF Belgium.

→ Lien direct vers les Observations finales