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Dynam’Autes a cinq ans et veut (toujours) « créer du lien dans les moments creux » de la prise en charge des jeunes autistes

Constituée en asbl en 2018, Dynam’Autes est un service d’accompagnement, de loisirs et de répit pour enfants et adolescents (de 3 à 16 ans) porteurs de troubles du spectre de l’autisme. Une association qui vient tout juste de fêter ses cinq ans d’existence ! Il y a deux ans, Samuel Engels, directeur et éducateur (qui vient de quitter ses fonctions), et Armonie Offermans, éducatrice, étaient venu dans les locaux d’Hospichild pour parler de Dynam’Autes, mais également de la prise en charge de l’autisme en général. 

Dynam'Autes asbl
Dans les locaux d’Hospichild ; l’équipe de l’asbl Dynam’Autes : Samuel Engels, directeur et éducateur, et Armonie Offermans, éducatrice.   Crédit photo : Sofia Douieb

 

Après avoir constaté un manque criant d’activités extra-scolaires adaptées pour les enfants avec autisme, plusieurs membres de l’école ‘Les Astrôn’Autes’, établissement spécialisé de type 2, ont décidé de créer l’asbl Dynam’Autes. D’abord gérée de manière bénévole, l’asbl est, depuis peu, subsidiée par le service Phare et Cap 48. Elle est à présent reconnue  comme service d’accompagnement, de loisirs et de répit pour les jeunes autistes. Pour nous en parler, Samuel et Armonie, éducateurs spécialisés de formation et engagés professionnellement dans l’asbl, se livrent sans filtre et avec passion sur leur implication auprès de ces enfants hors du commun.

{Interview effectuée en 2020}

De l’urgence de pallier le manque d’activités extrascolaires pour les enfants autistes

En tant que service d’accompagnement, de répit et de loisirs, Dynam’Autes articule ses activités autour de cinq missions de base : accompagner les enfants dans l’acquisition de nouvelles compétences dans un objectif d’inclusion, améliorer l’accueil et la prise en charge de ces enfants en créant du lien par exemple, dispatcher l’information à propos de l’autisme via divers canaux de communication, organiser des périodes de loisirs inclusifs et, finalement, sensibiliser et démystifier le handicap par différents biais.

Quelles activités proposez-vous Au sein de l’asbl ?

Samuel : « Jusque fin 2019, l’asbl proposait uniquement des activités ponctuelles, telles que des journées d’échanges autour de la thématique, des activités destinées à récolter des fonds, un stage inclusif avec quatre enfants autistes dans un groupe d’une quarantaine de jeunes. Mais ces initiatives n’étaient pas systématiques et trop dispersées dans le temps et ne répondaient pas vraiment au besoin de prise en charge extrascolaire sollicité par de nombreux parents. 

Le fait d’avoir obtenu des subsides nous permet à présent de professionnaliser nos activités afin d’en proposer tout au long de la semaine aux enfants concernés.

Mais nous ne sommes que dans la phase préparatoire pour le moment… Et nous n’avons même pas encore de local ! Ce qui ne nous empêche pas d’organiser une formation (répartie sur 1 an) d’animateurs d’enfants autistes en milieu extrascolaire, ainsi que des journées de sensibilisation à l’autisme dans les écoles supérieures. »

POUVEZ-VOUS DÉCRIRE À QUOI RESSEMBLERA UNE SEMAINE TYPE CHEZ DYNAM’AUTES ?

Samuel : « Une fois qu’on sera prêt et qu’on aura un lieu pour accueillir les enfants, Dynam’Autes proposera différents type d’activités tout au long de la semaine. Hors vacances scolaires, les mardis et les vendredis seront consacrés à l’accompagnement; c’est à dire qu’on va rencontrer les familles, préparer les outils pour accompagner au mieux les enfants… Les mercredis après-midis, nous envisageons de nous rendre au sein des écoles pour proposer des activités. Les jeudis seront consacrés au répit; donc une prise en charge des jeunes (deux à la fois) toute la journée. Et enfin, les samedis, des loisirs variés seront proposés. 

Lors des vacances scolaires, plusieurs stages seront organisés. Par exemple, un séjour résidentiel de trois jours avec cinq enfants autistes (non inclusif), ou cinq jours non inclusifs d’activités et de loisirs dans nos locaux, ou encore, toute une semaine d’activités en inclusion dans nos locaux…

Quels sont vos projets à court ou moyen terme ?

Samuel : « Le but escompté est d’obtenir l’agrément pour devenir officiellement le 2e service d’accompagnement de l’autisme à Bruxelles (à côté du Susa Bruxelles).

En 2021, il faudra donc montrer que notre projet tient la route et qu’on est réellement en mesure d’appliquer les directives qui incombent à ce statut. Nous voulons également engager une troisième personne dans l’asbl pour renforcer notre petite équipe. » 

Patience et travail en équipe : les maîtres-mots de la prise en charge de l’autisme

Samuel et Armonie s’investissent, depuis leur sortie de l’école, dans l’accompagnement d’enfants autistes. Tous les deux ont fait des stages au SUSA et ont tout de suite, ou presque, ressenti l’intérêt de poursuivre dans cette voie. Le métier, qui est plutôt une vocation, est loin d’être facile et demande un effort de chaque jour. Patience et travail en équipe seraient les clés pour s’investir de la meilleure des manières.

Pourquoi Former des animateurs; Y a t-il un manque de ce côté-là ?

Samuel : « J’ai l’impression que ce n’est pas compliqué de trouver des personnes qui ont envie de travailler avec des jeunes en situation de handicap, mais c’est plus compliqué de trouver celles ou ceux qui ont le bon outil pour agir sur leur comportement ou leur apprentissage. C’est la raison pour laquelle on a décidé de former, avec des formateurs qualifiés, des animateurs qui feront des stages chez nous et qui, ensuite, pourront – ou non – rejoindre la team Dynam’Autes. » 

QUELs sont VOs PARCOURS PROFESSIONNELS ?

Armonie : « Nous avons tous les deux étudié à l’école Defré; un établissement qui forme des éducateurs spécialisés. Pendant nos études, on a fait des stages et du bénévolat au SUSA, service d’accompagnement de l’autisme. Ensuite, Samuel a été engagé en tant qu’éducateur à l’école spécialisée ‘Les Astrôn’Autes’, et moi, j’ai travaillé à l’IRSA (CJENS) avec des enfants et des jeunes déficients sensoriels en situation de grande dépendance (non scolarisés). Et finalement, depuis le début de cette année, on se consacre tous les deux à l’asbl Dynam’Autes. »

Quelles ont été vos motivations à travailler dans ce milieu ?

Samuel : « Le premier jour où j’ai été confronté à l’autisme, c’était au SUSA, où j’ai effectué un ‘jour test’. Je me souviens m’être dit ‘plus jamais je reviens ! ». Mais après  coup, j’ai pris conscience que ce travail peu commun pourrait être vraiment riche. Il y a de la réflexion, du travail d’observation, de l’apprentissage sur tout ce qui se passe… Il faut aussi beaucoup de patience et veiller à toujours travailler en équipe pour les cas d’urgence ou pour continuellement échanger nos impressions sur les comportements de tel ou tel enfant. Au fur et à mesure donc, c’est devenu une véritable vocation. »

Armonie : « Je me souviens également de ma première journée au SUSA. Je suis rentrée dans cette salle et j’ai vu des enfants complètement repliés sur eux-mêmes, dans leurs bulles, sans aucune perception du monde extérieur… Pour moi qui n’avais jamais été confrontée à ça, c’était vraiment mystérieux. J’ai alors ressenti l’envie de les comprendre et de rentrer dans leur univers.

Par après, je me suis aussi rendue compte qu’il y a tout un travail réflexif et créatif, qu’on doit toujours se remettre en question parce que si quelque chose marche un jour, ça ne sera pas forcément le cas le jour d’après… Cette patience de chaque instant peut être difficile à supporter pour certaines personnes et c’est pourquoi je suis persuadée qu’un tel travail ne tolère pas l’entre-deux ; soit la personne est passionnée, soit elle ne l’est pas du tout. »

« Le diagnostic précoce peut permettre d’éviter de nombreuses situations complexes »

En décembre dernier, le Gamp et Infoautisme annonçaient que, par leur impulsion, une proposition de résolution a été déposée au Parlement bruxellois par la députée régionale Céline Frémault. En substance, et si elle est acceptée, cette résolution permettra de renforcer le dépistage précoce de l’autisme.

J’imagine que vous soutenez les actions auprès du politique, notamment entamée par le Gamp ou Inforautisme ? (Ex : résolution pour renforcer le dépistage précoce de l’autisme)

Samuel : « Je soutiens à fond l’initiative parce qu’on sait bien qu’au plus tôt l’enfant est diagnostiqué, au plus la prise en charge peut être rapide et adaptée. Il est clair que les enfants pris en charge précocement apprennent beaucoup plus vite et ont davantage d’outils pour suivre une scolarité adaptée.

Je me souviens que quand l’école ‘Les Astrôn’Autes’ a ouvert ses portes, on a accueilli des enfants autistes de 10 ans qui n’avaient encore jamais été pris en charge dans un centre ou une école, et je peux vous dire que c’était la guerre… Parce que du jour au lendemain, ils doivent passer de l’isolement de leur chambre à un environnement cadré et organisé avec d’autres enfants. Dans ces cas-là, l’adaptation devient une véritable violence. 

Que faudrait-il encore améliorer, selon vous, dans la prise en charge des enfants autistes ?

Samuel : « Déja, sur les trois ans d’études pour être éducateurs spécialisés, il n’y a pas, ou très peu, de sensibilisation ou de formation à l’autisme. Un constat qui vient tout juste d’être confirmé par un professeur de l’école Defré où on va se rendre prochainement pour parler de la problématique aux étudiants.

Ensuite, il faut aussi parler du manque criant de places dans les écoles spécialisées. Pendant que l’enfant reste chez lui au lieu de fréquenter un centre adapté ou une école spécialisée, il peut perdre ses acquis et régresser dans son ‘autonomie’.

Dynam’Autes cherche justement, par ses activités et son accompagnement, à créer du lien en comblant les creux créés, notamment, par le manque de places dans les structures d’accueil. 

Et enfin, il est important d’évoquer la problématique des transports scolaires. Certains enfants passent parfois deux heures dans des bus pour rentrer chez eux, parce qu’aucune école spécialisée est à proximité de leur domicile… Ce qui engendre parfois des comportements agressifs chez certains enfants. C’est pourquoi nous avons proposé, tous les mercredis après-midi, de nous déplacer dans les écoles pour les activités extra-scolaires. Cela ne va pas régler le problème bien sûr, mais je pense que l’initiative permettra de répondre à un réel besoin, car cela diminuera un peu la contrainte des transports, ça donnera aux parents la possibilité de souffler un peu plus longtemps, aux enfants de rester dans un milieu connu et familier… Parce qu’en général, aucune garderie n’est prévue pour ces enfants-là. 

 

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10 ans pour la Casa Clara : toujours plus de répit pour les proches d’enfants malades ou à besoins spécifiques

Cette année, la Casa Clara a fêté ses 10 ans d’existence. Pour l’occasion, l’asbl offrant du répit aux proches d’enfants gravement malades ou en situation de handicap a organisé une petite fête dans ses locaux. Ce fut l’occasion, pour Hospichild, de refaire un point avec Fanny Calcus, fondatrice et coordinatrice de l’initiative. 

La Maison de l’Aidance – Portes ouvertes Casa Clara – Photo : Sofia Douieb

 

« C’est parti d’un manque que j’ai ressenti quand notre fille Clara était gravement malade, confiait Fanny Calcus lors de l’interview des cinq ans de l’asbl. C’était du soin et de l’accompagnement 24h/24 et il devenait primordial de souffler un peu. J’ai donc cherché un endroit en dehors de l’hôpital où je puisse rencontrer d’autres parents, me sentir moins seule dans ce parcours du combattant et aussi un endroit où je pourrais me ressourcer. Mais un tel lieu n’existait pas… J’ai donc décidé de créer la Casa Clara, un endroit où l’on peut se retrouver entre parents pour boire un café et plus si affinité ; se faire masser si on a envie, se détendre dans la salle de relaxation… C’est donc une combinaison entre la rencontre et le bien-être. » Cinq ans plus tard, la Casa Clara se porte à merveille et parvient à offrir de plus en plus de répit aux proches qui en ressentent le besoin. Mais ce qui manque encore à l’appel et qui fragilise l’asbl, c’est un financement structurel, a notamment confié Fanny Calcus dans cette nouvelle interview, cinq ans après, pour les 10 ans de la Casa Clara. 

Comment se porte la Casa Clara après 10 ans d’existence ?

La Casa Clara se porte plutôt bien ! D’abord parce que nous touchons de plus en plus de familles (entre 35% et 40% de nouveaux bénéficiaires sur une année) et ensuite parce que la notion de répit est davantage valorisée et mise en avant par les professionnels du secteur pédiatrique. Il est désormais admis qu’autant l’enfant à besoins spécifiques ou atteint d’une pathologie lourde, que ses parents ou ses frères et sœurs aient tous besoin de ces moments de répit. Bien sûr, il y a encore un long chemin à faire, mais c’est plutôt rassurant d’avoir une marge de progression. Malgré ces constats positifs, une ombre plane encore au dessus de l’asbl : l’absence de financements structurels. Ce qui veut dire que nous devons chaque année refaire une demande de subsides sans être sûr que ce soit renouvelé. 

La notion de répit est davantage valorisée et mise en avant par les professionnels du secteur pédiatrique

Aux 10 ans de la Casa Clara – Photo : Sofia Douieb

Qu’est-ce qui a changé ou évolué depuis l’inauguration du local bruxellois il y a 5 ans ?

Depuis que la Casa Clara s’est installée à Bruxelles, son réseau s’est considérablement élargi. De plus en plus de professionnels nous recommandent auprès de ceux qu’ils accompagnent. La proximité des transports a grandement facilité l’accès et permet à plus de monde de bénéficier de nos massages ou autres moments de répit. Notre campagne de Grimbergen nous manque parfois, mais c’était le bon choix à faire. Notre offre s’est également diversifiée, surtout ces trois dernières années : bulles de répit individuelles, bulles de répit en binômes, séances d’accompagnement parents-enfants en situation de polyhandicap, événements familiaux, snoezelen, espace de relaxation aquatique…

Combien de parents et de fratries bénéficient des moments de répit chaque année ?

En moyenne, chaque année, on dénombre 35% de nouveaux bénéficiaires. Sur l’année 2022, il y a eu une belle augmentation avec 413 bénéficiaires, dont 65% de parents (avec 90% de mamans), 20% de fratries et 11% d’enfants en situation de handicap ou avec une pathologie. Ponctuellement, d’autres aidants proches peuvent également bénéficier de temps en temps de nos moments de répit. 

Les membres du personnel sont sûrement plus nombreux, qui sont-ils ? Sont-ils tous bénévoles ?

Mon rôle de coordinatrice à mi-temps a pu se concrétiser officiellement grâce à un soutien de la Cocof. Les accompagnant.e.s, très stables depuis 3-4 ans, sont des prestataires externes. Nous tenons beaucoup à ce que ce soit les mêmes personnes, massothérapeutes pour la plupart, qui travaillent à la Casa Clara afin de maintenir un certain lien de confiance avec les bénéficiaires. Car le répit sans la confiance, ça n’a pas vraiment de valeur. Il y a aussi deux bénévoles en support administratif et recherche de fonds, ainsi que d’autres bénévoles occasionnels selon les activités organisées.

Le répit sans la confiance, ça n’a pas vraiment de valeur

Quels sont les autres associations avec lesquelles vous collaborez régulièrement ?

Le réseau de la Casa Clara s’est tellement élargi que ce serait compliqué de citer toutes les associations ou professionnels qui adressent des familles chez nous. En revanche, la Casa Clara entretient des liens étroits et privilégiés avec les autres occupants de la Maison de l’Aidance : l’asbl Aidants Proches Bruxelles et Jeunes Aidants Proches, FratriHa, SAM le réseau des Aidants… Ensemble, nous organisons régulièrement des événements communs. D’autres collaborations se sont également concrétisées avec d’autres organismes qui nous demandent d’organiser des journées de répit à la Casa Clara pour leurs usagers. 

Espace de relaxation de la Casa Clara – Photo : Sofia Douieb

Quels retours recevez-vous de la part des bénéficiaires ? Quelques exemples de témoignages ?

Globalement, les retours sont toujours très touchants. Beaucoup témoignent du fait qu’ils ne se rendaient pas compte d’à quel point ces moments de répit pouvaient leur être bénéfiques. Parmi tout le positif exprimé, il y a souvent un regret pour les bénéficiaires de ne pas pouvoir venir plus souvent (un moment de répit par 3 mois au minimum) ou que le « concept » de la Casa Clara ne soit pas repris ailleurs pour pouvoir recevoir encore plus de monde. Mais déjà avec un seul endroit, l’organisation est compliquée et les subsides sont incertains donc ce serait compliqué de « faire des petits ». 

Beaucoup témoignent du fait qu’ils ne se rendaient pas compte d’à quel point ces moments de répit pouvaient leur être bénéfiques

Que peut-on souhaiter à la Casa Clara pour les 10 prochaines années ?

Notre vœu le plus cher est d’obtenir un financement structurel pour enfin dormir sur nos deux oreilles et moins s’inquiéter de l’avenir. Ce serait tellement beau également d’avoir les ressources suffisantes pour ne plus devoir limiter l’offre. En outre, il est primordial pour nous de consolider les projets et initiatives déjà mis en place ces dernières années, ainsi que de réussir à engager un mi-temps supplémentaire pour la gestion et la coordination. 

 

Propos recueillis par Sofia Douieb

 

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Asfalia, nouveau « jeu-conte » interactif, aide les enfants à appréhender leurs émotions

Asfalia est un nouveau jeu vidéo d’un genre un peu particulier destiné aux enfants de 6 à 10 ans. Ce « jeu-conte », qui s’accompagne d’un jeu de cartes éducatif, invite les enfants à la compréhension et à l’expression de leurs émotions. Hospichild l’a testé pour vous et a interviewé son créateur : Jean-Gobert de Coster.

Zaki, testeur du jeu vidéo Asfalia – Photo : Sofia Douieb

 

L’idée de ce jeu-conte qu’Hospichild a fait tester à un petit cobaye de l’équipe, est de faire déambuler un enfant nommé Charlie au cœur même de ses émotions et, plus particulièrement, de sa colère (d’autres émotions seront traitées plus tard dans les prochains jeux Asfalia). Dans cet univers de la colère, le personnage doit franchir des obstacles, participer à des épreuves, aider les personnages à se sortir de situations difficiles… Le petit Zaki, qui ne voulait plus s’arrêter de jouer, a particulièrement apprécié les superbes dessins colorés, les épreuves inventives, les personnages attachants qui donnent envie de les aider, les petites histoires bien racontées et pas trop longues… Mais qu’en est-il des coulisses du jeu et de sa conception ? Hospichild a voulu en savoir plus auprès du créateur d’Asfalia, Jean-Gobert de Coster, aussi administrateur délégué du studio Funtomata qui a développé le jeu. 

Comment vous est venue l’idée d’un tel jeu ?

Pendant le confinement, je me suis rendu compte que je voulais que mes filles jouent à des jeux plus intéressants et pouvant leur apporter autre chose que du simple divertissement. Ayant les compétences et la pratique dans le domaine du développement de jeux vidéos, cela faisait un moment que j’avais l’idée de développer un jeu avec mon propre concept, mais le déclic est vraiment arrivé au moment de la pandémie. J’ai donc créé, en 2020, le studio indépendant Funtomata, qui réinvente le monde des contes. Nous proposons ainsi des expériences vidéo-ludiques interactives, en combinant le plaisir de jouer à un jeu vidéo, la narration d’une histoire qualitative et l’éveil éducatif et sociétal.

Étiez-vous épaulé par des professionnels de la santé ?

Notre équipe est accompagnée de professionnels de l’enfance (consultants et coachs en émotions) afin d’aborder le plus justement possible des thématiques complexes, tout en les intégrant dans un univers féerique. Nous avons également demandé l’avis d’une scénariste pour nous aider dans la création et la cohérence du conte. Une spécialiste des émotions, installée au Québec, a aussi été consultée.

Parlez-nous d’Asfalia ; à qui s’adresse-t-il en priorité ?

Asfalia est un jeu fun et coloré basé sur les émotions. Le personnage principal, Charlie, explore ce monde mystérieux, peuplé de curieux habitants et menacé par un danger imminent. Le but est de résoudre les énigmes et collecter des autocollants pour sauver cet univers intérieur (la colère par exemple). Il s’agit donc d’un genre de conte 4.0 essentiellement destiné aux enfants de 6 à 10 ans. Mais cette tranche d’âge est assez indicative, car il peut également convenir à des enfants plus jeunes s’ils sont accompagnés, ou même à des adolescents qui peuvent très bien se prendre au jeu également. Il s’adresse aussi aux parents, instituteurs, éducateurs, pédopsychiatres, psychologues et toutes autres personnes désireuses d’accompagner les enfants dans leur développement personnel. 

Pouvez-vous décrire quelques épreuves à traverser virtuellement ? En quoi cela peut-il aider les enfants à gérer leurs émotions ?

Tout au long du voyage au cœur des émotions, l’enfant fera la rencontre de curieux personnages… Il y a par exemple Endymion, le saumon DJ, qui est chargé de délivrer les autres saumons coincés dans la rivière de lave. Mais ces saumons attendent patiemment et vivent leur frustration de manière plutôt positive en faisant la fête en attendant de pouvoir rejoindre leur habitat naturel. Ils font beaucoup de bruit et dérangent le grand cactus qui est de plus en plus irrité… Il est question ici de faire prendre conscience à l’enfant que la colère peut venir de différentes sources et qu’il faut trouver des moyens pour appréhender cette émotion. 

En quoi pourrait-il être utile pour les enfants hospitalisés ?

Forcément qu’Asfalia n’est pas un médicament et s’il peut ne serait-ce qu’apporter un minimum à l’enfant qui y joue, je serais déjà enchanté. J’ai envie de donner un exemple de personnage qui est « la balle » pour illustrer la manière dont un enfant coincé à l’hôpital et en colère de sa situation, pourrait éventuellement contourner ou vivre plus sereinement son émotion. « La balle » est coincée dans les sables mouvants et ne peut donc pas jouer avec son ami la plante carnivore. Charlie est chargé de venir l’aider, avec une baguette magique, à sortir de cette situation pour qu’il puisse continuer à jouer. Ici Charlie peut être vu comme le médecin qui va venir aider l’enfant à s’en sortir… 

Un jeu de cartes avec le même personnage existe également, pouvez-vous en parler ?

À côté du jeu vidéo, un jeu de cartes est également disponible pour approfondir le sujet des émotions à la maison ou à l’école. Ces cartes thématiques permettent notamment de mettre l’accent sur un personnage ou un autre du jeu vidéo et demander à l’enfant ce qu’il en a retenu, s’il est d’accord avec ce qu’il fait, s’il se reconnait un peu dans son comportement… D’autres cartes « observations » (dans le même jeu) sont de trois sortes : celles qui nomment simplement une émotion, celles qui représentent des positions corporelles et les dernières qui permettent de mettre des mots sur les ressentis intérieurs. Ce jeu de cartes peut être utilisé comme un outil de communication avec l’enfant qui ne sait pas toujours mettre des mots sur ses émotions, mais qui ressent parfois simplement des choses qu’il va pouvoir ainsi mieux analyser et comprendre. 

→ Pour télécharger le jeu VIDÉo et acheter le jeu de carte, consultez le SITE WEB ASFALIA 

Propos recueillis par Sofia Douieb

 

↓ Regarder le trailer du jeu vidéo Asfalia

Des animaux pour apaiser les enfants malades : Villa Samson fête ses 5 ans

En 2017, « une idée folle à l’hôpital » est née : donner la possibilité aux patients de prendre leur animal dans leur bras. C’est ainsi que Villa Samson a vu le jour ; une maison chaleureuse à deux pas de l’UZ Brussel où les patients, jeunes et moins jeunes, peuvent passer du temps avec leur compagnon à quatre pattes. Quant aux patients qui n’ont pas d’animal domestique, ils bénéficient d’un espace dédié à la zoothérapie, qui favorise la guérison. À l’occasion des cinq ans de Villa Samson, Hospichild a interviewé la coordinatrice du projet : Vicky De Baere.

Photo : Villa Samson

 

Sur Facebook, Villa Samson se réjouit (en néerlandais) de cet anniversaire : « Il y a exactement cinq ans, Villa Samson ouvrait ses portes aux patients de l’UZ Brussel. Misty, Luna et Chris ont décoré toute la Villa ! Jusqu’à présent, nous avons déjà aidé plus de 6 197 patients ; qui aurait osé en rêver ? Et la demande pour une séance de thérapie avec nos animaux ne cesse de croître. Ainsi, la mission de de la Villa d’apporter du plaisir aux patients grâce aux animaux est plus pertinente que jamais ! »

Vicky De Baere, pouvez-vous présenter Villa Samson en quelques mots, ainsi que votre rôle en son sein ?

Vicky De Baere, coordinatrice du projet – Photo : Villa Samson

La Villa a ouvert ses portes le 1er décembre 2017 et sa construction a été financée entièrement par des dons. Un soutien est toujours nécessaire pour l’exploitation de Villa Samson et les coûts associés. En soutenant Villa Samson, vous offrez aux patients la possibilité d’utiliser cet endroit gratuitement. Depuis 2019, je suis la coordinatrice de Villa Samson. Ensemble avec Milly Simon et une équipe de volontaires nous avons le plaisir de recevoir tous les jours des patients à Villa Samson. D’ailleurs, vous pouvez soutenir notre mission unique sur www.villasamson.be.

Cinq ans que la Villa existe, quel bilan pouvez-vous tirer ? Avez-vous des chiffres du nombre de personnes soutenues, du nombre d’animaux de passage ?

Villa Samson est une petite maison chaleureuse nichée à côté de l’UZ Brussel, où les patients hospitalisés de tous âges peuvent profiter d’un moment privilégié avec leur fidèle animal de compagnie, dans un salon privé. Même les patients ne possédant pas d’animal peuvent y bénéficier de séances de zoothérapie. En rendant possible le contact avec l’animal, Villa Samson participe au bien-être émotionnel et psychologique des patients, stimulant ainsi le processus de guérison, comme cela a été démontré lors d’études scientifiques. Depuis sa création, Villa Samson a pu aider pas moins de 6.197 patients. Actuellement, un projet de rénovation est en cours et sera terminé avant la fin de 2022. Après cinq ans nous comprenons en effet de mieux en mieux les besoins de nos patients, de nos animaux et de nos volontaires. Il faut dire aussi que les meubles n’ont pas été à l’abri des griffes acérées des chats…

Comment ce sont passé les festivités qui ont eu lieu pour cet anniversaire ?

Nous avons organisé un Festiwalk qui a commencé avec une belle promenade au bois de Laerbeek. À la fin de la promenade avait lieu le Festival à proprement parlé. Des animations pour petits et grands (750 personnes étaient au rendez-vous !) pour divertir et amuser tout le monde : démonstrations impressionnantes avec des chiens policiers, séances instructives et interactives avec des chiens guides pour aveugles, câlins d’alpagas, grimage… Divers food trucks proposaient frites et burgers, pâtes et pizzas, desserts et sucreries savoureux, boissons chaudes ou rafraîchissantes… Ce fut un réel succès qui deviendra une tradition annuelle.

Comment ça se passe concrètement à la Villa ? Pouvez-vous décrire une journée-type ?

Il n’y a pas vraiment de journée type. Chaque jour est une nouvelle aventure. Les visites se font l’après-midi entre 13h30 et 17h00. Pour les visites organisées pour la pédiatrie, la psychiatrie, la gériatrie, la revalidation, l’oncologie, la neurologie…, il y a un chien thérapeutique et les trois chats de race « Maine coon » qui habitent à Villa Samson. Sur rendez-vous, les patients peuvent demander une visite de leur propre chat ou chien (accompagné par la famille et/ou des amis). Sur rendez-vous, les psychologues proposent aussi des sessions de thérapie en présence des animaux.

Quels sont les bienfaits des animaux sur les personnes malades, et en particulier les enfants ?

Je dirais que les trois principaux bienfaits du contact avec les animaux et de la fréquentation de notre lieu sont :

  • Biologique : la réduction du stress due à une diminution du cortisol libéré dans le corps.
  • Psychologique : une expérience de la douleur qui s’amoindrit  grâce à ces moments de bonheur dans un cadre agréable et non-hospitalisé.
  • Social : le contact humain avec les autres patients ou le personnel de la Villa.

N’y a-t-il pas parfois une contre-indication pour certains malades à être en contact avec des animaux ?

Tous les patients sont les bienvenus ; il leur faut toutefois l’accord du médecin traitant. Il’ y a naturellement des contre-indications : MRSA, cathéter central, Covid, allergies aux animaux…

Quels sont les projets réalisés jusqu’à présent ?

Parmi les projets réalisés et toujours en cours, il y a par exemple les ballades avec les animaux qu’on propose aux enfants diabétiques ou obèses. Également, l’initiative « Villa Résilience @ Villa Samson » qui nous permet de proposer un soutien psychologique et émotionnel au personnel (surtout depuis le COVID).

Propos recueillis par Sofia Douieb

 

→ Voulez-vous soutenir Villa Samson ? Vous avez la possibilité de mettre en place une action ou de faire un don via le site web de Villa Samson.

→ Plus d’informations via le flyer de Villa Samson.

 

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Trois unités pédopsychiatriques dans un environnement flambant neuf à l’Hôpital des Enfants

Le vendredi 23 septembre dernier, l’Hôpital des Enfants inaugurait les nouvelles infrastructures de ses trois unités pédopsychiatriques : l’Unité d’Hospitalisation Pédopsychiatrique, l’Unité APPI (Autisme Prise en charge Précoce Individualisée) et l’Unité Parents-bébé. Un moment symbolique après deux années sous le signe du Covid-19, qui a permis aux équipes d’accueillir les professionnels de santé mentale et leurs partenaires pour une visite guidée. Aux commandes de cette inauguration : Pr. Véronique Delvenne, Directrice de service de la pédopsychiatrie ; Renaud Witmeur, CEO de l’Hôpital Universitaire de Bruxelles (Huderf, Erasme, Jules Bordet) et Philippe Close, Bourgmestre de la Ville de Bruxelles. 

©Sofia Douieb

Intégrées dans le nouveau Centre Expert Universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent du HUB, les équipes de l’Unité d’Hospitalisation Pédopsychiatrique et des deux unités de jour APPI (Autisme Prise en charge Précoce Individualisée) et UPBB (Unité Parents-bébé) de l’HUDERF ont présenté avec enthousiasme leur dispositif de prise en charge original lors d’une inauguration reportée maintes et maintes fois suite à la pandémie. Hospichild y était pour vous.

Pr. Véronique Delvenne, Directrice de service de la pédopsychiatrie – ©Sofia Douieb

Pr. Delvenne, Directrice de Service – Importance de ces dispositifs dans les réseaux de soins bruxellois

Sur une vaste terrasse où les enfants (partis à la mer pour l’occasion) furent momentanément remplacés par des dizaines de professionnels pédiatriques, le Pr Véronique Delvenne, Directrice de Service, pris en premier la parole pour souligner l’importance de ces dispositifs dans les réseaux de soins bruxellois et belges francophones. Surtout dans un contexte d’augmentation des demandes de soins en santé mentale de l’enfant et de l’adolescent, que la crise Covid et les situations de confinement ont encore aggravé.

L’objectif de ce dispositif et des infrastructures flambant neuves est d’assurer des soins de qualité, en équipe pluridisciplinaire, dans une vision globale de l’enfant et de son entourage, où les jeunes en difficultés psychiques et leur famille sont placés au centre ; prenant en compte toutes les dimensions étiopathogéniques, à savoir l’étude de la cause, de la nature et des symptômes d’une pathologie. Pr. Delvenne a expliqué à ce propos : « Le soin hospitalier doit s’articuler avec les soins ambulatoires et de 1ère ligne où le repérage et la prise en charge précoce des troubles est un vrai défi. Il vient soutenir ses partenaires dans la prise en charge des problèmes aigus et sévères, complexes et dans la prévention des complications et des récidives. En tant que dispositif universitaire, notre service a un rôle important pour contribuer aussi à la formation des professionnels et il soutient l’évolution des connaissances par la recherche. »

Philippe Close, Bourgmestre de la Ville de Bruxelles – Éviter la double sanction au delà de la malade

Philippe Close, Bourgmestre de la Ville de Bruxelles – ©Sofia Douieb

Présent pour l’occasion, le Bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close a tenu à s’exprimer également. Il a souligné le processus impressionnant qui a été mis en place pour que ces unités puissent bénéficier d’un lieu aussi beau qu’adapté aux différentes pathologies des enfants. Parce que, pour lui, ils n’ont pas à subir une double sanction : à la fois la maladie et les mauvaises infrastructures…

Il a ensuite estimé sa fierté que la Ville soit partenaire du groupe HUB (Hôpital universitaire de Bruxelles). D’autres inaugurations, comme le Grand Centre de Recherche, auront encore lieu et il sera certainement là pour y assister. Car, comme le disait Donald W. Winnicott : « Nous espérons tous que nos patients en auront un jour fini avec nous, qu’ils nous oublieront et découvriront que la vie est elle-même une thérapie qui a un sens. »

Renaud Witmeur, CEO de l’Hôpital Universitaire de Bruxelles – ©Sofia Douieb

Renaud Witmeur, CEO HUB – « On veut que tous les services de l’HUB ressemblent à ce service de pédopsychiatre ! »

L’Hôpital Universitaire de Bruxelles est le plus grand centre hospitalier national, a commencé par dire Renaud Witmeur, son Directeur général. Il comprend plusieurs hôpitaux comme Érasme, l’Institut Jules Bordet et l’Huderf. En outre, les hôpitaux Brugmann et Saint-Pierre ne font pas partie du projet, mais sont néanmoins considérés comme des partenaires naturels. Il s’agit, avec le HUB de « transcender tous les clivages ». Car c’est un centre de référence inouï où l’on soigne plus de 1000 patients tous les mois.

L’Hôpital universitaire des Enfants et ses nouvelles infrastructures pour la pédopsyhiatrie est, pour R. Witmeur, une avancée formidable. Les activités de recherche sont aussi très efficaces et importantes au sein de l’hôpital, ce qui est réellement précieux.

« On veut que tous les services de l’HUB ressemblent à ce service de pédopsychiatre, car c’est un modèle-type dont nous sommes très fiers avec tous les ingrédients essentiels », a finalement déclaré le CEO de l’HUB.

Trois unités, trois visions communes, trois espaces colorés et chaleureux

Après leurs discours, les trois intervenants ont coupé un ruban symbolique inaugurant officiellement ces nouveaux locaux accueillant, depuis 2020 déjà, des enfants en situation de fragilité psychologique.

©Sofia Douieb

Les trois unités sont donc liées entre elles sur un seul et même plateau. Elles sont toutes baignées de lumière, spacieuses, et dans les mêmes coloris oranges, verts et bleus. Certaines salles, comme la pièce de psychomotricité ou celle du bien-être, sont communes à toutes les unités. La visite eut lieu aux côtés des trois intervenants. Toute une délégation écoutait religieusement les explications du Pr. Delvenne et de ses équipes.

L’Unité d’hospitalisation pédopsychiatrique (de 8 à 14 ans)

Unité hospitalisation pédopsy – ©Sofia Douieb

L’unité d’hospitalisation pédopsychiatrique, intégré dans le réseau Bruxellois, BRUSTAR avec 2 lits de crise, prend en charge 15 jeunes de 8 à 14 ans souffrant de psychopathologies sévères (tentatives de suicide, états post-traumatiques trouble alimentaire précoce, première décompensation psychotique, dépression majeure…) Les 600 m² de l’unité sont organisés pour stimuler la convivialité avec des zones dédiées aux nombreux ateliers thérapeutiques organisés par l’équipe, un salon, une cuisine commune pour les jeunes, mais aussi des espaces où ils peuvent s’isoler, recevoir leurs parents ou parler individuellement avec les soignants. Une classe de l’Ecole Robert Dubois (présentée par  soutient les jeunes à poursuivre leur scolarité et un espace sensoriel (snoezelen) permet l’apaisement des moments d’angoisse. Grâce à l’implémentation, dans l’équipe soignante, des outils de Résistance Non Violente, les situations d’agitation sévères se sont raréfiées, participant ainsi à une prise en charge bienveillante en coordination avec les parents, à qui la méthode est proposée. Les jeunes bénéficient également d’une vaste terrasse extérieure sécurisée et aménagée pour leurs activités avec l’objectif de réaliser au printemps un espace potager.

L’équipe des soignants a de nombreux projets pour renforcer son arsenal thérapeutique dans ses nouvelles installations : des ateliers multimédia utilisant les jeux et la réalité virtuelle dans les soins ; l’éducation à la santé ; une sensibilisation aux enjeux de la cyberculture et des réseaux sociaux ; des ateliers bien-être, corps et image, mais aussi le développement d’une approche multifamiliale de soutien pour les parents ou des expériences de patients-partenaires.

L’Unité UPBB en hôpital de jour – Parents-bébés (0 à 2 ans et demi)

Espace Snoezelen ©Sofia Douieb

L’unité de jour Parents-Bébé accueille 5 à 8 jeunes enfants de 0 à 2,5 ans accompagnés de leurs parents, présentant des difficultés dans l’établissement des liens précoces, des particularités du développement ou des symptômes comme des troubles alimentaires ou du sommeil. Les nouvelles infrastructures, organisées autour d’un grand espace « appartement » recréent, pour l’enfant en interaction avec ses parents, des espaces de vie : repas, soins, jeux ou détente, local sieste. La prise en charge soutient la parentalité et le développement du bébé à l’aide notamment d’entretiens vidéo individuels et/ou de groupe, d’ateliers de psychomotricité et de jeux.

Les unités du service de pédopsychiatrie utilisent la méthode de soins « Snoezelen », dans un environnement sensoriel conçu pour favoriser la communication, la détente et l’exploration sensori-motrice. En renforçant le bien-être et la sécurité intérieure de l’enfant, la technique aide à la rencontre et au lien de confiance en permettant un apaisement et une diminution des troubles du comportement.

L’Unite APPI – Autisme Prise en charge Précoce individualisée (de 18 mois à 3 ans)

Depuis 2015, l’Unité APPI accueille dix enfants de 18 mois à 3 ans qui présentent un trouble précoce de la communication faisant suspecter un trouble du spectre de l’autisme. Les nouveaux locaux sont conçus pour cette thérapie intensive basée sur le jeu, une prise en charge qui se base notamment sur la méthode Denver à début précoce (Early Start Denver Model, ESDM) qui met la qualité de la relation et la motivation de l’enfant au centre de l’intervention. Ce projet novateur est unique dans le paysage belge. Des objectifs individualisés de soins sont construits et partagés avec les parents et adaptés au développement de l’enfant, ils évoluent sur la base d’évaluations régulières des différents domaines de compétence de l’enfant et de son environnement. D’autres méthodes d’intervention sont utilisées en fonction des besoins spécifiques de chaque enfant comme le PECS (système de communication par échange d’images) ou la psychomotricité relationnelle. Des interventions à domicile et dans les autres milieux d’accueil (crèche, pré-gardiennat, école) sont assurées régulièrement par l’équipe avec un transfert de compétence vers les familles mais aussi les crèches et les écoles. L’enfant est réintégré le plus rapidement possible dans son environnement.

Sofia Douieb (avec l’appui du communiqué de presse de l’Huderf)

 

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